Cosmos (ATOM) vs Solana (SOL) laquelle a le plus de potentiel ?

mar 28 Sep 2021 ▪ 8h00 ▪ 12 min de lecture - par Ricardo Suarez

Nous voici dans le premier volet d’une série d’analyses autour de quelques blockchains à caractère public (dont les plus grosses et les nouvelles blockchains émergentes). Dans le chapitre d’aujourd’hui je présenterai les principaux éléments de Cosmos et Solana pour une compréhension générale de ces écosystèmes.

COSMOS

1/ Un peu d’histoire

Le projet Cosmos a commencé à germer dans la tête d’un des deux fondateurs, Jae Kwon courant 2014 mais c’est seulement en 2015 lorsqu’il rencontre Ethan Buchman (l’autre fondateur) que les choses commencent à s’implémenter. Ils s’associent et sortent environ un an plus tard le white paper de Tendermint (un des aspects essentiels de l’écosystème Cosmos que nous verrons plus bas). Toujours pendant l’année 2016, ils publient le white paper du réseau Cosmos. Finalement, l’ICO est lancée en 2017 et ils réussissent à lever 17,3 millions de dollars pour leur développement le 5 avril 2017, date de fin de la levée de fonds. 

2/ Fonctionnement de Cosmos

Cosmos se veut comme “l’internet des blockchains” avec leur proposition assez unique dans le marché. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? 

Tout d’abord il faut comprendre que les blockchains se divisent grosso modo en trois couches conceptuelles. 

  • Les applications : Responsables de traiter les transactions, fournir l’état des transactions au sens large. 
  • Le réseau : Responsable de la propagation des transactions et des messages en lien avec le consensus
  • Le consensus : Permet aux nœuds de se mettre d’accord sur l’état actuel du système 

Cosmos propose une architecture qui permettrait une interopérabilité et scalabilité supérieures grâce à Tendermint, SDK et l’IBC. Ce sont les composants majeurs de Cosmos et voici à quoi ils servent :

Tendermint :

Tendermint BFT (pour être très précis), faisant référence à l‘algorithme de consensus Byzantine Fault Tolerant, est une solution qui contient les couches réseau et consensus d’une blockchain dans un seul engin générique. Ce qui permet aux développeurs de se concentrer sur la partie applicative sans se préoccuper de la partie protocolaire qui est toujours une tâche très complexe et longue. Par conséquent, ce module fait économiser des centaines d’heures aux développeurs.

Cosmos SDK (Software Development Kit) :

Le Cosmos SDK est une boîte à outils qui facilite la création d’applications dans une blockchain sécurisée. L’intérêt du SDK est d’apporter des modules déjà prêts à l’emploi pour éviter que les développeurs soient obligés de coder la totalité de leur développement en partant de zéro. 

IBC (Inter-Blockchain Communication) :

L’IBC permet la communication, transferts de données et cryptomonnaies (tokens au sens large) entre les différentes blockchains de l’écosystème. Elle permettrait même la communication entre des blockchains publiques et privées. Ce qui veut dire que ce module permet la communication entre différentes blockchains avec des applications et des systèmes de validation différents. Actuellement, aucune autre blockchain ne permettrait ce niveau d’interopérabilité selon Cosmos. 

Pour répondre à la question initiale, pourquoi Cosmos se veut l’internet des blockchains, voici l’architecture de Cosmos. Elle fonctionne en “étoile de mer”. Cela veut dire que Cosmos est le centre de l’écosystème, servant de registre pour tous. Autour de Cosmos il y a des “zones” qui peuvent être créées par tout le monde et ces zones (dans le champ lexical Cosmos) correspondent simplement aux blockchains. Grâce aux composants principaux expliqués précédemment, Cosmos permet une communication entre toutes les parties de l’écosystème indépendamment des langages utilisés et des consensus de validation de chaque blockchain. De plus, ce qu’il faut absolument remarquer est que chaque zone ou blockchain est souveraine malgré qu’elle soit construite dans l’écosystème Cosmos.

3/ Protocoles de validation – consensus – gouvernance – intérêt

Le consensus de validation est basé sur le PoS (Proof of Stake) ou preuve d’enjeux dans la langue de Molière. Pour qu’une validation ait lieu, il faut qu’elle soit faite par deux tiers des validateurs. Dans le cas de Cosmos, les 100 plus grands détenteurs d’ATOM (la cryptomonnaie native du réseau) deviennent des validateurs (après avoir effectué la demande). Pour ce faire, il faut mettre ses ATOM en staking. Avec ce mode de fonctionnement, Cosmos garantit la sécurité à condition que moins d’un tiers des validateurs soient malhonnêtes. Dans le futur, les validateurs passeront à 125 puis 300 mais aucune date n’est communiquée à ce jour. Vous pouvez également voir les détails de la roadmap des implémentations techniques des prochains trimestres ici

Vous vous dites probablement qu’en tant que “petit” investisseur vous ne pourrez jamais opter à une place de validateur, et vous avez partiellement raison car il faut monter un nœud donc il faut certaines connaissances techniques en plus d’un gros montant d’ATOM à staker. Cependant, on peut tout de même participer aux validations et recevoir les récompenses. Il faut pour cela déléguer nos ATOM à des nœuds de confiance (il faut faire des recherches à ce sujet, c’est très important). Le retour est entre 7 et 20% par an. 

Concernant la gouvernance, elle se fait par la simple détention d’ATOM, cependant, les seuls qui peuvent voter (directement) sont les validateurs du réseau. Ce qui veut dire que pour participer aux mises à jour, évolutions, etc, il faut déléguer ses ATOM à un validateur avec qui on partage les mêmes points de vue.

Finalement, l’intérêt porté à l’écosystème est représenté par les 255 applications et services développés chez Cosmos dont Kava et Loop Finance parmi les plus connus. 

SOLANA

1/ Un peu d’histoire

Le projet Solana a commencé à voir le jour fin 2017 lors du bull run précédent mais c’est seulement en 2018 que le white paper officiel est publié. Le fondateur principal, Anatoly Yakovenko, et créateur du concept Proof of History (que nous verrons plus tard), s’associe avec un de ses anciens collègues du géant Qualcomm, Greg Fitzgerald pour lancer cette entreprise. Après un tour de financement qui lève un peu plus de 20 millions de dollars et des années de développement et tests, le mainnet beta est lancé en 2020. Depuis le lancement, le projet Solana et son token natif le SOL, connaissent un succès fulgurant qui continuent de s’étendre à ce jour. Ceci est possible grâce à l’énorme scalabilité de la blockchain Solana et notamment grâce à l’invention du Proof of History.

2/ Fonctionnement de Solana

La blockchain Solana est aussi spéciale grâce à une surcouche technologique appelée Proof of History (attention : ce n’est pas un mécanisme de consensus), et c’est ce composant qui permet des prouesses à cette blockchain. 

Comprendre ce concept peut s’avérer compliqué, personnellement cela m’a pris plusieurs lectures, vidéos, et relectures…  Je vais donc m’efforcer d’expliquer ce concept de la manière la plus simple et compréhensible possible. Je m’excuse par avance si ce n’est pas clair pour tous, l’assimilation va différer d’une personne à l’autre selon ses connaissances de base.

Alors comment ça marche ? 

L’invention d’Anatoly Yakovenko consiste en une technique qui permet de maintenir la même notion de temporalité (une horloge commune en gros) entre des ordinateurs qui ne se font pas confiance. Il savait qu’en mettant en place une horloge commune de confiance, la synchronisation du réseau deviendrait très facile. Par conséquent, si la synchronisation est simple, le résultat en termes de rapidité peut être décuplé. 

Pour faire la comparaison, lorsque vous faites une transaction dans une autre blockchain, vous devez attendre que le bloc dans lequel la transaction va être inscrite soit validé. Exemple : Lorsque vous faites une transaction Bitcoin, cela prend en moyenne 10 minutes, le temps que la transaction soit inscrite dans un bloc et qu’elle soit dûment validée.  

Avec le Proof of History, les transactions (et je veux dire chacune d’entre elles individuellement), vont porter une “identité temporelle” grâce à l’horodatage commun du réseau. Cette “identité temporelle” permettra par la suite aux validateurs du réseau de vérifier la conformité des données en faisant une simple vérification auprès de l’horloge commune. De cette façon, on saura différencier le vrai du faux en vérifiant la chronologie des transferts ou événements car chaque transaction représente une “période” unique dans la blockchain. 

Cette invention est une nouvelle façon de penser la mise à jour / synchronisation du réseau et elle permet d’ores et déjà une scalabilité sans égal à l’heure actuelle (50 000 TPS selon différentes sources) dans le milieu blockchain car comme vous l’aurez compris (je l’espère!), les transactions n’auront plus besoin d’attendre que les blocs soient créés à chaque fois. Ils ont répondu à la question suivante avec beaucoup de succès : comment faire pour que des transactions soient valables sans devoir systématiquement attendre le prochain bloc? 

En conclusion de cette partie, cette technologie permet d’améliorer considérablement la rapidité tout en diminuant les coûts de transaction.

3/ Protocoles de validation – consensus – gouvernance – intérêt

Le protocole de validation est aussi un Proof of Stake (PoS). Le PoS va valider les séquences de blocs en prenant les informations déjà estampillées par le PoH. Aujourd’hui, le réseau se compose de plus de 1000 validateurs. Vous pouvez voir l’évolution en direct ici.

Pour devenir validateur il n’y a pas de minimum de SOL à placer en staking, cependant, il y a tout un tas d’exigences techniques minimales pour pouvoir monter son nœud et devenir validateur du réseau. Si vous êtes intéressés, vous pouvez voir les requis dans la documentation Solana pour devenir validateur.

Si on n’a pas envie de devenir un validateur soi-même, on peut toujours staker des SOL chez des validateurs pour pouvoir bénéficier des récompenses du réseau. Actuellement le APY (Annual Percentage Yield) est de 7,35%. 

Un autre aspect important qu’il faut prendre en considération en termes de décentralisation chez Solana est le Halt Power. En gros, le Halt Power correspond au nombre minimum de validateurs, qui, ensemble, réunissent plus de 33% du staking. Cela veut dire que, théoriquement, si ces validateurs se mettent d’accord pour s’attaquer au réseau, ils pourraient causer des problèmes et le rendre défaillant. Ce nombre est de 19 à ce jour.  Finalement, l’intérêt que cette blockchain porte est de plus en plus grand. Nous comptons à ce jour selon les chiffres du site internet Solana 338 projets développés ou en cours de développement dont Serum et Raydium pour ne citer que ces deux là. De plus, Solana bénéficie du soutien du fondateur de la plateforme FTX, Sam Bankman-Fried, qui est un grand supporter. 

Voici la fin de ce premier volet de la série analyse de blockchains qui vient juste de démarrer. Comme je le rappelle toujours, si vous souhaitez investir, faire du trading, staker ou autre dans la crypto sphère, renseignez-vous toujours plus, ne placez jamais tous vos œufs dans le même panier et que la force soit avec vous dans ce monde fou !

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Ricardo Suarez

Consultant en stratégie et management de projets à titre personnel et très passionné par le monde crypto/blockchain, j’accorde une partie de mon temps à la rédaction pour contribuer à la démocratisation et à l’apprentissage de cette nouvelle technologie.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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