La part du Dollar dans les exportations russes tombe sous 50 %

sam 01 Mai 2021 ▪ 12h30 ▪ 7 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le système pétrodollar est en train de s’effriter. Le tandem sino-russe met tout en œuvre pour amoindrir la part du dollar dans le commerce international. Cette stratégie vient de passer un cap en Russie où moins de 50 % des exportations sont payées en dollar.

Dollar, niet

En mai 2020 déjà, la russie s’était débarrassée de 96 % de ses 100 milliards de réserves en dollar. Nous écrivions alors :

« Cette guerre froide monétaire est née de l’explosion de Wall Street, lorsque la FED a mis le doigt dans l’engrenage de la planche à billets. Elle s’est accentuée en 2014 suite au coup d’État orchestré en Ukraine par l’éminence du deep State américain, le sombre milliardaire Soros. La Russie a répondu en récupérant la Crimée (base militaire Russe de Sébastopol). Mais pas que… Elle a aussi entamé un processus de dédollarisation et d’accumulation d’or. »

Les efforts déployés depuis plusieurs années par Vladimir Putin pour réduire l’exposition de la Russie au dollar ont franchi un nouveau cap en fin d’année dernière. La banque centrale russe a rapporté ce lundi que la part des exportations libellées en dollar est passée pour la première fois sous la barre des 50 %.

Part des monnaies dans les exportations russes
« La Russie a réduit la part du dollar dans ses exportations »

D’après la banque centrale russe, le gros de la baisse vient du fait que Moscou et Pékin règlent désormais moins de 25 % de leur commerce en dollar. La part de l’euro est en hausse de 10 % d’un trimestre sur l’autre. 36 % des exportations russes sont désormais réglées dans la monnaie unique. 48 % en dollar. L’euro gagnera encore plus de terrain une fois que le gazoduc sous-marin NorthStream II – reliant la ville d’Ust-Luga à l’Allemagne par la mer baltique – sera finalisé, au grand dam de Washington.

Concernant les réserves d’or russes, elles ont quasiment quadruplé, passant de 400 tonnes à 1700 tonnes entre 2012 et 2021. Ces achats frénétiques ont toutefois cessé en fin d’année dernière. Il se murmure que le pays continent préfère désormais accumuler du bitcoin… BitRiver, la plus grande ferme de mining de Russie, a révélé en février avoir reçu un lot de 20 000 machines représentant une puissance de 70 MWh, soit environ 0.50 % du hash rate du bitcoin à l’époque.

En effet, on voit mal comment la Russie pourrait rester aveugle au bitcoin qui est une solution de remplacement clef en main permettant de contourner le système de paiement occidental. Son allié iranien l’a d’ailleurs officiellement embrassé. Le pays de Cyrus a installé des fermes de mining dans trois centrales électriques et règle désormais ses importations en bitcoin !

Sage décision de la part des Perses qui n’ont pas oublié ce qui est arrivé à Sadam Hussein deux ans après avoir décidé de vendre son pétrole exclusivement en euros. Il fut exécuté dans la tradition texane (État de George W Bush), par pendaison, et cette barbarie a certainement incité plus d’un pays à ne pas remettre en question le petrodollar.

La Chine, le petrodollar et le Bitcoin

L’empire du milieu est déjà la plus grande économie du monde (à parité de pouvoir d’achat). Il suffirait que le yuan s’apprécie de 30 % face au dollar pour que le PIB Chinois surpasse celui de l’oncle Sam. Et pourtant, le yuan ne représente même pas 4 % des paiements dans le commerce international…

Fin 2019, le dollar représentait toujours 99 % des paiements de pétrole brut. Ce chiffre a probablement évolué depuis que la Chine brave l’embargo américain en achetant plus d’un million de barils par jour à l’Iran, en yuan.

Mais le fait est que ces chiffres ne reflètent pas du tout la dimension prise par la Chine dans le concert des nations. Et cela malgré le lancement en 2018, sur le Shanghai International Energy Exchange, de contrats de pétrole libellés en yuan.

Les volumes à Shanghai ont déjà dépassé ceux du Dubai Mercantile Exchange, et se rapprochent parfois de ceux du Brent de la mer du Nord. D’après Bloomberg, les volumes traités à Shanghai représentaient 10,5 % du volume mondial en juin 2020, contre 6,2 % deux ans plus tôt.

L’écart reste néanmoins béant, d’où le lancement du projet pharaonique des nouvelles routes de la soie. Il s’agit de créer des liens économiques forts avec le reste du monde afin que le yuan s’impose naturellement, sans avoir à marcher sur les platebandes américaines. Tout du moins dans un premier temps…

À ce titre, la réduction du commerce en dollar entre la Chine et la Russie s’est accélérée depuis 2019. La raison étant que la compagnie Rosneft a changé les contrats d’exportation de pétrole brut en euros. Par ailleurs, les livraisons de gaz naturel par le gazoduc Power of Siberia ont doublé depuis janvier, avec un débit de 10 milliards de m³/an. Dit autrement, nous devrions voir dans les chiffres du premier trimestre 2021 que la Russie a de nouveau fortement diminué la part du dollar dans ses exportations.

Tout se déroule comme prévu. Sergei Lavrov, fin mars, a d’ailleurs réaffirmé depuis Pékin la stratégie commune visant à « réduire leur dépendance au dollar ainsi qu’aux systèmes de paiement occidentaux ». Le ministre des Affaires étrangères russe faisait évidemment allusion au réseau SWIFT.

Pour en revenir au bitcoin, rappelons que la banque centrale chinoise l’a récemment adoubé :

« Nous pensons que le bitcoin devrait jouer un rôle majeur à l’avenir en tant qu’outil d’investissement ou investissement alternatif », a déclaré Li Bo, l’un des 7 gouverneurs de la BPoC. « Outil d’investissement« … Dit autrement : une monnaie de réserve internationale.

Les monnaies de réserve interantionales à travers les siècles

Seule une monnaie apatride, anti-inflationniste, indestructible et permissionless pourra prétendre être l’architecture du système monétaire international du 21ème siècle. Le combo dollar / réseau SWIFT ne sera pas remplacé par une chimère CBDC aux mains de la banque des règlements internationaux. Le futur se comptera en bitcoin et l’Iran, la Russie et la Chine seront probablement aux avant-postes.

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Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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