Les NFTs intégrants des contrats de vente ? Interview du projet Āto !

ven 19 Nov 2021 ▪ 11h30 ▪ 9 min de lecture - par Jordan Tarlet

NFT, NFT, NFT et encore NFT. Les NFTs deviennent progressivement des éléments à part entière des diverses industries culturelles. Les institutionnels se positionnent de plus en plus dans cet écosystème naissant et explosif. Cependant, ces acteurs traditionnels recherchent la sécurité, et notamment la sécurité légale, lorsqu’ils naviguent dans des zones comme la crypto qui leur paraît nébuleuse. C’est pour répondre à ces enjeux légaux nouveaux que des outils comme la plateforme Āto (https://ato.network) voit le jour. Aujourd’hui pour cointribune, interview exclusive de Julien Béranger CEO d’Āto.

ATO

Pourrais-tu t’introduire à nos lecteurs ? 

Je suis Julien Béranger et je suis le CEO d’Āto (https://ato.network). Pour présenter brièvement mon background dans la crypto, j’ai découvert Bitcoin en avril 2013 et le  white paper d’Ethereum dès fin 2013. Par la suite, j’ai eu l’occasion de travailler sur le projet iExec. Dans le cadre de mes fonctions dans le projet, j’ai géré son ICO, qui s’est plutôt bien déroulée je dois dire car nous avons levé environ 10 000 BTC en avril 2017. Quelques mois plus tard et par un heureux hasard, je rencontre l’avocat spécialisé sur les questions de crypto et de propriété intellectuelle, Matthieu Quiniou. Après plusieurs discussions avec lui, je me rends rapidement compte de l’immensité des enjeux légaux liés aux cryptos. Ainsi, en septembre 2020, nous décidons de lancer ensemble le projet Āto. Ce projet naît et tire sa quintessence d’une volonté partagée par les membres fondateurs de venir apporter une brique que nous pensons nécessaire de rendre les techniques blockchain, à savoir l’injection et l’encadrement des droits de propriété intellectuelle dans les NFTs. Nous sommes réellement convaincus qu’il s’agit aujourd’hui d’une pierre angulaire nécessaire à considérer pour que des acteurs établis du monde institutionnel regardent avec sérieux mais aussi sérénité l’écosystème des cryptos. Pour l’instant nous sommes cinq dans l’équipe et nous sommes naturellement à l’affût de profils souhaitant rejoindre l’aventure. 

Comment présenterais-tu le projet Āto ? 

L’interface d’Āto permet de créer des contrats de licence de propriété intellectuelle (IP), de les personnaliser comme on le souhaite, et de les intégrer de manière inaltérable au NFT. On inscrit ces éléments juridiques dans les métadonnées du NFT en question. Grâce à ce processus que nous rendons très simple, les utilisateurs d’Āto sont alors en mesure de créer des limites ou des conditions relatives aux droits qu’ils cèdent avec le NFT. Dans la vraie vie, les artistes ne cèdent pas toujours tous les droits lorsqu’ils cèdent leurs œuvres. Ce n’est pas une bonne ou une mauvaise chose, c’est simplement la conséquence d’une situation commerciale dans laquelle l’artiste est engagée. Āto permet de produire une expérience similaire, mais cette fois-ci dans le cadre des NFTs. À ce stade ça me semble important de préciser que Āto est un service de minting et non pas une marketplace. On propose un outil à la disposition de tous pour générer des éléments de protection. Ces éléments juridiques associés par notre minter aux métadonnées du NFT ne protègent pas seulement le vendeur, mais également l’acquéreur. D’un point de vue légal, Āto résout les problèmes que rencontrent la quasi-totalité des acteurs.

Concrètement, comment fait-on en tant qu’utilisateur pour se protéger lors du mint ? 

Il suffit de se rendre sur https://ato.network pour tester l’appli. Pour l’instant, nous sommes sur le réseau Polygon, donc il faut un peu de MATIC pour minter. Vous uploadez votre fichier (images, sons, vidéos), ensuite, il y a toute une panoplie de niveaux et d’options à sélectionner en fonction des besoins de l’utilisateur. On y suggère également une check list à vérifier. On peut donc très facilement par exemple choisir d’autoriser le NFT à servir dans le cadre d’un logo, ou bien gérer les droits de merchandising associé au contenu du NFT. Je dis le NFT, mais il est tout naturellement possible de minter une série de NFTs avec un même contenu et donc les mêmes contrats juridiques associés. La limite actuelle est de 150 exemplaires. Par ailleurs, on peut gérer les aspects de réémission, c’est-à-dire que le créateur du NFT garantit à son acheteur qu’il ne réutilisera pas le contenu du NFT dans le contexte d’un autre mint. Enfin, une valeur ajoutée dont nous sommes plutôt fier car elle répond à un vrai enjeux, c’est la manière dont sont gérés les droits de suite. On peut définir le pourcentage reversé au créateur du NFT à chaque revente de manière immuable quelle que soit la marketplace. On a implémenté dans nos NFTs le standard EIP-2981 qui permet de garantir une standardisation et une interopérabilité des droits de suite, peu importe les marchés secondaires en question (on-chain j’entends). D’ailleurs si vous êtes une marketplace et que vous lisez cette interview, adoptez l’EIP-2981, c’est important d’aller vers la standardisation ! 

Quelle est la vision du projet en termes d’expérience utilisateur ? Le mint de NFT avec des contrats dans les metadata est-il finalement intuitif pour l’utilisateur ?

L’UX a longtemps été un des problèmes majeurs dans le développement des appli décentralisées. Āto ajoute tout un volet légal, il est donc évident qu’un projet comme le nôtre mise sur son expérience utilisateur. On veut réellement créer une dynamique de mint très simple et intuitive pour nos utilisateurs. Actuellement, nous sommes déployés sur Polygon mais nous allons très bientôt devenir cross-blockchain. On veut intégrer des blockchains EVM-compatibles mais pas que. On pense par ailleurs que l’expérience utilisateur des NFTs repose énormément sur la facilité pour les transposer d’une marketplace A vers une marketplace B. La transposabilité est garantie avec Āto car nos NFTs sont par exemple compatibles avec OpenSea, et cela sans perdre ses aspects légaux évidemment. Sur OpenSea, on voit directement apparaître la licence dans les informations du NFT. On veut aussi rendre compatible un maximum de wallets, c’est parfois très limitant de n’avoir que MetaMask de disponible. Enfin, pour les utilisateurs les plus avancés, on va permettre de choisir le stockage des metadata entre Arweave et Filecoin. De plus, toujours dans la volonté de créer un service cohérent, on prévoit de un système de KYC (ou “KYA” pour Know Your Artist) pour permettre à l’auteur qui le souhaite de certifier via Āto qu’il est bien le créateur de l’oeuvre. 

Āto a collaboré en tant que partenaire officiel de la première vente aux enchères de NFT par des commissaires priseurs en France, peux-tu nous en dire un peu plus ? 

On est effectivement très heureux d’avoir pu réaliser lors du 23 octobre la première vente aux enchères d’un NFT par des commissaires-priseurs en partenariat avec Boischaut, une maison de vente française. C’était une vente physique à Paris où 14 NFTs se sont vendus. Cette vente a été acceptée par le Conseil des Ventes Volontaires (CVV) et l’ADAGP, qui est l’équivalent de la SACEM pour les œuvres visuelles. C’est une grande première en France et pour notre écosystème NFT. La maison de vente a sollicité l’ADAGP pour vérifier que les contrats que nous avions préparés étaient suffisamment protecteurs des artistes et après quelques ajustements, nous avons obtenu le feu vert. Nous sommes convaincus que des maisons de vente ont besoin d’outils comme Āto pour s’installer avec plus de confort dans le monde des NFTs. 

Un petit insight pour nos lecteurs ? ☺

Alors un petit insight, je pense en avoir déjà donné un ahah. Mais bon, en voici un autre qui je pense fera plaisir à plus d’un. Nous sommes sur le point de publier notre outil de mint clef en main pour l’art génératif, intégrant naturellement nos contrats juridiques. Il devient très facile de réaliser un drop de collectibles à l’aide d’Āto. C’est assez incroyable de constater que ce genre de solution n’est presque pas présente sur le marché, alors que la demande en développeurs sur ces sujets-là est absolument ahurissante. Āto déploiera très bientôt, courant décembre cet outil, que nous illustrerons à l’aide de notre propre drop : Vax Babies. Stay tuned ! 

Les NFTs évoluent de manière rapide. Pour faciliter leur démocratisation, il faut faciliter la confiance que les acteurs traditionnels ou extérieurs à la crypto peuvent trouver dans ces actifs numériques. Des solutions comme Āto se développent afin de garantir de bonnes conditions lors des ventes et achats de NFTs, protégeant ainsi créateur de contenus et collectionneurs. 

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Jordan Tarlet

Issu du monde médical, je nourris un vrai intérêt pour les blockchains. Je suis convaincu que ces technologies seront un véritable axe de pivotement dans les années à venir. Je suis également un grand enthousiaste de la DeFi.

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