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Bitcoin (BTC) : Le décret de Joe Biden fait un bide

jeu 10 Mar 2022 ▪ 20h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

La Maison-Blanche a publié le décret tant attendu et devant « assurer un développement responsable des actifs numériques ». Surprise, le mot bitcoin en est absent, contrairement à la CBDC (Central Bank Digital Currency)…

Vil amalgame

Le décret de Joe Biden est ce que l’on pourrait appeler un filet d’eau tiède faisant dès l’introduction un grossier amalgame entre la très dystopique CBDC et la révolution libertaire qu’est le bitcoin :

« Les actifs numériques, y compris les cryptomonnaies, ont connu une croissance explosive ces dernières années, passant de 14 milliards en 2017 à 3 000 milliards de dollars en novembre dernier. Les sondages suggèrent qu’environ 16 % des adultes américains – soit environ 40 millions de personnes – ont déjà investi dans des cryptomonnaies. Plus de 100 pays planchent sur des monnaies numériques des banques centrales (CBDC), une forme numérique de la monnaie souveraine d’un pays. »

Nous pouvons lire ensuite que « l’essor des actifs numériques crée une opportunité pour renforcer le leadership américain dans le système financier mondial, mais qu’il présente aussi des implications substantielles quant à la protection des consommateurs, la stabilité financière, la sécurité nationale et le risque climatique ». Rien que ça…

Dans l’ensemble, ce phrasé est toutefois plutôt de bon augure compte tenu de la quantité de politiciens et autres émissaires du deep state qui se sont insurgés contre le bitcoin ces dernières semaines. Non seulement parce qu’il menace le statut de monnaie de réserve internationale du dollar, mais aussi parce qu’il serait un gouffre énergétique inutile, voire un moyen de blanchir l’argent du crime, pour les plus hypocrites.

Ce décret ménage la chèvre et le chou, et même si l’on sent bien que la porte reste ouverte à d’éventuels scénarios noirs (si nous baissons notre garde), l’essentiel semble être là puisque le spectre d’une législation assassine s’est éloigné. Pour Michael Saylor, CEO de Microstrategy, cette « réglementation va accélérer l’adoption du bitcoin ».

Voici la réaction de la sénatrice Cynthia Lummis, la plus grande alliée du bitcoin au sein du Congrès US :

« Il est formidable de voir l’intérêt croissant de l’administration Biden pour les actifs numériques. Mais si je suis d’accord avec le désir du président de lutter contre le blanchiment d’argent et de défendre la sécurité nationale, je pense que son décret ne tient pas compte du fait que l’écrasante majorité des utilisateurs d’actifs numériques sont respectueux de la loi et essaient d’améliorer notre système financier. S’il a le moindre doute, qu’il vienne regarder du côté du Wyoming où les actifs numériques sont en plein essor dans un cadre réglementaire équilibré et de bon sens. Nous avons besoin de règles réfléchies autour des stablecoins et, bien que je ne sois toujours pas convaincue de la nécessité d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC), je continuerai à suivre de près les travaux de la Réserve fédérale dans ce domaine. Je présenterai sous peu mes propres réflexions sur la législation relative aux actifs numériques. Le Congrès est en fin de compte l’arbitre de ces questions, et il est temps d’intensifier nos conversations et de travailler sur une véritable législation. »

« Il aura fallu patienter, mais mon projet de loi visant à intégrer pleinement les actifs numériques dans notre système financier est presque prêt ! Je suis en train d’y mettre la touche finale avec certains défenseurs et partenaires clés au Sénat, mais attendez-vous à ce qu’il soit bientôt dévoilé ! »

Cette loi préparée par la sénatrice Cynthia Lummis devrait être bien plus consistante que ce décret qui ressemble surtout à un feu vert à l’attention de la Fed qui voudrait bien se doter de l’outil de domination absolu qu’est la CBDC…

Mais c’est quoi une CBDC !?

La CBDC est souvent présentée comme un « équivalent numérique du cash ». Cette comparaison anodine en apparence fait immédiatement soulever des sourcils étant donné que que l’argent s’est numérisé depuis belle lurette. Ne payons-nous pas déjà avec des cartes bancaires et des smartphones ?

Confrontée à cette remarque de bon sens, la présidente de la BCE avait déclaré tout sourire le 07 février 2021 : « Je ne suis pas sûre que la technologie qui soutient votre mécanisme de paiement soit totalement garantie par la banque centrale européenne ».

Remplacez « technologie de paiement » par « monnaie » et vous comprendrez ce que Christine Lagarde voulait dire par là. Une guerre aurait par exemple tôt fait de provoquer des faillites bancaires. Et dans ce scénario, le quidam ne se fera pas prier si la banque centrale lui propose de retrouver tout son argent, mais sous forme de CBDC…

À vrai dire, que nous vivions une grande guerre ou pas, les faillites bancaires sont inévitables. La raréfaction énergétique nous promet de buter bientôt sur les limites de la croissance qui rendront nécessairement impossible le remboursement des dettes. Concrètement, toutes les banques feront faillite, tôt ou tard, à mesure que la diminution de la production de pétrole plombera l’activité économique.

Maintenant que l’on a dit ça, il faut comprendre que cette CBDC ne sera rien d’autre qu’un système de surveillance et de contrôle orwellien parachevé tôt ou tard par la fin du cash. Les banques centrales auront alors un contrôle total sur chacun de nos euros.

Chaque transaction sera enregistrée et chacune de nos actions, chacun de nos mouvements sera traçable. Le gouvernement pourra bloquer l’argent des dissidents sans qu’aucune banque privée ne puisse s’y opposer.

On a d’ailleurs récemment vu au Canada qu’il suffit de déclarer l’État d’urgence pour que les banques se couchent et désactivent les cartes bancaires des personnes suspectées de protester avec trop de passion.

Big Brother pourra également geler notre argent « pour notre bien » et décider ce que nous avons le droit d’acheter, ou pas.

Il est écrit d’avance que la CBDC sera utilisée pour rationner la population afin d’éviter que la monnaie fiat ne s’évapore en hyperinflation. Les riches, eux, pourront certainement continuer de voyager en jet privé.

« We are making sure we have new powers to take peoples assets » (« Nous nous assurons que nous avons de nouveaux pouvoirs pour saisir les biens des gens »)

La Banque d’Angleterre a déjà demandé aux ministres de décider s’il fallait créer une CBDC « programmable », ce qui offrirait aux banques centrales un contrôle sur la façon dont nous dépensons notre argent. La monnaie deviendrait « conditionnelle ».

Dans cet article du Telegraph, le Chancelier de l’Échiquier (ministre des Finances) déclare que « la CBDC pourrait être programmée pour s’assurer qu’elle ne soit dépensée que pour des biens essentiels ou des biens qu’un employeur ou un gouvernement juge raisonnables »…

Le Great Reset est un plan radical visant à installer un système totalitaire global dont la pièce maîtresse (CBDC & Digital ID) s’annonce comme le pendant occidental du crédit social chinois. On comprendra donc aisément pourquoi les puissants sont passablement dérangés par le bitcoin qui réduit ces rêves totalitaires à néant.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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