Bitcoin (BTC) vs CBDC - Le Great Reset monétaire approche

sam 18 Sep 2021 ▪ 18h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le Great Reset monétaire se rapproche à grands pas et de nombreux détails apparaissent, notamment dans le Wall Street Journal. Au menu, la fin du Cash et les taux négatifs. Et pire encore…

« Les CBDC ouvrent la voie au taux d’intérêt négatif »

Tel est le titre on ne peut plus clair de l’article de James Mackintosh dans le WSJ. Le chroniqueur y affirme que la FED lancera un « Digital Dollar » et que ce dernier viendra en remplacement du cash.

« Le principal pouvoir monétaire du Digital Dollar vient de l’abolition des billets de banque. Si les gens ne peuvent pas thésauriser des billets, il devient beaucoup plus facile d’appliquer un taux négatif sur l’épargne. Sinon les gens garderont des billets sous leur matelas plutôt que de souffrir d’un taux négatif. La possibilité de baisser les taux d’intérêt bien en dessous de zéro renforce la politique monétaire qui devient soudainement mieux adaptée pour lutter contre la déflation. »

L’idée ici est de pousser les gens à consommer (pour éviter la déflation) en les menaçant de voler leur épargne (taux négatif)… Pas très écolo…

Vu que seule « l’élite » lit le Wall Street Journal, James ne s’est pas gêné pour recommander d’introduire les CBDC sans taux négatifs, dans un premier temps, afin de ne pas effaroucher la populace :

« Les taux profondément négatifs n’arriveront pas tout de suite. Dans un premier temps, les CBDC seront très certainement conçues pour ressembler autant que possible aux billets de banque ordinaires, afin de faciliter leur adoption, tout en laissant les billets physiques librement circuler. »

L’auteur dit un peu plus loin que « la principale limite aux taux profondément négatifs est le billet de banque vers lequel les gens vont se tourner, préférant gagner 0 % plutôt que de perdre de l’argent ».

Le taux négatif serait donc le miracle permettant de relancer la croissance. James cite même un papier de 2014 de la Banque des règlements internationaux qui suggère que le Quantitative Easing (QE) de la FED pourrait être remplacé par un taux négatif de -5 %…

Ajoutez à cela 5 % d’inflation (le taux d’inflation actuel aux États-Unis), et vous vous retrouvez avec une épargne dont le pouvoir d’achat fond de 10 % par an…

Cette spoliation n’émeut pas James qui semble croire dur comme fer que le taux négatif permettra in fine de « stimuler l’économie, créer une reprise économique plus rapide et permettre aux banques centrales de remonter les taux plus rapidement ». Ainsi, à long terme, ceci pourrait permettre une « moyenne de taux supérieure » (à ce qu’elle aurait été sans taux négatif)…

Cette théorie fumeuse ignore totalement le fait que c’est en vérité la raréfaction du couple énergie/matières premières qui empêche de générer la sacro-sainte croissance. Le taux négatif ne fera pas jaillir du pétrole, du lithium, du sable, du cuivre ou de l’uranium.

Sans compter que 70 % des Américains n’ont même pas 1000 $ devant eux… Quel est donc l’intérêt de forcer des gens sans argent à consommer ?

Non, la véritable raison d’être du taux négatif est de retirer de l’argent de la circulation afin d’éviter l’hyperinflation. Dit autrement, le trop plein d’argent sera épongé en pompant directement dans notre épargne.

[Le trop plein d’argent est intrinséque à un système de création monétaire basé sur la dette. La quantité d’argent est même exacerbée par les défauts de remboursement (l’argent n’est jamais retiré du circuit économique). Les défauts de remboursement étant la conséquence la décroissance forcée]

Mais il y a pire…

CBDC = surveillance de masse

Le CBDC est un outil supplémentaire de surveillance de masse. En 2014, alors que le bitcoin devenait populaire, la Chine s’est mise à travailler sur une monnaie numérique : eCNY . Aujourd’hui, quasiment toutes les banques centrales ont décidé d’imiter la dictature communiste

Il va sans dire que ces CBDC n’ont absolument rien en commun avec le bitcoin. Elles ne sont pas anonymes, n’ont pas de blockchain et sont centralisées. L’un des rares points communs est que les paiements s’effectuent en scannant des QR codes.

Toutes les transactions en eCNY sont connues du gouvernement qui peut croiser ce trésor de données en vue de prédire les comportements (indésirables). Un tel niveau d’intrusion dans les finances personnelles des citoyens est le premier pas vers le totalitarisme. En Europe, le totalitarisme s’annonce vert puisque MasterCard prévoit d’instaurer des quotas de CO2 par personne :

L’empire du milieu utilise lui un « Crédit social » pour punir certains citoyens en les empêchant de prendre l’avion, entre autres joyeuseutés. Ce système de surveillance est géré par une intelligence artificielle qui analyse les habitudes de consommation, les comportements et la « fiabilité » des humains.

En 2019, le milliardaire Peter Thiel (fondateur de Palantir et membre du conseil de surveillance de facebook) a déclaré que l’IA permet à un pouvoir centralisateur de surveiller les citoyens et d’en savoir plus sur eux que ce qu’ils savent d’eux-mêmes. « La Chine, a adopté avec enthousiasme l’IA » avait-il lancé.

Cette omniscience de l’IA est le véritable objectif des instigateurs du Great Reset. 5G, Smart City, Internet of Things (facebook vient de lancer des lunettes dotées de caméras…) sont autant de laisses cybernétiques assurant une veille perpétuelle de la société.

Cette irruption de mouchards électroniques va bouleverser les structures de pouvoir car la dissection de nos comportements via le machine learning permet de savoir qui nous sommes et qui nous deviendrons. Pratique pour empêcher certaines personnes de grimper dans l’échelle sociale…

L’IA peut tout deviner. Pour qui nous voterons, quand nous divorcerons. Tout est révélé en croisant les données issues de nos conversations, de nos historiques de recherche et de géolocalisation, de nos « likes », de nos tweets, de notre réseau d’amis, etc. Opinions politiques et/ou religieuses, personnalité, intelligence, culture générale, utilisation de drogues, tendance suicidaire, etc.

Le risque découlant de ce viol de notre intimité est que, sous prétexte de nous connaître mieux que nous, les États interviennent dans nos vies « pour notre bien »… Ils nous forceront pour notre bien. C’est ce genre de fanatisme qui a poussé Staline et Mao à tuer des millions de personnes…

Simon McCarthy-Jones a bien résumé les choses :

« Le leader communiste russe, Lénine, aurait dit que les capitalistes lui vendraient la corde avec laquelle il les pendrait. Aujourd’hui, les entreprises technologiques capitalistes de la Silicon Valley ont vendu au communisme un outil qui menace de détruire les sociétés capitalistes démocratiques. L’IA est la corde de Lénine. »

La seule façon d’échapper à cette dystopie est d’empêcher les autres de nous connaître. Utiliser Linux plutôt que Windows, éteindre régulièrement son smartphone, paramétrer l’effacement automatique des « cookies », écrire sur un clavier open source, naviguer sur internet via un VPN, troquer sa monnaie fiat / CBDC pour le Bitcoin !

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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