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Bitcoin – L’Iran contrôle 10 % du hashrate ?

C’est en tout cas ce que suggère le porte-parole de la compagnie de distribution d’électricité (TAVANIR) qui avance que les mineurs de bitcoin iraniens consomment 1500 mégawatts d’électricité. Soit environ 10 % du hashrate du bitcoin…

1500 megawatts…

Mostafa Rajabi Mashhadi a déclaré que le mining de bitcoin représente une puissance de 1500 mégawatts. “87 % de cette puissance est utilisée par des mineurs clandestins“, a t-il ajouté.

Dit autrement, l’Iran contrôlerait environ 10 % du hashrate global étant donné que la puissance globale du bitcoin est de 15 000 mégawatts (125 TW/h). Nous disons “environ” car le vrai chiffre dépend de la qualité des machines de mining. Mais tout de même, cela représente une puissance colossale qui, il faut le dire, est produite à 100 % parla combustion de gaz, voire voire parfois de mazout…

Cela représenterait une multiplication par 5 de la puissance annoncée en janvier par le ministère de l’énergie qui parlait alors de 310 megawatts. Le ministère avait avancé que les revenus du mining atteignaient 660 millions de dollars. Soit 6 % du total de l’époque (11 milliards $). Pour la comparaison, les Chinois en contrôleraient entre 30 % et 40 % du hashrate contre 8 % aux Etats-Unis.

Ces chiffres sont contestés par le mineur de bitcoin iranien Omid Alavi. Ce dernier accuse le gouvernement de forcir le trait :

« Le gouvernement sait que la demande d’électricité augmente en été à cause de la climatisation. Mostafa Rajabi Mashhadi cherche à mettre les coupures d’électricité à venir sur le dos des mineurs afin d’inciter la population à les dénoncer aux autorités. Le hashrate réalisé en Iran se situe plutôt entre 2 % et 3 % ».

En janvier, 45 000 machines de mining ont été confisquées suite à l’arrêt de 1620 opérations « illégales »…

Le Financial Tribune, le plus vieux journal iranien en anglais, explique :

« En juillet 2019, le gouvernement a légalisé l’industrie du mining de bitcoin. La mesure gouvernementale a d’abord été bien accueillie par les mineurs qui ont finalement été rebutés par les tarifs très élevés de l’électricité. »

Le chantage du gouvernement iranien

Les citoyens Iraniens achètent depuis de nombreuses années des machines de mining au chinois Bitmain pour contourner les sanctions occidentales. Mais comme nous le disions plus haut, cette activité est désormais illégale sans la licence qui va bien.

Cette licence ne s’applique qu’aux opérations de plus de plus de 30 kilowatts, soit environ 30 Antmineurs de type S19, ce qui exclut les particuliers qui risquent désormais des amendes salées et la confiscation de leur matériel… Le Tehran Times rapporte que le gouvernement menace même les mineurs de leur faire payer les dommages causés au réseau par les blackouts.

Reste à savoir si ces menaces seront suffisantes pour convaincre les mineurs de renoncer au tarif électrique très avantageux du réseau national… Rien n’est moins sûr si l’on en croit Abouzar Zarei, un mineur opérant dans la région Fars :

« Le mining de bitcoins est une activité consommant beaucoup d’énergie mais le gouvernement facture les mineurs de bitcoins au même prix qu’il exporte de l’énergie vers d’autres pays. Cela n’est pas rentable, sauf pour les mineurs chinois qui s’installent avec leurs propres machines dans des zones exclusives. »

Le prix de l’électricité en Iran est normalement de 1.5 centime de dollar par kw/h. Mais pas pour les mineurs déclarés qui paient 13.5 centimes (en été) et 3.3 centimes les 8 autres mois de l’année.

Ces tarifs « élevés » montrent que la république islamique cherche clairement à mettre la main sur les bitcoins. Son objectif est de consolider les réserves de change du pays et permettre à la banque centrale de régler les importations. Ces bitcoins permettent de compenser l’absence de revenus d’exportations (embargo Américain) et de régler les importations sans écrouler le taux de change du rial.

Chine et pétrodollar

L’Iran et la Chine ont clairement l’intention de commercer en bitcoin pour contourner le système SWIFT qui noyaute toutes les transactions internationales, et dont Téhéran a été déconnecté (par Washington avec la complicité de Bruxelles).

Les Iraniens n’ayant pas l’intention de finir comme l’Irak (qui avait osé vendre son pétrole en euro plutôt qu’en dollar), le bitcoin apparaît comme la solution clef en mains pour s’extirper des serres de l’aigle américain.

Il ne faut pas chercher plus loin pour expliquer l’installation de mining farms chinoises géantes sur son territoire. L’empire du milieu paie probablement ses importations de pétrole et de gaz iranien en bitcoins ainsi qu’en machines de mining.

Le Bitcoin semble donc faire partie de la stratégie des nouvelles routes de la soie et de l’accord pour les 25 prochaines années signées un peu plus tôt cette année. Son contenu exact reste secret mais la presse fait souvent parle souvent de 400 milliards d’investissements chinois, notamment dans l’industrie des hydrocarbures.

Soit dit en passant, ce sont probablement ces installations chinoises, gérées en tandem avec les gardiens de la révolution, qui furent responsables des coupures d’électricité au mois de janvier… Le journaliste Massoud Nouri a révélé que la surconsommation d’électricité était très probablement liée à une installation chinoise de 175 mégawatts à Rafsanjan, une zone économique spéciale bénéficiant de tarifs électriques avantageux (1 centimes le kw/h).

À l’échelle de la nation, les individus sont rançonnés par le système d’argent-dette. À l’échelle du monde, les nations sont des vassaux du dollar. Les peuples sont asservis par la dette de leurs gouvernements qui sont à leur tour asservis par le pétrodollar.

Mais il est bien dommage de voler le matériel de ses citoyens, surtout pour une démocratie qui n’en a bien entendu que le nom… Terminons en signalant que Max Keiser, le célèbre consultant sur RT, estime pour sa part que 4.5 % du hashrate provient d’Iran.

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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