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Le Japon boude le dollar et fait le jeu du Bitcoin (BTC)

Le Japon rechigne de plus en plus à financer le déficit budgétaire des États-Unis. Cette perte de confiance d’un si proche allié dans la dette US est du pain béni pour le bitcoin.

Le gouvernement japonais boude la dette US

Bloomberg rapporte que le fonds de pension gouvernemental du Japon (le plus grand du monde / 1700 milliards $) a réduit la part de la dette américaine. Elle est passée au cours de l’année passée de 47 % à 35 % du total des investissements dans les dettes étrangères.

Le pays du soleil levant a préféré augmenter son exposition aux dettes italienne, française et allemande. Étonnant quand on sait que ces pays servent des taux d’intérêt faméliques, voire négatifs. Le taux à 10 ans allemand est par exemple de -0.50 %. Dit autrement, les Japonais paient les Allemands pour leur prêter de l’argent…

Tout cela étant dit, la portion de la dette européenne dans le portefeuille du fonds japonais n’a augmenté que de 1.7 % (46 milliards d’euros en tout). Le gros de la réallocation s’est fait dans des actions boursières.

Par ailleurs, si la part relative de la dette US a reculé, elle a tout de même augmenté en volume. Le fonds en a gobé pour 1100 milliards de yens au cours de l’année passée. Soit 10 milliards $ de plus pour un total d’environ 159 milliards $.

Parts des différentes dettes étrangères dans le fonds de pension gouvernental du Japon
Orange : part de la dette US dans les détentions de dettes étrangères en mars 2021
Bleu : part de la dette US dans les détentions de dettes étrangères en mars 2020

Bloomberg souligne que le ralentissement des achats de dette US a probablement commencé en milieu d’année dernière. Ils se sont même sérieusement tassés à partir de la fin du mois de janvier 2021. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les taux d’emprunt US ont monté à la même période. Le taux d’emprunt à 10 ans US est en effet passé de 0.50 % à 1.70 %

Ce renchérissement du loyer de l’argent s’est finalement calmée. Le taux à 10 ans est autour de 1.20 % au moment d’écrire ces lignes. On pourrait donc penser que les nippons ont repris leurs achats mais le stratégiste Ayako Sera (de la banque Mistui Trust) pense que « l’attractivité de la dette US va continuer à décliner ».

Le crépuscule du dollar

N’est pas pour demain matin. Mais c’est un fait que la part du billet vert ne cesse de péricliter dans les réserves de change des banques centrales. D’après le FMI, elle est repassée sous la barre des 60 % pour la première fois depuis 1996. Son hégémonie n’a cessé de s’étioler – en tandem avec le Dollar Index – depuis son plus haut à 70 % en 2001.

Cette tendance est lente mais ne risque pas de s’inverser étant donné que la FED ne peut plus relever les taux. S’y risquer, avec une dette dépassant largement les 100 % du PIB, serait du suicide.

Si les taux d’emprunt des États-Unis venaient à remonter durablement, cela ne voudra dire qu’une chose : plus aucun pays ne veux leur prêter de l’argent. Il s’ensuivra alors très rapidement un défaut sur la dette plus ou moins contrôlé (comme en Grèce ou au Liban).

L’inflation est une autre façon déguisée de faire défaut sur sa dette. C’est d’ailleurs cette option qui a été choisie. La hausse des prix atteint plus de 5 % par an aux États-Unis et la tendance de ces derniers mois suggère même que nous nous dirigeons vers 10 % d’inflation.

Rappelons que le dollar a déjà perdu 96 % de sa valeur depuis la création de la FED… Son pouvoir d’achat ne tient plus qu’à une goutte de pétrole. Il suffirait que les pays producteurs d’or noir décident d’accepter d’autres monnaies que le dollar (yuan, euro, roupie indienne ?) pour qu’il s’effondre.

Mais cela ne se fera probablement pas sans heurts. Le budget militaire de l’oncle Sam (environ 700 milliards $ par an…) est là pour maintenir le statu quo au Moyen-Orient…

Evolution du pouvoir d'achat du dollar depuis la création de la FED

Et après ?

Une autre monnaie devra émerger pour régler le commerce international qui ne s’arrêtera pas pour autant. L’or s’est toujours imposé comme la seule véritable monnaie pendant les guerres et les crises monétaires.

A ce titre, n’oublions pas que la Chine a probablement réussi à accumuler environ 20 000 tonnes d’or. Soit le double des États-Unis qui souffrent en plus d’une balance commerciale chroniquement déficitaire (-75 milliards par mois). Un retour au Gold Standard signifierait donc la perte de tout leur or en moins d’une décennie.

La boulimie chinoise laisse fortement penser que le Gold Standard fera bientôt son grand retour. Sans parler de la Russie – grand producteur d’énergie et de matières premières – qui a adopté la même tactique. La banque centrale russe s’est débarrassée de 95 % ses dollars l’année dernière.

C’est bien simple, les stocks d’or des banques centrales se sont remis à grossir à partir de 2010, dans le sillage de l’explosion de Wall Street (crise des subprimes). Le début du « Quantitative Easing » de la FED (planche à billets) a remis le métal au goût du jour après plusieurs décennies de ventes nettes.

Mais gageons que le bitcoin saura tirer son épingle du jeu. Dans un monde où les rééquilibrages des balances commerciales s’annoncent brutaux, de nombreux pays voudront être payés rubis sur l’ongle. Et alors que la relique barbare est extrêmement coûteuse à déplacer, le Bitcoin peut lui se téléporter quasiment gratuitement.

Et cela sans que Washington ne puisse rien faire pour interdire physiquement ces transactions (beaucoup de pays gardent leur or à New York…). L’Iran paie déjà ses importations en bitcoin pour contourner les embargos US et européen. Ce blocus s’est traduit par la déconnexion de la banque centrale iranienne du réseau SWIFT qui noyaute toutes les transactions internationales.

Terminons avec un peu de théorie des jeux en soulignant qu’il est peu probable que les Américains acceptent que le yuan devienne la nouvelle monnaie internationale via un retour du Gold Standard. En revanche, peut-être accepteront-ils de jouer à armes égale en mettant une monnaie apatride au centre du système monétaire international. Le bitcoin.

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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