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Bitcoin (BTC) : Le FMI fait du chantage à l'Argentine

ven 18 Mar 2022 ▪ 18h00 ▪ 5 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le FMI refait parler de lui, en mal. Le Fonds monétaire international fait du chantage à l’Argentine pour l’empêcher de marcher dans les pas du Salvador, là où le bitcoin s’est fait une place au soleil.

Le chantage du FMI

Les dizaines de milliards que l’Argentine doit au FMI provoquent toujours autant de levées de boucliers au sein de la population. Cela fait maintenant un mois que des manifestations secouent la capitale Buenos Aires avec un seul mot d’ordre : refuser de payer la dette odieuse héritée de la dictature des généraux.

Le site CADTM explique :

« Entre le début de la dictature (mars 1976) et l’année 2001, la dette a été multipliée par 20 ou presque (passant de moins de 8 milliards de dollars à près de 160 milliards de dollars). Pendant cette même période, l’Argentine a remboursé environ 200 milliards de dollars. L’oligarchie argentine s’est allègrement endettée avant d’aller placer tout cet argent dans des paradis fiscaux. […] Rien qu’en 1980-1982 au cours des deux dernières années de dictature, les fuites de capitaux ont atteint, selon la Banque mondiale, plus de 21 milliards de dollars. »

Malheureusement pour les Argentins, ces dettes ont été reprises par l’État à la fin de la dictature. Une aubaine pour le FMI qui viendra comme d’habitude prêter des milliards à des taux usuriers. Nous en sommes à 48 milliards de dollars…

L’accord avec le FMI voté ce jeudi par le parlement prévoit un remboursement étalé de 2026 à 2034. C’était ça ou bien rembourser 19 milliards dès cette année, ce qui se serait soldé par un défaut. À quel taux d’intérêt dites-vous ? Près de 5 %. Autant dire que les Argentins n’ont pas fini de cracher au bassinet.

Depuis sa création en 1944, le FMI a soutenu activement toutes les dictatures alliées des États-Unis et piétiné la souveraineté des États en mettant des conditions à ses prêts usuriers. Ces conditionnalités sont un cocktail ultralibéral visant à privatiser, ouvrir les frontières aux quatre vents et ainsi offrir aux multinationales étrangères une orgie de ressources naturelles.

Surprise, l’une des conditions est désormais de mettre des bâtons dans les roues du bitcoin. Une clause de l’accord entre le gouvernement argentin et le FMI stipule en effet que « le gouvernement national, afin de mieux garantir la stabilité financière, découragera l’utilisation des cryptomonnaies ». […] « La numérisation des paiements devra être officiellement incitée […]. »

Traduction : il faut aller vers la fin du cash et l’avènement de la CBDC (Central Bank Digital Currency). La présidente du FMI Kristalina Georgieva a d’ailleurs lâché début février qu’une « centaine de pays explorent actuellement la CBDC ». « Comme vous vous en doutez, le FMI est très impliqué, notamment en fournissant une assistance technique à de nombreux membres », a-t-elle confié lors d’une conférence organisée par l’obscure think tank Atlantic Council.

La patronne du bras armé financier de l’occident s’est également réjouie que la Riksbank (Suède) travaille sur les implications politiques de la CBDC. Elle s’est même félicitée qu’en Chine, « le renminbi numérique [appelé e-CNY] continue de progresser avec plus de cent millions d’utilisateurs individuels et des milliards de yuans de transactions ».

Il n’y a pourtant pas de quoi se réjouir quand on sait que le gouvernement Chinois interdit certains achats (billets d’avion, de train, etc) à ses citoyens dont le crédit social est trop bas. À moins que le FMI ait l’intention d’exporter le modèle chinois partout dans le monde ?

K. Georgieva a probablement sauté de joie en lisant le dernier décret de Joe Biden dans lequel le mot CBDC est ressorti 34 fois, contre zéro fois pour le mot bitcoin. Cette défiance est tout aussi inquiétante que la barbouzerie du FMI qui négocie ses prêts en échange d’une hostilité législative envers le bitcoin.

Ces bassesses montrent à quel point le « Digital dollar » et le « Digital euro » sont importants pour eux. Ils trépignent d’impatience à l’idée de nous imposer ces monnaies conditionnelles (« programmable » en anglais) qui seront utilisées pour nous rationner afin d’empêcher l’hyperinflation.

En parlant d’inflation, terminons en précisant qu’elle atteint 50 % en Argentine qui fait donc naturellement partie des pays où la pénétration du bitcoin est la plus forte au monde. Tout s’explique… Sauf que le bitcoin est inarrêtable. Après le Salvador, le Honduras ?…

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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