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La BCE veut qu’on lui crée des lois sur-mesure pour encadrer -voire réfuter- les stablecoins !

Tout avait commencé avec Facebook et Libra. Un coup de tonnerre dans l’espace feutré de la haute finance internationale où des GAFA osaient entrer et se créer des opportunités de pseudo-banque avec de la pseudo-monnaie, en toute simplicité.

BCE euro réglementation stablecoins

Enfin ça, c’est ce que croyaient ces aventuriers naïfs : immédiatement après la nouvelle officielle de Libra, les gouvernements et les banques centrales sont sortis de leurs gonds et se sont réunis pour interdire et bannir coûte que coûte cette potentielle intrusion de la sphère privée dans le domaine bancaire.

Cet espace est régulé par des institutionnels et des acteurs financiers traditionnels, aucun autre acteur n’a le droit d’y rentrer, qu’on se le dise ….

Aujourd’hui cette histoire n’est pas close pour autant : Facebook ne lâche pas l’affaire, les gouvernements encore moins, les banques centrales veillent au grain et montent aux créneaux, les cryptos continuent leur ascension et les protocoles se développent. 

Que le meilleur gagne !

C’est pourquoi, la semaine dernière, la BCE -la Banque Centrale Européenne-  a demandé aux législateurs de l’Union Européenne un travail précis: la BCE veut qu’on lui crée des lois sur-mesure pour lui permettre d’encadrer la crypto.

Plus spécifiquement, elle attend des législateurs de l’Union Européenne qu’ils lui créent un arsenal juridique lui permettant d’exercer un droit de veto sur l’émission et la distribution de stablecoins dans la zone euro, ainsi qu’un rôle dans leur supervision générale.

Mais est-ce bien possible ?

Retours sur ce que craignent les banquiers des banques centrales du monde.

Les banquiers du monde entier s’inquiètent de la montée des crypto-monnaies, c’est un fait. Un des éléments qui les révulsent le plus sont les stablecoins – ces cryptos qui restent stables quoiqu’il arrive, grâce à des processus mathématiques ou parce qu’elles sont backées par d’autres monnaies institutionnelles nationales, les monnaies dites “fiat”.

Ils craignent que leur émission et adoption affaiblissent leur pouvoir de contrôle sur les paiements, les opérations bancaires et à fortiori influence la valeur des monnaies nationales !

Dès septembre 2020, l’Union Européenne avait présenté des plans pour tenter d’endiguer l’évolution des cryptomonnaies. D’après le plan, les  émetteurs de stablecoin étaient contraints de soumettre leur monnaie à des tests de résistance (stress test) et de répondre à des exigences de réserves de capital et de liquidités. En d’autres mots, le plan était de soumettre les émetteurs de stablecoins aux mêmes exigences que les acteurs de la finance traditionnelle. Abonnez-vous gratuitementRejoignez notre communauté de passionnés du Bitcoin et des crypto-monnaiesemail *Valider

Le Libra doit mourrir. Le Libra est mort ! Vive le Diem !

Ces projets de lois visaient tout particulièrement le Libra : Facebook doit s’aligner  aux normes en vigueur  avant de pouvoir lancer son initiative de stablecoin, garantie par un panier de devises officielles. A cause de ce retour de bâton réglementaire très contraignant, Facebook a dû réduire l’ambition de son projet, jusqu’à le refondre complètement, mois après mois. 

Libra est mort et enterré. 

Diem, le nouveau stablecoin de Facebook, pourrait éventuellement naître, s’il était une pièce numérique, soutenue par le dollar, soit un “dollar-backed digital coin”.

Les mots doux de la BCE 

La BCE estime que c’est son rôle d’avoir le seul et dernier mot sur la question des stablecoins. Elle a déclaré qu’elle était la seule institution financière européenne à pouvoir s’exprimer sur la monnaie, qu’elle soit crypto ou non crypto, parce que les systèmes de paiement relèvent exclusivement de sa compétence.

Elle affirme donc qu’elle est la seule autorité qui pourra autoriser -ou non- leur lancement dans la zone euro, car elle doit contrôler les effets de bord tels que  l’inflation ou la sécurité des paiements, qui pourrait être compromis par le lancement intempestif de stablecoins.

Or, comme les cryptos et notamment les stablecoins sont des phénomènes  émergents, le domaine est trop peu encadré. De fait, elle attend que les règles européennes soient modifiées au plus vite pour augmenter la force de ses prérogatives et contraindre tout contrevenant … qu’il s’agisse de sociétés privées ou d’autorités nationales en cours d’évaluation de la possibilité d’émettre des stablecoins.

Au-delà de l’arsenal réglementaire, elle veut aussi soumettre ces émetteurs à des “exigences de liquidité rigoureuses” similaires à celles qui sont appliquées aux banques traditionnelles, afin de les aider à résister en cas d’importantes sorties de fonds de leurs  clients.

Ces mesures reflètent les exigences de réserves de trésorerie mises en place après la crise financière de 2008, qui ont pour but de limiter le risque d’effondrement du système bancaire… et le besoin des états de mettre la main à la poche pour renflouer les banques en dernier ressort. 

Elle leur demande aussi -puisque les stablecoins sont backés par plusieurs devises- « d’accorder aux utilisateurs finaux une créance directe sur l’émetteur ou sur les avoirs de réserve et les droits de remboursement”. Des contraintes très très fortes qui demandent beaucoup de temps pour être élaborées et mises en place !

C’est toujours par la réglementation que les institutions battent les velléités des conquérants juvéniles ….  il n’y a pas de veto explicite, mais une hyperinflation d’obligations légales et financières …. un veto invisible, impalpable mais tellement puissant.

De son côté les employés de la BCE ne chôment pas … ils s’activent

Toutes ces contraintes juridico-financières demandées par la BCE peuvent être considérées comme légitimes, utiles, nécessaires, vaines ou irréalistes mais, surtout, elles ralentissent l’engouement des créateurs privés et permettent à l’Institution de gagner du temps pour mieux se retourner !

C’est ainsi que la BCE travaille d’arrache-pied sur son propre euro numérique qu’elle espère lancer au cours des quatre prochaines années. Inutile de préciser que cet euro numérique ne sera pas soumis aux règles de l’UE sur les stablecoins, ces impudentes monnaies numériques privées ….

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Passionnée d’innovations et blockchains, j’espère arriver à vous partager ma fascination pour ces changements qui se dérouler devant nos yeux !

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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