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Bitcoin, la mitraille anti-inflationniste

Comprendre la raison d’être du bitcoin demande de s’interroger sur ce qu’est la monnaie. Ou plutôt ce qu’elle devrait être. Si sa fonction principale est de préserver la valeur dans le temps, le bitcoin n’a aucun rival.

21 millions, pas un satoshi de plus

Faire le tour de la question bitcoin demande des connaissances allant des mathématiques à la physique en passant par l’économie. Sans même parler de la cybernétique de la blockchain. Ceux qui affirment maitriser le bitcoin de A à Z sont des menteurs.

Mais qu’importe que vous n’ayez pas le temps d’étudier cet ovni monétaire sous toutes ses coutures. Il n’est pas nécessaire de plonger dans le terrier du lapin blanc pour s’armer d’une réflexion cohérente sur ce que doit être une bonne monnaie. Aristote, contemporain de l’apparition de la pièce de monnaie (pièces en électrum), nomma il y a plus de 2300 ans les trois fonctions d’une mitraille digne de ce nom.

Elle doit tout d’abord être un bon moyen d’échange. Les pierres rai des îles Yap de Micronésie sont un exemple de monnaie peu pratique. Certaines pesaient plus d’une tonne… A contrario, les BTC reposent dans une blockchain tenant entiérement dans un simple disque dur de 400 Go (des milliers de disques durs à dire vrai…). Une seule seed phrase de 12 à 24 mots peut contenir des centaines de milliards $ en BTC. Par ailleurs, je peux payer en BTC si je veux, quand je veux, et de manière anonyme si le cœur m’en dit.

[Cela étant dit, ceci est vrai seulement si vous détenez vos BTC sur votre propre wallet et non pas sur les exchanges qui sont vulnérables à des réglementations liberticides]

La deuxième fonction de la monnaie établie par le philosophe grec est l’unité de compte. Et quoi de mieux que le bitcoin qui est divisible à l’infini. Même lorsqu’un seul BTC vaudra un million $ (et qu’un satoshi vaudra alors un centime de $), il sera toujours possible d’upgrader le protocole en rajoutant autant de décimales que nécessaire.

En toute logique, la monnaie doit évidemment être une réserve de valeur. Le BTC est la seule monnaie au monde ayant une masse monétaire absolument fixe et dont l’architecture décentralisée assure qu’il n’en sera jamais autrement.

L’impossibilité d’en créer plus de 21 millions suffit à doter le bitcoin d’une valeur intrinsèque. La quantité de bitcoin n’est pas contrôlée par un pouvoir centralisé. Elle est rendue immuable par un réseau de milliers de nodes se trouvant aux quatre coins du monde. Le protocole est en état de perpétuelle synchronisation et aucune entité ne peut le changer sans avoir convaincu tout le monde du bien fondé de sa démarche.

Nul besoin d’un gouvernement ou d’une banque centrale pour garantir sa valeur. Il est la monnaie aristotélicienne parfaite.

L’inflation exacerbe les inégalités

En 1975, la quantité totale de dollars créés par la FED était de 273 milliards $. Nous en sommes aujourd’hui à plus de 18 000 milliards $. C’est une multiplication par 65 en moins d’un demi siècle (et les 3/4 au cours de la seule année passée). Dans le même temps, la population US n’a même pas doublé…

L’augmentation constante de l’extraction inouïe d’énergie et de matières premières a rendu possible cette création monétaire démente. Le revers de la médaille est que la monnaie étant toujours créée à partir d’une dette, cette dernière est devenue gargantuesque. Il ne pouvait pas en être autrement.

Tout allait bien au début du ponzi, lorsque la nature prodiguait de l’énergie à foison et que nous étions moins de 4 milliards d’humains sur terre. Mais maintenant qu’il n’y a plus assez d’énergie et de matières premières à mettre en face de la création monétaire, l’inflation s’installe et n’est pas près de s’arrêter.

En 1975, le prix médian des ventes immobilières était de 37 200 $. Nous en sommes aujourd’hui à 363 000 $. Les prix immobiliers ont été multipliés par dix et nous observons une hausse de 23 % rien qu’au cours de l’année passée. +16 % sur les seuls trois premiers mois de 2021…

Les limites de la croissance se manifestent par la formation de bulles. La perte de confiance dans le futur incite tout le monde à protéger ses richesses en investissant dans des biens en forte demande, qu’importe le prix. L’immobilier des grandes villes, les oeuvres d’art et les actions de multinationales sont très prisés.

L’afflux constant d’argent fraichement imprimé dans ces actifs provoque de l’inflation et enrichit ceux qui sont déjà riches aux dépens des nouvelles générations. Une analyse de la Fed sur la répartition de la richesse des ménages américains montre que celle provenant de la bourse (et autres placements financiers) est passée de 22 000 milliards $ en 2020 à 37 000 milliards $ en 2021. Or 90 % de ce gain de 15 070 milliards $ a été gobé par les 10 % les plus riches.

L’inflation profite à ceux qui sont déjà riches (puisqu’ils possèdent les actions de bourse et le terrain dans les grandes villes) et appauvrit les autres qui subissent l’augmentation des prix. Mais la donne a changé. Si l’immobilier est plus que jamais hors de portée des petites bourses, ce n’est pas le cas du bitcoin. Il est possible d’acheter 0.00000001 BTC.

La hausse des prix ne s’arrêtera jamais

Le graphique suivant publié sur le blog du FMI montre que le taux d’inflation annuel se rapproche de 4 % dans les pays émergents. En tout, 1.2 milliard de personnes vivent avec une inflation à deux ou trois chiffres. L’inflation dans les pays développés se rapproche de 3 % au moment d’écrire ces lignes :

Courbe bleu foncé : inflation dans les pays avancés
Courbe rouge foncé : inflation dans les pays émergents

Nous pouvons lire dans cet article publié sur le blog du FMI :

« Des perturbations plus persistantes de l’offre et une forte hausse des prix du logement sont quelques-uns des facteurs qui pourraient entraîner une inflation élevée persistante. Elle devrait rester élevée jusqu’en 2022. »

L’inflation atteint déjà 3.8 % en Allemagne, ce qui soulève déjà des sourcils dans ce pays traumatisé par l’hyperinflation de la république de Weimar. D’ailleurs, plus d’un gouverneur Allemand a claqué la porte de la BCE depuis le lancement du « Quantitative Easing » (pour ne pas dire “planche à billets”). Et les choses ne devraient pas s’arranger tout de suite puisque les prix à la production sont en hausse de 8.5 %, au plus haut depuis 1982…

L’inflation dépasse même 5 % aux États-Unis. Un tel rythme d’inflation annuel signifie que l’épargne perd 50 % de son pouvoir d’achat au bout de 8 ans.

Ceux qui espèrent que cette inflation sera « transitoire » (comme les passes sanitaires…) se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. C’est comme si je vous disais « votre prise de poids sera transitoire, mais vous resterez gras après coup ».

En France, il faut remonter à 1953 pour trouver une année durant laquelle les prix ont baissé… Mieux encore, la BCE vient de marcher dans les pas de la FED en annonçant à son tour vouloir laisser filer l’inflation au-dessus de 2 %.

Voici ce que nous écrivions mi-mai :

« Dans son langage fleuri, la BCE dit viser désormais une inflation « symétrique de 2 % à moyen terme pouvant se traduire par une période intermédiaire d’inflation légèrement au-dessus de l’objectif ». Dit autrement la dette sera remboursée via l’inflation (spoliation de notre pouvoir d’achat). »

Les anglophiles apprécieront le cafouillis de Jérome Powell lors de sa dernière conférence de presse sur cette prise de poids “transitoire” :

Les gouvernements et les banquiers n’ont pas d’autre choix que d’imprimer toujours plus. Arrêter d’imprimer de l’argent frais reviendrait à faire défaut sur la dette. L’épargne des 47 millions de Français sous forme d’assurance vie disparaîtrait aussitôt. Cela précipiterait également l’éclatement des bulles boursières qui sont tout autant abreuvées par la planche à billets.

Les puissants ne peuvent pas se le permettre. Il y aurait une révolution le lendemain. Il est plus prudent de continuer à faire rouler la dette, quitte à maintenir les taux d’intérêt au plancher s’il le faut. L’inflation est bien trop pratique pour effacer la dette en douce.

Enfin, “en douce”… Cela commence à se voir, surtout dans un contexte de raréfaction des ressources qui pèse sur l’offre. Les 220 millions de bitcoiners ont bien compris que la décroissance subie signe l’arrêt de mort de la monnaie fiat. Et ce n’est certainement pas son remplaçant – le CBDC à taux négatif – qui les fera changer d’avis.

Sur l’année, le rendement du bitcoin est de 277 % et celui de l’or de -13 %. Sur la dernière décennie, le rendement annuel du Bitcoin est de 132% et celui de l’Or est de 0%. C’est ce que l’on appelle une bonne couverture contre l’inflation.

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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