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Chine – Le Bitcoin (BTC) reviendra par la fenêtre

L’exode des mineurs chinois est une réalité. Elle se devine par la baisse spectaculaire du hashrate du bitcoin. Mais qu’on se le dise, ce n’est qu’un au revoir.

La chute du hashrate

La puissance utilisée pour miner le bitcoin est repassée sous la barre des 100 Exahash/s pour la première fois depuis un an. Nous sommes actuellement autour de 90 EH/s. Un chiffre à comparer avec une moyenne mensuelle de 164 EH/s au mois de mai. Soit une baisse de 45 % au moment d’écrire ces lignes (mercredi 23 juin).

Si l’on se base sur la moyenne hebdomadaire (de blockchain.com), le hashrate global a reculé de 38 % par rapport au dernier plus haut. Si l’on prend les données brutes, la baisse est de 47 % !

Il n’est pas évident d’avancer un chiffre précis quant à la puissance de mining qui se trouvait en Chine mais elle pourrait même être de 55 % si le mineur chinois Kevin Zhang dit vrai et que 30 % des capacités de mining situées en Chine sont encore opérationnelles. « Nous serons à 10 % à la fin du mois ».

La plupart des pools de mining chinois affichent un hashrate inférieur de 50 % par rapport au 15 mai. BTC.TOP et 1THash affichent même une baisse supérieure à 90 %. Ironique quand on sait que Jiang Zhuoer, le CEO de BTC.TOP, avait déclaré le 24 mai que les coups de semonce du parti communiste n’étaient pas « si graves que ça ».

BIT mining, l’un des 26 mineurs chassés de la région du Sichuan, a déjà déménagé 320 machines (sur 2600) au Kazakhstan. Les États-Unis attirent aussi une bonne partie du hashrate grâce aux appels du pied venant du Texas et de Floride. Le Pool de Mining USA Foundry semble d’ailleurs tirer son épingle du jeu :

“Le hashpower continue de migrer vers l’Amérique du Nord”

Qui sait, peut-être qu’une partie des mineurs chinois iront s’installer sur les volcans du Salvador… Mais le fait est que les capacités d’accueil en dehors de Chine ne sont pas légions si bien que le marché des machines de mining d’occasion sera très attractif ces prochains mois.

Pourquoi le parti communiste torpille le BTC ?

Beaucoup pensaient (y compris votre serviteur) que la Chine verrait dans le bitcoin une solution clefs en mains pour débarrasser le système monétaire international du dollar. En effet, s’il y a peu de chances que l’oncle Sam se laisse ravir son privilège exorbitant sans coup férir, il y a en revanche de bonnes chances qu’il accepte de jouer à arme égales (en acceptant que le bitcoin remplace le dollar en tant que monnaie internationale par excellence).

Cette prédiction a du plomb dans l’aile. Pékin semble déterminé à acheter son pétrole dans sa propre monnaie. Cela étant dit, le dernier pays ayant libellé son pétrole dans une autre monnaie que le dollar est… l’Irak. Est-ce que l’Iran prendra le risque de vendre son naphte en billets rouges ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que la république islamique s’intéresse de très près au bitcoin.

Par conséquent, il doit y avoir de bonnes raisons pour expliquer ce qui apparaît comme une erreur stratégique majeure. La première est très probablement liée au contrôle des capitaux puisque les Chinois ne peuvent pas investir plus de 50 000 $ par an à l’étranger.

Ces limites visent à maintenir des réserves de change confortables permettant de contrôler le taux de change avec le dollar et demeurer compétitif à l’export. Soit dit en passant, cela n’est plus tellement vrai depuis que l’administration Trump a imposé des frais de douane de 25 %.

Hong Kong a toujours permis de contourner les contrôles de capitaux mais la perle d’Asie n’est plus un asile de liberté. Chaque jour de nouvelles arrestations sont signalées. La censure, la réécriture de l’Histoire, l’éducation à coup de propagande et la traque de toute expression de dissidence sont devenues monnaie courante.

Le Bitcoin était l’un des derniers moyens permettant de contourner ce nouveau rideau de fer financier. Le South China Morning Post estimait en août 2020 que l’équivalent de 50 milliards $ partaient chaque année à l’étranger sous forme de cryptomonnaies.

La Chine veut mettre fin au cash

Le Bitcoin a beaucoup de similitudes avec le cash. L’argent liquide ne protège pas de l’inflation contrairement au bitcoin et sa limite de 21 millions d’unités. Néanmoins, le cash permet de payer de manière anonyme et d’échapper aux taux négatifs qui sont déjà une réalité par certains endroits (Suisse, Danemark).

Or le fameux « cryptoyuan » (e-CNY) a précisément pour but d’instaurer des taux négatifs. Les premiers tests ont montré que l’argent disparaît après un certain temps s’il n’est pas dépensé… Dit autrement, le PCC veut instaurer une monnaie périssable poussant à la consommation. Interdiction d’épargner car une population sans épargne est beaucoup plus docile.

Les officiels Chinois – à l’instar des éminences grises de Davos et du FMI – aiment parler d’une monnaie « inclusive » mais cette anesthésie linguistique dissimule en réalité des desseins totalitaires. La fin du cash permettra d’espionner tout le monde et de couper les vivres à n’importe qui d’un seul clic.

Il s’agit de créer une société gérée par une IA ingurgitant les historiques d’achats, de localisations, de recherches internet, de fréquentations, en vue d’attribuer un « crédit social » à chacun. Le but ultime de la fin du cash est d’interdire aux « mauvais citoyens » d’acheter des produits de luxe (billets de train ou d’avion par exemple), de dépenser leur épargne, d’accéder à certaines écoles, de bénéficier rapidement de soins de santé, de travailler dans la fonction publique, etc.

Le Bitcoin reviendra par la fenêtre

Les Chinois finiront tôt ou tard par comprendre qu’ils s’enfoncent dans une dystopie. Ce n’est pas un hasard s’ils minent la moitié des bitcoins… L’empire du milieu est exactement le type de société dans laquelle le bitcoin est incontournable pour protéger sa liberté.

Il y a des pays où le bitcoin est populaire à cause de l’inflation (en Afrique), et d’autres où il est d’avantage question de préserver son anonymat et sa liberté. Ce qui revient un peu au même car perdre l’accès à son épargne revient à vivre dans une prison à ciel ouvert.

Il ne fait aucun doute que le PCC a compliqué la vie des mineurs mais gageons que beaucoup continueront de manière clandestine afin de satisfaire la demande de cet apartheid d’un milliard et demi de personnes.

Terminons en notant que le démantèlement de l’industrie du mining va se traduire par une décentralisation accrue du bitcoin. Les mineurs vont s’éparpiller et nous n’entendrons plus dire que le « PCC contrôle le bitcoin »…

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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