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Jthereum, développer vos smarts contracts Ethereum en Java !

Aujourd’hui, pour cette première interview internationale, nous accueillons Anton Mozgovoy, Advisor du projet Jthereum, qui ravira nombre de développeurs.

Bonjour Anton, pouvez-vous vous présenter ? 

Oui, je m’appelle Anton Mozgovoy et je suis un serial entrepreneur. Je suis issu du secteur bancaire et j’ai eu la chance de travailler pour une grande banque canadienne par le passé. J’ai également travaillé dans une start-up évaluant les risques-clients avant de quitter ce monde progressivement vers 2015. Je commençais alors à entendre parler dEthereum (ETH), la communauté à Toronto était à l’époque déjà bien développée. Comme beaucoup, je n’ai pas immédiatement saisi le potentiel de cet océan bleu qu’est la blockchain. Fin 2016, après m’être renseigné, j’ai commencé à expérimenter dessus et en 2017 j’ai lancé Humaniq.

Anton Mozgovoy, PDG de Humaniq et Advisor de Jthereum

Peux-vous nous en dire un peu plus sur Humaniq ? 

L’idée d’Humaniq était de prendre les meilleures technologies existantes pour faciliter les paiements internationaux. Évidemment c’est un enjeu de taille mais nous avons bien travaillé et avons été choisi pour pitcher à TechCrunch en 2018 ainsi qu’au All-Party Parliamentary Group on Blockchain (APPG Blockchain) au parlement britannique. Nous continuons à développer le projet mais la régulation est un vaste sujet au vue de celui-ci.

Humaniq

Aujourd’hui vous venez nous parler de Jthereum ? 

Oui en effet ! En 2019 j’ai rejoint Jthereum en tant que chef de produit, avant de laisser ma place en septembre 2020 à quelqu’un d’autre, ayant succombé à l’appel de la DeFi. Je suis néanmoins toujours actif en tant qu’advisor.

L’idée derrière Jthereum est très simple : la blockchain la plus appréciée par les programmeurs est Ethereum et le langage préféré des développeurs est Java. Que se passerait-il donc, si nous pouvions réunir les deux mondes ? Jthereum était née.

Tout d’abord quelques clarifications pour nos lecteurs. Est-il possible de coder dans un autre langage que le Solidity pour Ethereum ?

Oui c’est en effet possible. Ethereum fonctionne grâce à une machine virtuelle, que l’on appelle fréquemment l’EVM (Ethereum Virtual Machine). Celle-ci prend en charge d’autres langages tels que Vyper, mais Solidity reste de très loin le plus utilisé. Ainsi, lorsque vous entendez dans une discussion  une personne dire “je suis un développeur Ethereum”, il est quasiment certain que cette personne code en Solidity.

Le Solidity sert-il juste pour coder des smarts contracts Ethereum ?

Non, il sert pour tous les projets directement basés sur la blockchain Ethereum. Ainsi, la JP Morgan en créant Quorum a forké la blockchain Ethereum. Ce fork supprime l’aspect open source publique, qui est comme on s’en doute, peu désirable dans leur business. Néanmoins, Quorum étant un fork d’Ethereum, Solidity reste le langage de programmation utilisé pour son développement.  

Quelle est la vision de Jthereum, qui vise cette solution ?

Jthereum fournit aux développeurs Java une solution leur permettant d’expérimenter sur la blockchain Ethereum sans connaissance préalable. En effet avec Jthereum :

  • Vous pouvez coder en Java un smart contract qui sera déployé sur Ethereum.
  • Interagir avec les smart contracts déjà existants via les API Java.

Ainsi, les développeurs Java  peuvent directement commencer à mettre en place des solutions blockchain.. Les entreprises quant à elles, n’ont plus à chercher et à recruter des développeurs spécialisés en Solidity. De là découle logiquement une réduction des coûts et des délais de recrutement non négligeable,  Java étant plus ancien. 

Jthereum facilitera donc l’adoption de la technologie blockchain par les entreprises voulant se lancer dans l’aventure, mais bloquées par le Solidity.

Si je sais programmer en Java et que j’utilise Jthereum, je n’ai donc pas besoin de connaître Solidity ?

Non, c’est justement là que réside toute la puissance de Jthereum. Sans Jthereum vous devez obligatoirement apprendre la logique du Solidity, ainsi que sa syntaxe pour pouvoir déployer un smart contract. Avec Jthereum une fois votre code Java terminé, celui-ci sera automatiquement converti en un code compréhensible par EVM et votre contrat sera déployé

Je peux donc avoir une équipe de développeurs Java et Solidity travaillant de concert ?

Exactement ! Chacun reste dans le monde qu’il connaît le mieux. D’où la réduction des coûts pour l’entreprise dont je parlais précédemment.

Les développeurs Solidity estiment que la plus grande difficulté est la logique de programmation unique de ce langage. Avec Jthereum, les développeurs ne risquent-ils pas d’avoir un mindset incorrect ?

C’est une bonne question. En effet le principe de la blockchain est l’immuabilité, une fois un code déployé, il n’est plus possible de le corriger. On peut certes faire des contrats se mettant à jour, mais si une erreur spécifique est trouvée dans un contrat, on ne peut pas déployer de mise à jour. Ce principe n’est pas courant dans les autres langages de programmation, ce qui peut poser problème aux développeurs Java.

Néanmoins, l’écosystème et la communauté Java étant beaucoup plus anciens, de nombreux outils existent pour corriger son code et les développeurs ont plus d’années d’expériences derrière eux. Là où les plus vieux développeurs Solidity ont à peine 5 ans d’expériences dans ce langage, il est facile de trouver des développeurs Java avec plus de 15 ans d’expérience ! Ils ont donc une vision différente du code et de la programmation, réduisant le nombre d’erreurs malgré une logique différente. Des blockchains plus récentes  prennent en charge des langages connus comme C++ et nous voulons nous aussi apporter à de nouveaux développeurs sur ethereum, et Jtereum est là pour ça. Nous sommes sûrs que l’ajout de développeurs Java chevronnés participera aussi à l’amélioration du Solidity.

N’avez-vous pas peur à terme de n’avoir plus que des développeurs Java ?

En effet, si vous regardez la paye d’un développeur Solidity, celle-ci est en moyenne 50 % supérieure à celle d’un développeur Java, avec une expérience pourtant bien moindre. Pour moi la question n’est pas de savoir si un langage va supprimer l’autre, mais seulement de savoir s’il va offrir plus de possibilités.

Il y a environ 2 ans, Joseph Lubin le fondateur de ConsenSys, déclarait que nous avions besoin d’avoir 1 million de développeurs Ethereum. Ce nombre est élevé mais il montre bien la puissance d’Ethereum et son omniprésence dans l’écosystème crypto. Si nous n’avons pas assez de développeurs,  nous ne pouvons pas créer les produits qui aideront à la démocratisation et l’adoption massive de la blockchain. 

Ainsi, à mon sens, cette question ne peut pas se poser. Solidity étant un langage bien trop récent. Je propose que nous en rediscutions d’ici 5 ou 10 ans (rire).  

Comme vous l’avez dit, il n’y a pas beaucoup de développeurs Solidity. Au vu du peu de certificat, comment reconnaît-on un bon développeur d’un solidity ?

Aujourd’hui peu importe le langage, lorsque l’on veut recruter un développeur, il est de coutume de lui demander son GitHub ou son GitLabs. Avec la transparence de la blockchain, il suffit de lui demander les liens des smart contracts sur lesquels il a travaillé. Pour ensuite vérifier qu’il s’agit de son code il suffit simplement de lui demander une preuve avec sa private key. En lisant ses contracts on peut voir leur complexité et si ceux-ci sont efficients.

Après il y aussi beaucoup de recherche en fonction des projets mis en avant ces derniers temps. A mon sens, un bon exemple est le développeur du token WiFi. Seul, il a réussi à mettre en place une gouvernance complète et fonctionnelle, ce qui atteste bien de ses compétences. Il faut donc redoubler de vigilance dans le recrutement de développeurs Solidity.

Combien de personnes utilisent aujourd’hui Jthereum ?

Ce nombre est difficile à estimer car Jthereum se décline en deux applications :

  1. Jthereum est gratuit et peut être téléchargé par n’importe qui.
  2. Il y a également un côté pour les entreprises.

Pour les utilisateurs lambdas je n’ai pas de chiffre, mais pour les entreprises, 10 % des membres de l’Entreprise Ethereum Alliance (EEA) utilisent notre solution.

Pourquoi avoir choisi Ethereum et pas Neo ou Elrond par exemple ?

Comme on le sait, il existe des Bitcoin maximalistes, des Ethereum maximalistes et des agnostiques. En 2016 lorsque je me suis réellement penché sur la blockchain, il n’y avait pas beaucoup de choix et Ethereum était l’évidence. L’écosystème s’est développé et a attiré de nombreux développeurs et donc de nombreux projets. Ce sont ces gens et ces applications qui me font rester dans l’écosystème Ethereum. Alors oui, je sais qu’il existe d’autres très bonnes blockchains, mais pour moi dans cette “guerre” Ethereum est le grand gagnant. Je ne pense pas que les fameux “Ethereum Killer” tel que EOS renversent cette organisation d’ici les prochaines années. Ethereum se développe, contrairement à EOS qui meurt lentement.

Au delà de la communauté, Vitalik Buterin et l’EEA contribuent à la solidité d’Ethereum et rassurent les investisseurs et les entreprises. Lorsque vous lancez un business il est logique d’aller là où il y a le plus de clients et d’applications, Ethereum est la solution logique. 

Ce sont pour toutes ses raisons que Jthereum n’a pas choisi une autre blockchain. 

Quelle est ta vision sur Eth2.0 ?

Nous l’avons attendu longtemps et enfin, il est là ! Nous n’en sommes qu’au début mais ça me semble très prometteur. Ma seule crainte est qu’il y a tellement d’applications fonctionnant sur ETH1, que si lors de la conversion sur ETH2 des erreurs se produisent, cela entraînerait une énorme perte de valeur. Dans le doute beaucoup de compagnies pourraient donc choisir de rester sur ETH1.

De plus le Proof of Work a fait ses preuves, personne n’a réussi à hacker Bitcoin ou Ethereum. Concernant le Proof of Stake, il est encore trop récent. ETH2 apportera beaucoup à l’écosystème DeFi que j’apprécie particulièrement et qui souffre du prix élevé du gaz. Une fois ETH2 opérationnel, je pense que la DeFi et les DEX seront énormément mis en avant.

Que penses-tu des 3 gros hacks de ETC de cette année ?

Pour répondre à cette question il faut faire un petit récapitulatif de ce qu’est un fork. Dans le cadre de Bitcoin, Bitcoin Cash et Bitcoin SV sont les deux forks les plus connus. Chacun possède sa propre valeur ajoutée ou non, néanmoins vu qu’il s’agit d’un algorithme Proof of Work, la puissance de hachage est importante. Plus il y a de personnes sur le réseau, plus celui-ci est sécurisé et c’est justement cette sécurité qui apporte une grosse partie de la valeur. Ici nous avons une preuve que Ethereum a beaucoup plus de valeur que ETC. En conséquence, moins de gens rejoignent le réseau ce qui diminue sa sécurité et qui le rend vulnérable aux attaques 51 % et ainsi de suite. Pour moi, ce qui s’est produit sur ETC pourrait très bien se produire sur Bitcoin Cash ou Bitcoin SV pour les mêmes raisons.

Ce hack et le consensus Proof of Work soulèvent également une autre problématique. Aujourd’hui tout le monde peut louer ou obtenir de la puissance de hachage sans KYC. C’est une idée géniale et qui respecte le principe de décentralisation, mais cette absence de régulation est une preuve que la blockchain et les cryptomonnaies n’en sont qu’à leur début. Pour moi nous aurons dans le futur une réglementation à ce niveau là, pour peut-être être prévenir ce type d’attaque.

Maintenant, si je laisse parler le programmateur en moi, je trouve toujours ça très intéressant d’assister à des exploitations de vulnérabilité, peu importe le système visé.

Quel est ton projet blockchain préféré ?

Tout d’abord BlockSwap Network, qui pour moi est le futur de la gouvernance donc je vous conseille d’y jeter un coup d’œil. Le deuxième est Uniswap qui pour moi est le tueur des DEX. Enfin le Alex Token de Alex Masmej, qui est à ma connaissance le premier humain tokénisé.

Jthereum en 3 mots ?

Ma réponse parlera peut être au plus ancien, mais il y a 15 ans, Steve Ballmer alors PDG de Microsoft, lors d’un discours avait dit ses mots qui résument notre stratégie chez Jthereum :

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( Responsable Éditorial )

Président et Cofondateur de MinedHack et fervent défenseur de la Blockchain depuis 2017, je suis conscient que sans explications et vision de l’industrie son adoption n’aura jamais lieu. J’ose espérer en tant que Reporter et Rédacteur de CoinTribune aider à cette mission.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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