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Bitcoin : Le dollar creuse sa tombe en Ukraine

mar 15 Mar 2022 ▪ 18h30 ▪ 13 min de lecture - par Nicolas Teterel

De nouvelles alliances géopolitiques et monétaires se font derrière le brouillard de guerre ukrainien. L’hégémonie du dollar se fragilise et le bitcoin ronge son frein.

Qui sont les véritables commanditaires de la guerre en Ukraine ?

Avant d’analyser ce que ces relents de guerre mondiale signifient pour le bitcoin, il est crucial d’identifier ses véritables commanditaires. Nous rapportions il y a deux semaines que George Soros fut en grande partie responsable du coup d’État de 2014 avec le résultat que l’on connait.

Son organisation, « Open Society », est un paravent de la CIA chargée d’influencer les élections législatives européennes via le financement et la manipulation de centaines d’ONG qui préparent et assurent l’assistance idéologique à la politique étrangère belliqueuse de Washington.

Ces organisations sont diverses, mais il s’agit souvent de médias. Soros a des liens étroits avec une trentaine de médias, notamment le New York Times, le Washington Post, l’Associated Press (AP), CNN et ABC, qui lui permettent d’atteindre plus de 330 millions de personnes dans le monde.

Nous voyons aujourd’hui le résultat de ces milliards puisqu’une bonne partie de la presse occidentale ne parle pas des origines de la guerre en Ukraine. Pire, Russia Today (RT), le seul organe de presse russe en Europe, a été censuré. Vladimir Poutine a été immédiatement diabolisé et ses prises de parole ne sont jamais relayées.

Voici ce que le président russe a déclaré le 6 mars devant une délégation d’hôtesses de l’air risquant de perdre leur travail en raison de la fermeture de l’espace aérien européen aux compagnies russes :

« Il faut regarder les choses en face. Le coup d’État anticonstitutionnel en Ukraine a été malheureusement fortement soutenu par les pays occidentaux. Ils ne cachent même pas le fait qu’ils y ont consacré 5 milliards de dollars, sans parler des biscuits offerts sur la place Maïdan… »

Ces « biscuits » font référence à tuerie de la place Maïdan dont les détails refont surface grâce au documentaire italien « Guerra in Ucraina, le verità nascoste » qui fait la lumière sur la tuerie du 20 février 2014 (80 morts), place Maïdan.

Les réalisateurs du documentaire y révèlent que l’une des personnes ayant ordonné de tirer dans le tas fut Mamuka Mamulashvili, ancien conseiller militaire de l’ex-président géorgien Saakachvili. Ce dernier est un homme d’expérience dans le renversement de gouvernement puisqu’il s’était emparé de la présidence géorgienne suite à la « révolution des roses », également facilitée par des centaines d’ONG financées par les Américains.

Pour rappel, Mikheil Saakachvili tenta de réintégrer certaines régions sécessionnistes pro-russes pour finalement se heurter à l’armée russe le jour même de l’inauguration des jeux olympiques de Pékin de 2008. Saakachvili quittera la présidence du pays en 2013 et obtiendra la nationalité ukrainienne daux ans plus tard. Il deviendra dans la foulée gouverneur de la région ukrainienne d’Odessa…

Dans ce documentaire, le sniper Kvaratskelia Zalogy, ancien militant au service de l’ex-président géorgien Saakachvili, raconte :

« La révolution de Maidan fut similaire à la révolution des roses de 2008 en Géorgie. Ils ont voulu utiliser le même scénario. La première rencontre [en préparation du coup d’État en Ukraine] s’est déroulée avec Mamuka Mamulashvili dans les bureaux de son parti politique [Mouvement National] à Tbilissi ».

Un deuxième sniper ayant refusé de donner son nom lâche face caméra que M. Manulashvili leur a donné à cette occasion 1000 dollars pour se rendre à Kiev le 15 janvier 2014, avec de faux passeports, afin de « repérer des positions idéales pour des snipers ». 5000 dollars supplémentaires les attendaient là-bas.

Plus tard, le 15 février, cinq jours avant le massacre de Maïdan, Mamulashvili leur rendra visite avec un militaire américain qui allait devenir leur instructeur. Cet Américain est Brian Christopher Boyenger, un ancien sniper de la 101st Airborne division (USA) qui se battra par la suite dans le Donbas au sein du bataillon « Georgian Legion ».

La présence de cet Américain et l’implication d’un proche conseiller du président géorgien Saakachvili (ayant des liens étroits avec les États-Unis) viennent s’ajouter au faisceau d’indices apportés mardi dernier. Mis bout à bout, il ne fait absolument aucun doute que la guerre en Ukraine est orchestrée par les Américains.

Ajoutons à tout cela ce que l’universitaire américain Gordon M. Hahn a écrit en 2018 dans son livre « Ukraine Over the Edge » :

« Le sniper Ivan Bubenchik a reconnu avoir tiré sur Berkut [la police ukrainienne qui protégeait les bâtiments du gouvernement]. Bubenchik avoue dans le film documentaire “Brantsy”, réalisé par Vladimir Tikhii, avoir tiré et tué deux commandants de Berkut sur la place Maïdan. […] Bubenchik y déclare avoir agi après que le gouvernement ait mis le feu au bâtiment où lui et d’autres émeutiers s’étaient retranchés. Sauf que l’on apprendra plus tard que cet incendie fut en réalité déclenché par le parti néo-nazi ukrainien “Secteur droit” ».

Gordon M. Hahn fait dans son livre les mêmes conclusions qu’Ivan Katchanovski, de l’université d’Ottawa, auteur du papier « The Snipers’s Massacre on the Maidan in Ukraine ». À savoir que « le massacre [de Maïdan] fut un false flag, planifié et exécuté rationnellement dans le but de renverser le gouvernement et de s’emparer du pouvoir ». « Mon enquête a trouvé diverses preuves de l’implication d’une alliance d’organisations d’extrême droite, notamment le “Secteur droit”, un groupe paramilitaire fédérant plusieurs groupuscules d’extrême droite lors de l’Euromaïdan. »

Quel rapport avec le bitcoin ? Comprendre que les États-Unis sont les véritables commanditaires de cette guerre est primordial pour saisir ce qui se joue ici. Nous sommes à l’aube d’un nouvel ordre monétaire mondial et la Russie a saisi l’opportunité ukrainienne pour sonner la charge, ce à quoi les États-Unis ne s’attendaient pas forcément…

La fin du dollar

Le tango sino-russe ne cache plus son ambition de mettre un terme à l’insolente hégémonie monétaire américaine. En 2018, le tsar russe a par exemple liquidé 100 milliards de dollars. Aux dernières nouvelles, la part du yuan dans les réserves de change russes est désormais cinq fois supérieure à la moyenne internationale.

Moscou accumule également de l’or depuis 2008, la fameuse année où la FED s’est mise à faire tourner la planche à billets. L’Empire du Milieu a suivi la même stratégie et ne possède à présent plus que 3,5 % de la dette américaine. Voici ce qu’avait déclaré Xi Jinping à l’occasion du Forum des Nouvelles routes de la soie, en avril 2019 :

« Pour le peuple chinois, Poutine est un ami sincère depuis longtemps. Et pour moi, personnellement, Vladimir Vladimirovitch est un ami très proche. Il a contribué et continue d’apporter une contribution historique pour le renforcement de la collaboration stratégique entre nos deux pays et la promotion de la coopération bilatérale dans tous les domaines. […] J’apprécie notre sincère amitié, j’y suis attaché. »

La Russie est loin d’être isolée. Non seulement la Chine, mais de nombreux autres pays rejoignent cette fronde monétaire et démantèlent discrètement leur arrimage au dollar. L’Iran, le Nigeria, la Corée du Sud, le Bangladesh, le Pakistan, les Philippines, l’Indonésie, le Vietnam, le Venezuela, la Turquie ont déjà sauté le pas.

Le temps où les États-Unis pouvaient imprimer des dollars gagés par des chasseurs F-18 et des tanks Abrams est en passe d’être révolu. Le racket de l’après-1971 basé sur le pétrodollar et leur recyclage dans la dette américaine touche lentement à sa fin.

Le monde est fatigué de cette aide inversée au bénéfice d’un pays qui consomme et gaspille de manière indécente à l’heure où nous devrions prendre conscience des limites de la croissance et de la catastrophe du réchauffement climatique. Soit dit en passant, le dernier rapport du GIEC vient de sortir dans un silence abasourdissant…

La guerre en Ukraine s’avérera in fine être un accélérateur de la dédollarisation. La Biélorussie vient d’ailleurs d’annoncer qu’elle allait, avec la Russie, abandonner le dollar pour le paiement de son énergie. Mauvaise nouvelle pour le billet vert puisque l’UE règle près de la moitié de ses importations en dollar (données de 2020).

Pouvoir payer ses importations dans sa propre monnaie devrait être une aubaine pour l’UE. Sauf que le ministre des Affaires étrangères russe a l’intention de nous faire payer trois fois plus pour le pétrole et le gaz. Un baril de pétrole à 300 $…

Le prix spot du gaz est en hausse de 1000 % alors que la Russie respecte pour l’instant ses livraisons à l’Europe… Le ministre des Finances allemand Robert Habeck a déclaré ce lundi qu’un boycott complet du gaz et du pétrole russe provoquerait un « chômage ainsi qu’une pauvreté de masse ».

gazprom natural gas shipments to eu via ukraine
« Exportations de gaz russe vers l’Europe via les gazoducs ukrainiens »

De manière tout aussi intéressante, notons que le troisième plus grand importateur de pétrole au monde, l’Inde, étudie les moyens d’acheter du pétrole russe à prix très réduit en roupie. Autre signe qui ne trompe pas, l’Arabie Saoudite vient d’inviter le président Xi Jinping à visiter le royaume. Ceci ne veut dire qu’une chose : Ryad est prêt à ne plus accepter exclusivement le dollar en paiement pour son or noir.

Même la Turquie est entrée dans la danse. Le président Erdoğan a dit à Poutine que leurs pays pourraient commercer en utilisant le rouble et le yuan. « Nous pouvons le faire avec de l’or », aurait-il suggéré.

Dit autrement, le sol est en train de se dérober sous les pieds de l’Occident alors que l’on croyait tenir la dragée haute en déconnectant la Russie du réseau SWIFT ainsi qu’en gelant ses réserves de change. L’idée était qu’elle s’effondre économiquement avant de pouvoir mettre un nouveau système en place, en espérant par ailleurs que le reste du monde cesse de commercer avec la Russie.

Ces calculs se révèlent déjà faux. Pour plusieurs raisons. La première est que nous atteignons des pics de productions d’énergie fossile partout dans le monde. Il est donc désormais impossible de se passer de l’énergie russe sans provoquer une inflation massive partout dans le monde.

Deuxièmement, des systèmes jumeaux au réseau SWIFT existent déjà. La Russie et la Chine ont leurs propres systèmes auxquels n’importe quelle banque centrale peut se connecter. En 2021, environ 1 288 banques présentes dans plus de 100 pays étaient déjà connectées au système chinois CIPS (Cross-Border Interbank Payment System). À comparer avec les 11 000 banques connectées au réseau SWIFT dans deux fois plus de pays.

Financial institution admitted as CIPS members
Source : CIPS.com / En février 2022, la CIPS comptait 1 288 participants, dont 76 participants directs et 1212 participants indirects.
Parmi les participants indirects, 936 participants viennent d’Asie (dont 540 de Chine continentale), 164 d’Europe, 43 d’Afrique, 29 d’Amérique du Nord, 23 d’Océanie et 17 d’Amérique du Sud, couvrant 104 pays et régions du monde.

La Chine avance vite et ne ménage pas ses efforts pour internationaliser sa monnaie. C’est d’ailleurs à travers ce prisme qu’il faut analyser le projet des Nouvelles routes de la soie (« One Belt, One Road »). Nous ne parlons pas ici de quelques caravanes transportant des soieries, des tapis persans ou des épices. Le projet est titanesque puisqu’il est prévu de connecter 4,4 milliards d’humains et 65 pays et dont les sous-sols contiennent la majeure partie des ressources énergétiques connues. Et ça, l’Occident en a très peur…

Tout cela étant dit, le yuan ne damera probablement pas le pion au dollar. N’oublions pas que la Chine communiste se sert de sa monnaie comme d’un outil totalitaire relié à une identité numérique, elle-même reliée à un crédit social. Cette monnaie « conditionnée » permet un contrôle total de la population et l’on imagine bien que le reste du monde ne veut pas tomber de Charybde en Scylla.

Pour toutes ces raisons, le bitcoin est amené à jouer un rôle de plus en plus grand dans la finance internationale. Les Américains n’accepteront jamais de commercer en yuan si bien qu’une monnaie parfaitement apatride comme le BTC fait parfaitement sens.

Le bitcoin est une monnaie que personne ne peut bloquer en plus d’exister en quantité absolument limitée. Ses transferts quasiment gratuits et instantanés lui permettront bientôt d’éclipser l’or et devenir la pierre angulaire du système monétaire international.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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