Bitcoin (BTC) - Quels pays devraient suivre l'exemple du Salvador ?

sam 20 Nov 2021 ▪ 8h00 ▪ 7 min de lecture - par Nicolas Teterel

Nombreux sont les pays qui gagneraient à marcher dans les pas du Salvador. Népal, Liban, Honduras, Jamaïque, Tadjikistan, Ukraine, Moldavie, Montenegro, Nicaragua, Sénégal, Gaza, Kosovo sont autant de pays qui dépendent lourdement des transferts d’argent de leur diaspora.

Bitcoin pour la diaspora

En 2020, le Salvador a reçu plus de 6 milliards $ en transferts venant de ses citoyens expatriés pour la plupart aux États-Unis. Cela représente 24 % du PIB dont 70 % des salvadoriens dépendent pour vivre.

Malheureusement, les intermédiaires comme Western Union prennent leur dîme au passage. Environ 7 % en moyenne dans le cas du Salvador. Soit 400 millions $ siphonnés de la poche des Salvadoriens chaque année. Cette somme est loin d’être négligeable pour ce pays où seulement 30 % de la population peut s’offrir un compte bancaire..

En légalisant totalement le bitcoin, le président Nayib Bukele a fait d’une pierre deux coups. D’abord en récupérant 400 millions $ à Western Union. Ensuite en amorçant la bancarisation des 4.5 millions de personnes. 1/3 de la population a désormais téléchargé le wallet Chivo (qui signifie « cool » en argot salvadorien) qui permet de recevoir gratuitement les transferts de la diaspora (envoyés en BTC).

L’autre avantage est de pouvoir profiter de l’appréciation du BTC dont la valeur n’est pas loin de tripler chaque année… Il s’agit même d’une sorte d’assurance étant donné que le Salvador utilise le dollar US plutôt qu’une monnaie nationale. En effet, quid de la valeur du billet vert lorsque les États-Unis renoueront avec la crise aussitôt que le pic de pétrole de Schiste sera atteint ? A ce titre, notons que le patron de Parsley Energy affirmait déjà à l’été 2020 que les États-Unis ont passé leur pic pétrolier. « Je ne pense pas que nous reverrons une production de 13 millions de barils par jour ».

Une myriade de pays seraient bien inspirés d’imiter le Salvador en utilisant le bitcoin pour réduire les frais de transfert vampirisés par des firmes comme Western Union (qui transfère environ 150 milliards $ par an dans tous les pays du monde). Autant d’argent qui pourrait tomber dans l’escarcelle du BTC et non celle d’intermédiaires parasitaires.

D’après la Banque Mondiale, ces transferts d’argent représentent tout de même 24 % du PIB du Honduras, 22 % du PIB de la Jamaïque, 19 % du PIB du Liban, 24 % au Népal, 26 % au Tadjikistan, 19 % au Kosovo, 23 % en Haïti, 10 % au Sénégal ou encore 10 % en Ukraine :

Part des transferts depuis l'étranger en pourcentage du PIB
Part des transferts depuis l’étranger en pourcentage du PIB / Source : Banque mondiale

Certes, la plupart de ces pays ne pèsent pas très lourd. 22 % du PIB jamaïcain ne représente jamais que 3 milliards de dollars. 8 milliards pour le Népal. 6 milliards pour le Liban ou encore 2.5 milliards pour le Sénégal.

Les montants deviennent toutefois beaucoup plus significatifs si l’on se penche sur les transferts d’argent de pays plus riches. Nous montons à 15 milliards $ par an pour l’Ukraine.

Au Mexique, ces transferts ne représentent que 4 % du PIB, mais ce PIB pèse 1076 milliards. Soit 43 milliards $ transférés chaque année.

Nous sommes à 17 milliards au Nigeria, 85 milliards en Inde et 26 milliards au Pakistan.

Parmi tous ces pays, nombreux sont ceux qui s’intéressent de près au bitcoin. Notamment l’Ukraine, le Mexique, l’Inde ou encore le Nigeria. Les politiques indiens et nigérians, d’abord hostiles au BTC, se rendent désormais à l’évidence que leurs tentatives de résistance sont futiles.

Bitcoin pour le milliard d’humains souffrant d’une inflation à 2 chiffres

Pour pouvons compléter le palmarès de la première partie en ajoutant les dizaines de pays souffrant d’une inflation à deux chiffres. Soit 1.2 milliards de personnes concernées. Officiellement, car nous savons tous que les indices d’inflation reflètent partialement la réalité en raison de nombreux oublis (prix immobiliers, art, actions de bourse) et autres artifices comptables (effet qualité, substitution, etc).

Aucun pays au monde n’est épargné par l’inflation. En France, il faut remonter à l’année 1953 pour observer une baisse annuelle des prix. Ce qui n’a rien de surprenant dans un monde où la population augmente alors que les ressources s’amenuisent. Soit dit en passant, les politiques monétaires accommodantes des banques centrales sont avant tout la conséquence des limites physiques de la planète. Ne manquez notre article ce dimanche sur l’hyperinflation, l’œuf et la poule…

La Turquie, l’Argentine, l’Iran ou encore le Venezuela font partie de ces pays particulièrement touchés par l’inflation. La lire turque est au plus bas historique face au dollar américain après avoir perdu plus de 30 % de sa valeur cette année. En Argentine, l’inflation atteint 52 % par an. Nous sommes à 39 % en Iran, 34 % en Éthiopie, 71 % en Syrie, 144 % au Liban, 16 % au Nigeria. Et ne parlons pas du Venezuela qui est le dernier exemple d’hyperinflation en date.

Certains pays où l’inflation est la plus virulente ont en commun d’être la cible des sanctions et embargos américains (Iran, Syrie, Argentine, Venezuela, Turquie, Liban etc). L’Iran a par exemple été déconnecté du réseau SWIFT et ne peut donc plus commercer avec le reste du monde. Toute banque qui faciliterait des achats de pétrole iranien s’expose à des sanctions US potentiellement mortelles.

Cette aparté nous permet de rappeler que le bitcoin est un formidable outil pour contourner le roi dollar. Personne ne peut empêcher telle ou telle transaction. Le bitcoin est « permissionless », contrairement au réseau SWIFT qui noyaute toutes les transactions financières internationales et grâce auquel l’occident peut étouffer les pays qui ne s’aligneraient pas sur la politique étrangère des États-Unis. C’est-à-dire surtout ceux qui refusent de vendre leur pétrole en dollar. L’Iran, le Venezuela, la Russie…

L’inflation est inéluctable. Elle est le résultat de pics énergétiques et, récemment, chose nouvelle, d’un sabotage logistique de la chaîne d’approvisionnement mondiale. La seule façon d’éviter la paupérisation est de ne pas être le dernier à placer son argent dans un actif extrêmement liquide, désirable, et dont la quantité est absolument fixe : Bitcoin.

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Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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