Se connecter S'abonner

BIS, Bitcoin (BTC) et Big Tech – Le Choc des Titans

La banque des règlements internationaux (BIS) a envoyé Agustín Carstens et Benoît Coeuré se frotter aux émissaires de la Tech lors du Festival de la FinTech de Singapour. Le ton fut cordial mais la banque était là pour bien signifier qu’elle ne se laissera pas déborder par l’assaut des sociétés technologiques sur les systèmes de paiement.

Les banquiers mettent de l’eau dans leur vin

Agustín Carstens est le « Chairman » de la BIS. Ce dernier avait déclaré en 2018 :

« Mon message à la jeunesse : arrêtez d’essayer de créer de l’argent »

« Le Bitcoin (BTC) est à la fois une bulle, un ponzi, ainsi qu’un désastre environnemental »

Benoît coeuré avait eu tout autant de politesse pour le chef d’œuvre de Satoshi Nakamoto :

« Le Bitcoin est le rejeton maléfique de la crise de 2008 »

Voilà pour la présentation des deux comparses dont la présence en première ligne face à l’industrie IT pour défendre les intérêts de leur caste ne surprendra pas.

C’est avec un plaisir non dissimulé que nous avons pu les entendre faire leur mea culpa et ravaler leur arrogance. Comme s’ils avez bien conscience qu’ils pourraient bien un jour finir par se faire avaler par la Big Tech.

Cette soudaine humilité très inhabituelle pour les banquiers n’est pas non plus étrangère au fait qu’ils sont assis sur une dette stratosphérique potentiellement mortelle…

Ce n’est pas un hasard si la capitalisation boursière des banques européennes a fondu de 90 % depuis 2008… L’action de la plus grande banque du vieux continent, la Deutsche Bank, ne vaut même plus 10 euros…

eurostoxxbank
EUROSTOXX Bank (Indice représentant la capitalisation boursière des banques européennes)

Aux États-Unis, le secteur bancaire ne représente plus que 10 % de la capitalisation de l’indice S&P500 contre 35 % pour la Tech (Google, Facebook, Apple, Microsoft, IBM, etc). Le rapport de force est clairement en train de changer de camp…

Les banquiers savent que leur système d’esclavage usurier est sur le point d’imploser. Pourquoi ? Parce que dans un monde où la production de pétrole diminue, la croissance diminue aussi. Or, il est impossible de rembourser la dette sans croissance…

Pour ceux qui n’étaient pas au courant, sachez que nous avons franchi le pic de pétrole conventionnel en 2008. Et il y a de grandes chances que nous ayons franchi le pic « tous pétroles » il y a deux ans déjà…

Quand le banquier se réfugie dans les jupons du politique

Le Bitcoin, l’arrivée de la Big Tech dans le monde de la Finance et son ambition de créer sa propre monnaie ont été un électrochoc qui nous pousse à l’action” a déclaré Agustín Carstens qui a apparement saisi que son monopole est menacé.

Le Chairman de la BIS s’est même senti obligé de concéder que “les banques centrales et leurs monnaies bénéficient de la participation de l’État dans le processus”. Quel aveu de faiblesse pour ces banques qui se targuent d’être « INDÉPENDANTES ». Croustillant.

Mieux encore, le banquier s’est emballé en déclarant que la monnaie fiat était adossée à deux piliers que sont l’or et le « soutien fiscal » des États. Là encore, le banquier se réfugie craintivement derrière la puissance publique…

Pour ce qui est de l’or, il est vrai que les banques centrales en détiennent. Mais si la monnaie fiat était réellement adossée à l’or, nous serions dans un régime Gold Standard. Les balances commerciales seraient alors réglées en or. Mais à l’évidence, cela fait un certain temps que ce n’est plus le cas, même si la Chine aimerait bien le remettre au goût du jour.

D’autre part, la valeur des stocks d’or devrait évoluer de manière proportionnelle à la quantité de monnaie imprimée. Pourtant, le prix de la relique barbare n’a que doublé depuis 2008. Il est passé de 900 $ l’once à environ 1900 $ pendant que le bilan de la FED/BCE a lui été multiplié par SEPT.

Bilan de la FED
Bilan de la FED (en milliers de milliards)

Est-ce que cela aurait un lien avec le fait que la JP Morgan et tout un cartel de banques aient manipulé le prix de l’or pendant une décennie ?… Quoi de plus commode que de maintenir le prix de l’or à la baisse pour éviter que nous nous rendions compte de l’énorme inflation ambiante !

La monnaie de la Tech

Après ces petites concessions qui feront sourire les connaisseurs, le banquier a lâché quelques biscuits à propos du cœur nucléaire du système bancaire.

Remontant aux origines des banques, Agustín Carstens a rappelé que la monnaie a d’abord été de l’or avant de se transformer en papier. Les premières banques gardaient alors dans leurs coffres autant d’or qu’elles imprimaient de papier. Seulement, certains banquiers cupides se sont mis à imprimer plus de papier qu’ils n’avaient d’or…

C’est pour éviter l’écueil de l’avidité humaine que des règles ont depuis été gravées dans le marbre. Ce sont les fameuses règles de Bâle, du nom de la ville hôte de la banque des règlements internationaux. C’est cette dernière qui, pour faire court, décide combien de monnaie papier les banques peuvent imprimer compte tenu de leurs réserves d’or. Dit autrement, il s’agit des règles du système de “réserve fractionnaire” où l’or est en réalité ce que l’on appelle de la “monnaie centrale”. Dans ce système, les banques ne possèdent qu’une « fraction » de l’argent qu’elles doivent à leurs clients. D’où son nom.

(Petite publicité : lisez mon livre, Les esclaves de l’anthropocène, si vous souhaitez creuser le sujet)

Pour Carstens, il est très difficile de faire tenir un tel système en place. En effet, l’Histoire est remplie de faillites bancaires (de banquiers trop cupides)… D’où sa crainte que les créateurs de stablecoins en émettent trop par rapport à l’argent qu’ils détiennent véritablement dans leurs coffres.

Les créateurs du célèbre Tether – un stablecoin adossé au dollar – sont par exemple fortement soupçonnés d’émettre plus de Tethers qu’ils n’ont de dollars en réserve. Et le patron de la BIS sait parfaitement comment ce petit jeu se termine…

Si le but des stablecoins est de permettre à la Tech de créer de la monnaie, nous serons alors en présence de systèmes de réserve fractionnaire adossés à des systèmes de réserve fractionnaire. Des shitcoins au carré pour le dire autrement…

Stablecoins vs SWIFT

Pour Carstens, les stablecoins pourront tout au plus servir à remplacer le vieux réseau SWIFT par lequel transitent toujours les transferts bancaires internationaux. En revanche, il n’est pas question que les transferts bancaires ne soient pas compensés au niveau des banques centrales.

Traduction : « n’essayez pas de marcher sur nos plates-bandes ».

Concernant le CBDC en tant que monnaie à part entière (ouverture d’un compte auprès de la banque centrale pour chaque citoyen), le chairman a quasiment botté en touche, bien au fait qu’une telle usine à gaz serait impossible à gérer pour une banque centrale.

Et puis, disons les choses… Toute cette histoire de CBDC est surtout un écran de fumée pour accélérer la fin du cash…

Même son de cloche lors de l’interview de Benoît Coeuré qui a déclaré en gros que la FinTech pouvait bien faire ce qu’elle voulait tant que la compensation des transferts d’argent reste l’affaire des banques centrales.

Il a laissé entendre qu’il y avait une place à prendre pour la FinTech au niveau des transferts de paiement internationaux (en remplaçant SWIFT). Et aussi que les CBDC pourraient jouer un rôle au niveau de « l’inclusion financière » des pays en développement.

Inclusion financière… C’est l’expression à la mode dans le cercle des globalistes. La FInTech a l’ambition de coloniser les pays en développement afin d’endetter quelques milliards d’humains supplémentaires. Ou tout du moins d’en contrôler les systèmes de paiement. Ça, peut-être que banquiers et Techs le feront effectivement main dans la main…

Benoît Coeuré a brièvement parlé de l’imbrication de l’identité digitale dans les CBDC avant de finalement mettre la question épineuse des datas et de la vie privée sur le tapis. Très clairement, ils ne savent pas comment créer un CBDC permettant des paiements anonymes. Le veulent-ils vraiment de toute façon…

Nous assistons à un choc de titans. L’industrie technologique essaie de tailler des croupières à des banques récalcitrantes et confiantes d’avoir les politiques de leur côté. Cet affrontement promet d’être épique. Et à la fin, c’est le Bitcoin qui brillera…

Plus d’actions
Partagez

( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

DISCLAIMER
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
Back To Top

Newsletter

Recevez le meilleur de l’actualité Crypto dans votre boite email

Inscription Newsletter

Archives

Lire les dernières Newsletters
Cliquez ici

Coaching Gratuit

Obtenez gratuitement un coaching
d'une heure avec un expert
Remplissez le formulaire
et notre expert vous contactera 
sous 24 heures

© Copyright Cointribune - tous droits réservés

Agence Tempo