La banque d'Angleterre révèle le côté obscur des CBDC

dim 03 Oct 2021 ▪ 8h00 ▪ 7 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le Telegraph rapporte que la banque d’Angleterre a demandé au ministre de l’échiquier la permission de rendre le CBDC « programmable ». Le but ? Pouvoir contrôler les dépenses des citoyens. Il n’y aura bientôt plus que le bitcoin pour dépenser librement son argent…

« Permissionless »

Le bitcoin a de nombreux avantages. Masse monétaire fixe, vitesse de transaction, divisibilité ou encore pseudonymat. Mais il en est un autre qui est souvent ignoré : le fait d’être permissionless. Dit autrement, personne ne peut vous empêcher de faire une transaction en BTC.

Longtemps reléguée à l’arrière plan, cette dimension pourrait finalement se révéler aussi importante que le plafond des 21 M. En effet, à quoi bon gagner de l’argent si l’on ne peut pas le dépenser comme bon nous semble ?

C’est pourtant ce à quoi il faut s’attendre avec les CBDC (Central Bank Digital Currency). PourTom Mutton, l’un des directeurs de la banque d’Angleterre, ce paramétrage de la monnaie peut être une caractéristique clef des CBDC.

L’argent ne pourra être dépensé sous certaines conditions afin d’éviter « certaines activités perçues comme socialement nocives ». « cela permettrait de contrôler la façon dont sont dépensées les aides sociales ».

L’offensive a commencé en France avec le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer. Le premier prof de France a récemment fustigé l’utilisation de l’allocation scolaire pour « acheter des écrans plats« …

L’émissaire de la BoE ne dit pas autre chose quand il avance que « l’État ou l’employeur pourra contrôler la manière dont l’argent est dépensé par le bénéficiaire ».

Mutton a déclaré : « C’est un débat vraiment délicat. Ce n’est pas une question que nous pouvons trancher nous-mêmes. C’est au gouvernement de trancher la question ».

Monnaie programmable et argent de poche

Sir Jon Cunliffe, gouverneur adjoint de la Banque d’Angleterre, a lancé pour sa part que les CBDC pouvaient permettre de gérer argent de poche :

« Vous pourriez par exemple programmer leur argent de poche de manière à ce qu’il ne puisse pas être utilisé pour des bonbons. »

Alexey Zabotkin, le gouverneur de la banque centrale russe, a utilisé exactement le même exemple pathétique au mois de juillet lors de l’événement Cyber Polygon organisé par le Forum de Davos (le club de Klaus Schwab) :

« Imaginez une seconde que vous puissiez restreindre l’usage des roubles que vous donnerez sous forme numérique à vos enfants pour les empêcher d’acheter de la junk food. Cette fonctionnalité utile serait déclinable d’une centaine d’autres façons. »

Une autre façon serait de limiter les dépenses voraces en CO2… Mastercard est d’ailleurs déjà sur les rangs.

Le leader mondial des paiements s’est allié avec Doconomy pour « combattre le changement climatique » grâce à un « service bancaire mobile permettant aux utilisateurs de suivre et de réduire leur empreinte carbone ».

Comment ? En désactivant la carte CB dès qu’un certain plafond de CO2 est atteint. Chacun sera bien entendu libre d’activer cette option, mais il faut être naïf pour ne pas imaginer que cette option puisse un jour ne plus en être une.

Crédit bancaire et Crédit Carbone

Le but de MasterCard est de créer un standard mondial de l’empreinte carbone et cela ressemble furieusement à un cheval de Troie menant au système de crédit social à la chinoise…

Quoi qu’il en soit, le taux négatif s’annonce déjà comme un paramètre du CBDC. C’est-à-dire qu’au lieu d’être rémunérée, l’épargne est ponctionnée. Cela ne surprendra pas les Danois puisque la plus grande banque du pays, la Danske Bank, applique un taux négatif sur tous les comptes détenant plus de 13 500 euros.

Dans la même veine, notez que les Danois se voient déjà des prêts immobiliers à taux négatif. Dans ce cas là, le taux négatif est à l’avantage des emprunteurs qui rembourseront une somme inférieure à celle empruntée.

Il faut bien ça pour convaincre le quidam d’acheter en haut d’une bulle immobilière. La raison étant que si la bulle explose, le crédit à rembourser devient subitement bien supérieur à la valeur du bien. Embêtant !

En définitive, les taux négatifs sont du jusqu’au-boutisme poussant à la dépense et à l’endettement pour alimenter le ponzi immobilier duquel provient 60 % de l’argent en circulation (en France). Malheureusement, cette fuite en avant ne durera pas éternellement car nous sommes au seuil de la décroissance.

En effet, Helle Kristoffersen, la directrice Stratégie et Intelligence économique de Total , a affirmé publiquement en début d’année qu’il manquera 1/10ème de la production mondiale de pétrole pour répondre à la demande à l’horizon 2025.

Ce couperet énergétique est indépassable. Ce changement de paradigme aggravera la baisse du revenu par habitant et in fine la capacité d’emprunter.

D’où la baisse des prix immobiliers anticipée par votre serviteur. Celle-ci sera exacerbée par l’inflation des biens de consommation qui poussera les retraités à vendre en masse pour s’installer dans des logements plus modestes et utiliser la différence pour maintenir leur pouvoir d’achat

Communisme 2.0 ?

Les arbres ne montent pas au ciel. Le pic pétrolier et le changement climatique nous mènent vers un autre monde. Le monde du revenu universel si l’on en croit Elon Musk

Ce dernier pense que l’automatisation de nos métiers et le chômage concomitant requerra in fine un revenu universel. C’est en réalité bien davantage la raréfaction de la reine des énergies qui limitera bientôt la palette des emplois disponibles.

Dans un monde en décroissance énergétique, les opportunités fondent comme neige au soleil. C’est alors que le « revenu de base universel » entre en jeu. Mais qui peut croire une seule seconde que nous serons payés à ne rien faire pendant que des robots carburant au saint esprit feront le boulot. Le revenu universel ressemblera plutôt à des tickets de rationnement…

En URSS, les tickets de rationnement permettaient d’obtenir 2.5 kg de viande et un litre de vodka par mois. Après le Great Reset monétaire, la monnaie programmable (CBDC) distribuée via le revenu universel permettra-t-elle d’acheter 2.5 kg soja et un litre d’eau potable ?

Le magazine Capital était extatique ce mardi à propos de ce que l’on appelle désormais le revenu « d’existence » :

« Bonne nouvelle pour les jeunes Toulousains. Le département de Haute-Garonne va créer un « revenu d’existence » pour les jeunes, pouvant atteindre 500 euros par mois, à partir de mars 2022. »

Nous arrivons dans les derniers retranchements d’un système monétaire conçu pour fonctionner sur le dos d’une économie en perpétuelle croissance. Mais distribuer des CBDC via un revenu universel ne sera pas une planche de salut. Bitcoin, en revanche…

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Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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