La Chute d'Evergrande est du pain béni pour le Bitcoin (BTC)

mer 22 Sep 2021 ▪ 21h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

Bitcoin a perdu 10 % ce lundi pour glisser le lendemain sous 40 000 $. Soit une baisse de 25 % par rapport au 7 septembre, lorsque le Salvador a officialisé le BTC comme monnaie courante… La faillite d’Evergrande ravive l’aversion pour le risque qui ne devrait pourtant pas déteindre sur le bitcoin.

EVERGRANDE

Vous trouverez ici notre dernier article expliquant pourquoi la chute d’Evergrande est à prendre au sérieux. En résumé, le plus grand promoteur immobilier chinois a fait faillite en laissant une ardoise de 300 milliards $ et un million de logements déjà vendus, mais non construits (soit environ 140 milliards $).

La facture est colossale. Elle est liée en bonne partie au fait que le parti communiste chinois a restreint l’accès au crédit. Le but étant de faire baisser les prix immobiliers qui sont plusieurs fois supérieurs (par rapport au revenu des ménages) à ce qu’ils sont aux États-Unis. Avec succès puisque les prix à Shanghai, par exemple, ont reculé de 2017 à 2020.

Malheureusement, le système de création monétaire à partir de dette et d’intérêt Chinois est exactement le même qu’en occident. C’est un ponzi que l’on ne freine pas impunément. D’où les problèmes d’Evergrande et le risque que la contagion de cette faillite se propage au reste de l’économie. En effet, les activités économiques liées à l’immobilier représentent plus de 25 % du PIB chinois…

Étant donné la taille de l’économie chinoise, il est évident que les ondes de chocs se propageront dans le monde entier. Les bourses occidentales affichent déjà leurs plus fortes baisses depuis des semaines et le VIX, l’indice de la peur, s’est remis à grimper.

Or le bitcoin est justement bâti pour être le phare au milieu de crises financières devenues chroniques depuis l’abandon du Gold Standard. Voyez sur ce graphique qu’il n’y a eu aucune crise bancaire grave durant toute la période de Bretton Woods, lorsque la monnaie était encore digne de ce nom :

On ne peut pas faire toujours plus de dette sans jamais passer à la caisse. L’ardoise se payera en inflation. Elle est déjà hors de contrôle quasiment partout dans le monde. 1.3 milliards de personnes souffrent d’une inflation à deux ou trois chiffres…

Ainsi, même si l’aversion pour le risque semble peser sur le bitcoin à court terme, la crise Evergrande devrait plutôt sonner comme un nouveau coup de semonce signalant qu’il vaut mieux investir dans le BTC plutôt que dans les bulles immobilières.

Analyse On-Chain

Nous sommes repassés en dessous de la moyenne mobile des prix sur 200 jours (MM200) qui forme désormais un plafond oscillant autour de 48 000 $. Le plancher semble se trouver sur 40 000 $.

Les traders de court terme qui utilisent des effets de leviers ont mordu la poussière. Le débouclage de leurs positions acheteuses est responsable du trou d’air jusque 40 000 $. Ce n’est pourtant que l’écume du marché et l’analyse On-chain suggère que les détenteurs à long terme ne vendent pas.

Le dernier rapport de Glassnode montre que « la quantité de BTC présents sur les exchanges a continué de baisser cette semaine, atteignant un nouveau plancher pluriannuel de 13,0 % de l’offre en circulation ». Et cela après un plus haut de 17 % au mois de mars 2020.

Ainsi, contrairement à mars 2020 (lorsque que la chute de 30 % de Wall Street avait provoqué un recul de 50 % du bitcoin), nous observons que les BTC quittent les exchanges plutôt que de s’y accumuler. Si cette tendance perdure, il y a fort à parier que le coup de mou du BTC sera de courte durée, même si la bourse dévisse.

QUantité de BTC sur les exchanges
La courbe orange représente le % de BTC se trouvant sur les exchanges.
(Une baisse du nombre de BTC sur les exchanges est haussier pour le bitcoin. Et vice versa, la raison étant que les BTC sont rapatriés sur les exchange pour être vendus. Quoi d’autre ?)

Dans un autre registre, notons également que le hashrate du BTC continue sa remontada. Nous sommes autour de 137 Exahash, en hausse de plus de 50 % depuis le point bas atteint dans le sillage de l’exode des mineurs chinois.

Un peu de FUD ?

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé les hostilités. Après avoir interdit les paiements en BTC plus tôt cette année, le sultan Ottoman a réitéré son dédain devant un parterre d’étudiants en se disant « en guerre » contre le bitcoin :

« Nous ne souhaitons pas nous ouvrir aux cryptomonnaies. Au contraire, nous sommes en guerre contre elles. »

À quoi fallait-il s’attendre d’autre de la part d’un président faisant du zèle pour créer un CBDC, et dont le bilan économique catastrophique se traduit aujourd’hui par une inflation de 20 % par an. Les prix doublent tous les 4 ans en Turquie ! Il ne faut pas chercher plus loin pour comprendre pourquoi 16 % de la population turque a déjà acheté du bitcoin.

Pire encore, le taux de change de la lire turque a été divisé par 7 en une décennie. Difficile d’importer des smartphones (pour payer en CBDC) dans ces conditions…

Christine Lagarde y est également allée de sa petite saillie en trompetant « crypto is not money, full stop ». Là encore, la patronne de la seconde plus grande banque centrale du monde ne surprend personne. Voici nos deux derniers articles (ici et ici) sur les turpitudes du temple européen de la monnaie fiat.

Le président de la SEC joue également les épouvantails. Le maxi Gensler a comparé les stablecoins à des « jetons de poker dans le casino du far west de la crypto« . Il a également réitéré que la plupart des cryptomonnaies sont des « securities » devant se plier à toutes les règles qui vont bien :

Gensler a déclaré au Washington Post : « je ne pense pas qu’il y ait une viabilité à long terme pour 5 000 ou 6 000 formes d’argent privées« . Sale temps pour les shitcoins dont la valeur pourrait rapidement se réfugier dans le bitcoin. Suivez de près la passe d’armes entre Coinbase et la SEC au cours des prochains jours.

Terminons en signalant qu’il faudra suivre de près les conférences de presse des banques centrales des États-Unis, de Suisse et d’Angleterre cette semaine. Le bitcoin devrait s’apprécier si les banquiers sautent sur l’occasion Evergrande pour continuer à imprimer. Brrrr..

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Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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