Terra (LUNA) : Pourquoi la SEC s’attaque au Protocole Mirror (MIR) ?

mar 28 Déc 2021 ▪ 9h30 ▪ 7 min de lecture - par Emile Stantina

Depuis un petit moment déjà, le régulateur américain, la Securities and Exchange Commission, essaie de mettre un peu d’ordre au sein de l’industrie des cryptomonnaies. Du fait de sa décentralisation, aucune entité centrale ne régule ce nouveau marché. Mais pour quelles raisons le régulateur américain s’intéresse-t-il aux cryptoactifs ? Il peut être question de protéger les marchés et entreprises traditionnelles. Ou d’éviter les abus et les débordements de certains qui souhaiteraient profiter de ce manque de régulation par exemple. Après la cryptomonnaie Ripple, la SEC souhaite étudier de plus près le cas de Terra et plus précisément du protocole Mirror.

Effectivement, la SEC a déposé une assignation à comparaître contre l’entreprise fondatrice Terraform Labs et son CEO, Do Kwon. Qu’est-ce que Terra et le protocole Mirror ? Et pour quelles raisons le régulateur américain s’attaque-t-il à cet écosystème ? Nous le découvrirons dans cet article.

Terraform Labs & Do Kwon

En janvier 2018, Terra a été fondée par la société Terraform Labs dont Do Kwon est le PDG. Avec l’aide de Daniel Shin, ils publient un livre blanc en avril 2019 pour favoriser la stabilité et l’adoption des cryptomonnaies dans le monde.

Avant de fonder Terra, Shin a cofondé et dirigé Ticket Monster, également connu sous le nom de TMON, une importante plateforme de commerce électronique sud-coréenne. Kwon a précédemment fondé et occupé le poste de PDG d’Anyfi, une startup fournissant des solutions de réseau maillé sans fil décentralisées. Il a également travaillé comme ingénieur logiciel pour Microsoft et Apple.

Le projet Terra

Terra est un protocole blockchain qui utilise des stablecoins à ancrage fiduciaire pour supporter le développement d’infrastructures pour la finance décentralisée. Les liquidités stables permettent de soutenir ce projet, comme son jeton natif TerraUSD qui est un stablecoin. Le second jeton de l’écosystème, LUNA permet de stabiliser le prix des pièces stables du protocole.

Le développement sur Terra a débuté en janvier 2018 et son réseau principal a été officiellement lancé en avril 2019. Depuis septembre 2021, le protocole propose des stablecoins indexés sur le dollar américain, le won sud-coréen et le tugrik mongol. Il a l’intention de déployer de nouvelles solutions dans les mois à venir.

Selon le livre blanc du projet, Terra souhaite combiner la stabilité des prix et l’adoption généralisée des monnaies fiduciaires. Le projet s’appuie sur la résistance à la censure de Bitcoin et propose des règlements rapides et à moindre coût.

Le protocole Mirror

Le protocole Mirror fait partie de la finance décentralisée, créé par la société Terraform Labs sur la blockchain Terra. Il utilise les contrats intelligents pour offrir l’opportunité à ses utilisateurs de créer ou de posséder un actif synthétique. Dans cet écosystème, les actifs en question sont appelés des Mirrored Assets (mAssets) pour des actifs miroir en quelque sorte. L’actif synthétique reproduit le mouvement du prix des valeurs du marché traditionnel.

Ce protocole blockchain permet à n’importe qui depuis n’importe où d’acheter des valeurs du monde entier et de s’exposer à son prix. Les actifs synthétiques jouent un rôle important. Les contrats intelligents permettent d’apporter les valeurs sur le marché de la finance décentralisée.

La solution : fractionner les actifs en question. C’est bien là l’innovation de ce protocole, aujourd’hui si un acheteur veut investir, il doit obligatoirement acheter le prix minimum d’une action. Ici, en l’occurrence grâce à la blockchain et les actifs synthétiques il est possible d’en obtenir des fractions. Elles vont nous permettre de retranscrire les mouvements du prix adossés à un actif précis.

L’assignation de la SEC

La SEC dépose une assignation à comparaître contre Terraform Labs et son PDG, Do Kwon, le 12 novembre 2021. Le régulateur américain a annoncé avoir intenté une action contre la société et son créateur. Le but étant d’obtenir une ordonnance pour se conformer aux précédentes demandes pour disposer des documents et des témoignages.

Terraform Labs a lancé le protocole Mirror en 2020, grâce auquel les utilisateurs peuvent créer et échanger des actifs numériques appelés mAssets. Ils « reflètent » le prix des titres américains et obtenir les « tokens de gouvernance » de Mirror appelés jetons MIR.

Selon le dépôt de la SEC auprès du tribunal de district des États-Unis pour le district sud de New York, elle enquête pour savoir si Terraform Labs et Kwon ou d’autres ont enfreint les lois fédérales sur les valeurs mobilières. Notamment sans enregistrer l’offre ou la vente de titres effectuées via des « swaps » en dehors d’une bourse de valeurs nationales. L’entreprise pourrait être considérée comme courtier, négociant ou société d’investissement qui réalisent des transactions sur titres non enregistrées.

L’enquête

Sur la base de l’enquête en cours, la SEC a des raisons de croire que l’entreprise Terraform Labs et son dirigeant ont participé à la création, à la promotion et à l’offre de vente massive de tokens MIR à des investisseurs américains.

Cependant, à la suite des nombreuses réclamations du régulateur américain, l’entreprise et M. Kwon ont refusé de fournir la production de certains documents et témoignages. La demande de la SEC vise à obtenir une ordonnance du tribunal ordonnant Terraform Labs et M. Kwon de justifier des raisons pour lesquelles le tribunal ne devrait pas les obliger à produire les documents requis par les citations à comparaître et obliger Kwon à comparaître pour témoigner.

Conclusion

La demande sollicite en outre une ordonnance du tribunal. Elle fait suite à sa décision sur l’ordonnance de justification. Elle ordonne à Terraform Labs et à Kwon de se conformer pleinement aux assignations à comparaître. La SEC poursuit son enquête et, à ce jour, n’a pas conclu qu’une personne ou une entité a enfreint les lois fédérales sur les valeurs mobilières.

Il est certain qu’aujourd’hui aucune régulation n’entoure l’industrie des cryptomonnaies, ni même les actifs synthétiques. Cependant, on pourrait se poser la question suivante : la spéculation associée à des actifs traditionnels grâce à la blockchain pourrait-elle être autorisée sans l’approbation de la société en question ?

Retrouvez ici, l’extrait officiel du litige rédigé par la SEC.

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Emile Stantina

"Stan – « Chancellor on brink of second bailout for banks » L’homme solitaire pense seul et crée des nouvelles valeurs pour la communauté "

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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