Le spectre de l'hyperinflation fait monter le Bitcoin (BTC)

mer 27 Oct 2021 ▪ 15h00 ▪ 10 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le bitcoin recule de 10 % depuis son ATH mais reste en hausse de 40 % sur les 30 derniers jours. Nous restons au contact des 60 000 $, notamment grâce au CEO de Twitter qui a prononcé le mot tabou...

« Hyperinflation »…

« L’hyperinflation va tout changer, on y est », a déclaré Jack Dorsey ce weekend.

En effet, les prix ont augmenté de 5.4 % cours de l’année passée aux États-Unis. On avait plus vu ça depuis 30 ans. Dit autrement, les Américains verront leur pouvoir d’achat fondre de 50 % en seulement 7 ans si l’inflation continue sur ce rythme.

Le président de la FED Jerome Powell a fini par lâcher que « l’inflation est bien plus élevée que l’objectif de 2 %« . Fallait-il s’attendre à autre chose après avoir gonflé la quantité de dollars de 40 % en deux ans ?…

La secrétaire au Trésor Janet Yellen s’est également fendue d’une déclaration peu rassurante : « je ne pense pas que nous allons perdre le contrôle de l’inflation ». Même JP Morgan a lancé que le « bitcoin s’apprécie à cause de l’inflation ».

Michael Saylor estime pour sa part que la véritable inflation est entre « 15 et 20 % par an ». La raison étant que le calcul du taux l’inflation officiel se base sur un panier de biens et de services qui n’inclut pas le logement, l’éducation universitaire, les titres boursiers, les œuvres d’Art, voire même les prix de l’énergie et de l’alimentation :

« Ce taux d’inflation est prêché si souvent que la population l’a intériorisé. Les gens croient que l’inflation est de 2 %. Ils se disent que le taux d’intérêt est à 0 % et qu’ils souffrent donc d’un rendement réel négatif de -2 % sur leur épargne. Ils pensent que leur pouvoir d’achat chute de moitié après seulement 35 ans. Sauf que la FED est passée de 7% d’inflation monétaire (stock de dollars) par an à une inflation monétaire de 20 % par an. On essaie d’éteindre le feu avec de l’essence. »

L’Europe de l’ouest n’est pas en reste puisque la banque d’Angleterre s’attend à plus de 5 % d’inflation en 2022 (officiellement…). Elle atteint déjà 3.4 % dans la zone euro (chiffre qui sera sûrement révisé en hausse à 3.7 % ce jeudi), au plus haut depuis 13 ans. En cause : le prix de l’énergie qui sous-tend tous les autres prix et la déstabilisation de la chaîne d’approvisionnement.

Les prix à la production en Espagne sont en hausse de 23,6 % d’une année sur l’autre (un record datant de 1977). Pareil en Allemagne où les prix à la production sont au plus haut depuis 50 ans (+ 14,2%). Le prix du litre d’essence est au plus haut depuis près de 10 ans outre-Rhin : 1.73 euro.

Voici ce que Max Keiser avait à dire sur l’inflation au micro de RT ce lundi (pour les anglophiles) :

Le véritable étalon monétaire, c’est le joule

Le pétrole reste de loin la principale source d’énergie primaire consommée dans le monde (31% en 2020). Son retour au plus haut depuis 2014 (80 $ le baril) ne se fera certainement pas sans heurts. De même que l’envolée du prix du gaz qui représente 22 % de l’énergie primaire consommée en 2020.

L’Europe est le théâtre d’un poker menteur sur fond de tensions géopolitiques et voici la version de Vladimir Putin sur le sujet :

« La hausse du prix du gaz en Europe est tout d’abord liée à la baisse de la production dans les pays producteurs de gaz. La production en Europe a chuté de 22,5 milliards de mètres cubes au cours des six premiers mois [sur une consommation totale de 470 milliards de mètres cubes en 2019, pour la comparaison]. Deuxièmement, les stocks de gaz ont été sous-remplies de 18,5 milliards de mètres cubes sur les six premiers mois de l’année. Soit 37 milliards de m³ sur un an. Ajoutez à ça le fait que les compagnies américaines et du Moyen-Orient ont redirigé 9 milliards de /an depuis le marché européen vers l’Amérique latine et l’Asie.

Soit un déficit annuel d’environ 70 milliards milliards de m³ , ce qui est beaucoup. Mais la Russie n’est en rien responsable de cette situation. Au contraire, nous avons augmenté nos livraisons de 8,7 % (11 milliards de m³ /an) vers l’europe. »

A dire vrai, la Russie pourrait faire plus, notamment via le pipeline qui transite par l’Ukraine. Le Kremlin s’y refuse pour faire pression sur Kiev et s’assurer que le pipeline flambant neuf Nord Stream II soit complété, entres autres objectifs géopolitiques. Le président russe a concédé que 17.5 milliards de /an (sur un débit théorique total de 55 milliards de /an) pourraient être garantis du jour au lendemain via Nord Stream II. La Russie tient toutefois à signer des contrats de long terme afin d’investir dans l’augmentation de sa production l’esprit tranquille.

Bref, la Russie reste le 1er fournisseur de gaz de l’UE (43%) alors que la production du vieux continent s’effondre (pic atteint aux Pays-Bas) et que ses stocks sont au plus bas depuis dix ans…

L’une des conséquences très fâcheuse est la multiplication par trois du prix de l’engrais azoté (dont le gaz constitue la matière première et 80 % du prix de production). Il faut donc s’attendre à ce que les prix alimentaires continuent de grimper et que le mot « hyperinflation » reste dans toutes les bouches averties.

Bonus : prix du gallon d’essence à la pompe aux États-Unis (1 gallon = 3.8 litres) :

prix du litre d'essence ETats-Unis depuis 2019
Gas price = essence à la pompe

Chine, Mastercard, taxe sur les gains non réalisés…

L’inflation est clairement la raison principale derrière l’appréciation du bitcoin, et la déstabilisation de la chaîne d’approvisionnement n’arrangera rien. Le Covid continue de servir de prétexte pour enrayer la logistique mondiale et provoquer cette inflation si précieuse à l’allégement du poids de la dette par la spoliation du pouvoir d’achat des masses.

Mais d’autres nouvelles sont venues influencer la valeur du bitcoin ces derniers jours, notamment la Chine. Cointelegraph rapporte que la commission nationale du développement et des réformes a lancé une consultation populaire à propos du bannissement de l’industrie du mining de BTC…

Une question vient alors tout de suite à l’esprit : l’interdiction du bitcoin fut-elle un appât pour inciter les régulateurs US à embrasser la monnaie qui s’annonce comme le remplaçant du dollar en tant que monnaie de réserve internationale par excellence ?

Quoi qu’il en soit, le populaire sénateur républicain Rand Paul y croit : « le bitcoin pourrait devenir la monnaie de réserve du monde ».

Autre bonne nouvelle, MasterCard vient d’annoncer un partenariat avec Bakkt pour permettre aux banques et commerces d’accepter le bitcoin en paiement. Nous parlons ici de milliers de banques et de millions de commerces raccordés au bitcoin…

Est-ce que Mastercard (une entreprise parasite qui siphonne entre 1 % et 3 % de chaque transaction réalisée par carte) pourra tenir la distance avec le Lightning Network ? Probablement pas. Mais à l’instar des ETF vides de Bitcoin, tout est bon à prendre pour consolider le rôle de réserve de valeur absolue et universelle du bitcoin.

Soit dit en passant, les investisseurs particuliers n’ont représenté qu’environ 12 à 15 % des achats nets de l’ETF ProShares au cours des deux premiers jours de négociation (1 milliard $ en volume de transactions lors du premier jour, un record).

Nous sommes également à un cheveu d’un record pour le hashrate du BTC qui s’affiche en hausse de plus de 30 % depuis juillet dernier. Autre donnée intéressante: le nombre de bitcoins sur les exchanges est au plus bas depuis août 2018:

Terminons avec Janet Yellen qui souhaite « taxer les gains non réalisés » (pour les hyper-riches). Ceci n’est qu’une autre façon d’introduire le « taux négatif » sur l’épargne. Le taux négatif est absolument nécessaire pour ponctionner l’épargne, réduire la masse monétaire et ainsi réduire le risque d’hyperinflation. De bon augure pour le bitcoin qui ne souffrira jamais de taux négatif…

D’ailleurs, les régulateurs américains de la FDIC réfléchissent à permettre aux banques traditionnelles de détenir des bitcoins qui pourront être utilisés comme garantie pour les prêts ! Bonne ou mauvaise nouvelle ? Hum..

Suivez de près cette semaine le PIB US, les prix immobiliers ainsi que les décisions de politique monétaire des banques centrales du Canada, du Japon et de la Zone Euro.

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Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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