Avoir l’âme d’un trader ? On vous explique tout avec Binance et NapoleonX !

mar 29 Déc 2020 ▪ 19h13 ▪ 14 min de lecture - par Gaétan Lajeune

Avec son Webimarathon, Binance (BNB) souhaite éduquer la population à l’usage des cryptomonnaies et de la blockchain. Binance étant un exchange il est donc normal que la plateforme informe également le public sur ses fonctionnalités et sur le trading. Mais que faut-il faire pour être un trader productif ? C’est afin d’apporter une réponse à cette question que l’exchange du dragon jaune et noir a invité Stéphane Ifrah, PDG de NapoleonX et Fréderic Bonelli, PDG de TheCoinTribune. De plus vous trouverez ici quelques réponses pour obtenir votre diplôme certifié par Binance et BCDiploma.

Le trading est une discipline difficile. Comment avoir une mentalité de trader ? Peut-on espérer gagner de l’argent avec le trading de cryptomonnaies ?

Frédéric Bonelli : Certains vivent exclusivement du trading de cryptomonnaies, donc oui bien évidemment on peut réaliser des gros gains mais également des grosses pertes. Le trading n’a rien de magique, c’est au contraire une activité qui exige une totale abnégation. Il faut se contrôler soi même en permanence en faisant fi de ses émotions et des biais cognitifs. Si de prime abord cela peut sembler simple à nombreux d’entre nous, la réalité est toute autre. Le trading est un très long parcours qui nécessite de rester constamment sur le qui-vive. Le fait que contrairement au marché boursier, le marché crypto soit ouvert 24/24 7/7 amplifie ce besoin. 

De plus, le fait que la majorité des mouvements importants aient lieu quand l’Asie est debout, oblige souvent à vivre en décalé de nos confrères français. Entre 3h et 5h du matin, les gens sont en effet plus souvent au lit que sur leurs ordinateurs.  

Stéphane Ifrah : Je suis tout à fait d’accord avec Frédéric. Le trading est un véritable parcours initiatique qui se déroule non pas sur quelques mois, mais sur plusieurs années. Avec le temps il devient plus simple de lutter contre soi même, mais nous restons humains avant tout. C’est également très fatiguant mentalement car être contre soi est rarement agréable.

Le trading est une compétition inégale où des débutants se retrouvent directement face à des pratiquants expérimentés avec souvent des fonds et des données supplémentaires.

Si on réussit à tenir le coup quelques années, on sera peut être alors enfin rentable dans nos stratégies. Bien sûr il se peut qu’un individu réussisse dès le début à faire de gros bénéfices sur des coups de chance, mais souvent par manque d’apprentissage il prendra de mauvaises habitudes et perdra tout.

À titre personnel j’ai commencé à trader quand j’étais à la BNP. Le trading m’avait l’air d’être une activité amusante et c’est comme ça que je me suis lancé. Mon manque d’expérience fait qu’entre la crise financière russe de 1998, la bulle d’internet et la guerre en irak… j’ai perdu beaucoup de capitaux. 

Je me suis ensuite rendu compte que je devais me former et les livres sont un excellent moyen.

Après avoir expérimenté diverses techniques j’ai trouvé la mienne : développer des robots de trading.

Par contre attention à bien garder la chose suivante à l’esprit : même un excellent trader n’est rarement gagnant sur plus de 40 % de ses trades.

À ce propos, quels livres conseillez-vous pour vous former ?

Fréderic Bonelli : Il y a tout d’abord la Binance Academy que tout le monde devrait avoir l’obligation de lire. Sinon en livre je vous conseille Unknown Market Wizards: The best traders you’ve never heard de Jack D. Schwager

Stéphane Ifrah : Je vous recommande exactement le même et même de manière générale la série des Market Wizards. Il s’agit de livres relatant les expériences d’anciens traders et ils se lisent facilement. C’est assez rare que des bons traders s’expriment alors autant en profiter ! Par contre il faut parler la langue de Shakespeare… 

Utilisez-vous des outils tels que le take profit ou le stop loss ? 

Stéphane Ifrah : Pour le coup je suis un mauvais exemple car je ne m’en sers pas, c’est d’ailleurs un sujet assez fréquent avec les utilisateurs de NapoléonX. Je n’ai rien contre ces outils, mais nous préférons utiliser des sortes de fenêtres glissantes sur chaque période. Lorsque l’on arrive sur une nouvelle période, on réévalue celle-ci et je coupe mes positions qu’elle soit en perte ou en gain. J’évite ainsi d’y être attaché psychologiquement.

Lorsqu’on trade des cryptos il faut faire très attention où on place ses loss car le manque de volatilité peut facilement les déclencher. Par contre lorsque je fais du scalping j’utilise ces outils, mais étant plus porté sur le trend follow, c’est assez rare.

Fréderic Bonelli : Au-delà des outils il faut également prendre en compte le montant avec lequel l’on trade. Trader avec 1 000 $ et 100 000 $ n’impliquera pas les mêmes décisions. À titre personnel je ne suis pas non plus porté sur ces outils vu que je reste constamment devant mon écran. Mais comme Stéphane en cas de scalping je les utilise aussi. Me concernant je suis plus porté sur le swing où je prends en compte les indicateurs fondamentaux des projets ainsi que des outils macro.

Pourriez-vous définir les termes que vous venez d’utiliser ?

Stéphane Ifrah : C’est vrai que le monde du trading est rempli de mots complexes, afin de le rendre difficilement accessible. Faire du scalping, signifie que l’on rase et donc qu’on va enchainer de nombreuses transactions sur un cours laps de temps. On utilise en général des figures d’analyse technique pour générer des gains. C’est un rythme assez intense et dynamique où je trouve qu’il est assez facile de s’amuser.

Fréderic Bonelli : Le swing au contraire, consiste à conserver une position sur une durée assez longue, généralement plus de 24h. Il existe deux grands types de stratégies : 

  • systématique, qui consiste à s’aider d’un algorithme ou d’un robot pour prendre une décision
  • discrétionnaire, qui se base sur des paramètres propres au trader.  

L’analyse technique quant à elle tente d’utiliser des patterns que les chandeliers japonais (les traits sur notre écran) dessinent pour prédire le marché. Ce n’est évidemment pas une science exacte, la confiance que l’on met en ces figures dépend donc de chaque individu.

On peut également utiliser l’analyse fondamentale, c’est à dire prendre en compte le business derrière les cryptomonnaies. Sur des projets prometteurs comme Elrond (ceci n’est pas un conseil d’investissement) je prends énormément en compte les news de ceux-ci.

Quels sont les moyens de faire de l’argent avec du trading ? 

Fréderic Bonelli : Au dela du trading spot qui représente le simple achat et vente d’actifs, on peut également réaliser de l’arbitrage ou du margin. L’arbitrage consiste à tirer partie des écarts de prix d’un même actif sur plusieurs exchanges pour générer un bénéfice. Le margin permet d’utiliser des leviers pour augmenter sa mise, que ce soit à la hausse (long) ou à la baisse (short). Dans ce cas là, un tiers, généralement l’exchange, fournira des liquidités en plus à l’utilisateur pour augmenter sa position.

Comment gère-t-on ses points d’entrée, de sortie et son money management ?

Stéphane Ifrah : Comme nous l’avons dit, le trading est une discipline de tous les instants, les points d’entrée et de sortie n’échappent donc pas à la règle. Un bon trader ne rentre pas tous le temps mais uniquement quand une position lui est la plus favorable possible. Que je rentre en position long ou short, je dois analyser les différents signaux que je me suis fixé puis déterminer combien de mon capital je vais utiliser. En fonction des risques je vais ajuster ce montant mis en jeu, ce qui me permettra d’avoir un bon money management. Ainsi si je commence par rentrer 25 % de mon capital pour tester la température, rien ne m’empêche d’en rajouter 10 % supplémentaires si j’obtiens d’autres signaux favorables. Si au contraire les signaux deviennent défavorables, les risques auront été limités. Une fois que l’on a construit son entrée, il faudra la déconstruire, on parle alors de la sortie. Ici la grande difficulté est de faire fi d’émotion comme la cupidité qui peuvent nous faire dévier de notre stratégie initiale.

Fréderic Bonelli : Au niveau de la sortie, les cryptos sont un marché totalement à part. On peut en effet se fixer comme objectif d’accumuler des dollars car il s’agit de la plus grosse monnaie fiduciaire de la planète. Dans ce cas là seul le prix en dollars aura un impact sur nos trades quand nous sortirons. À l’inverse, les maximalistes qui sont certains que Bitcoin, Ethereum, BNB ou d’autres sont le futur regarderont le prix dans ladite monnaie. Ces deux approches ont certes le même but : gagner de l’argent, mais la finalité n’est absolument pas la même. Le fait que les volumes soient différents est également à prendre en compte.

Une stratégie que les débutants n’appliquent que rarement est celle du Dollars Cost Averaging (DCA), ou lisser ses positions. En rentrant mon capital progressivement, si mon actif baisse je suis non seulement plus calme car ma position est corrigeable, mais le fait de pouvoir acheter plus bas réduit mon coût d’achat moyen. C’est également un excellent moyen d’éviter le Fear Of Missing Out (FOMO) et le Fear, uncertainty and doubt (FUD) qui sont respectivement le fait de suivre aveuglément un cours qui monte et céder à la panique suite à des informations négatives, qu’elles soient réelles ou fabriquées de toutes pièces.

Concernant les entrées et les sorties, il reste efficace de consulter le carnet d’ordres. Il s’agit là d’un outil puissant pour remarquer les transactions anormales (achat/vente important). Ensuite pour la sortie on peut tenter de sortir au plus près du maximum d’un actif, ce qui se révèle souvent très dangereux car très difficile à prévoir. Ou alors on peut sortir progressivement aux objectifs que nous nous sommes fixés, ce qui est moins stressant, car plus pragmatique.

Merci pour toutes ces informations ! Un dernier mot pour conclure ? 

Stéphane Ifrah :  Comme vous pouvez le voir, le trading est un travail assez long et ce Webinar n’effleure évidemment que la surface de cet immense iceberg. Cette longueur est due non seulement à un jargon à mémoriser, mais également à un apprentissage de ses émotions et des figures et outils propres au trading. 

Pour gagner du temps et se réduire la charge de travail, les robots de trading, qu’il s’agisse de ceux que nous développons chez NapoleonX ou chez la concurrence, sont un formidable outil. Ils permettent en effet aux néophytes d’avoir moins de paramètres à prendre en compte. Il existe 2 types de robot de trading : 

  • ceux utilisant une stratégie que l’on a soit même mis en place. L’utiisateur a ainsi le plein contrôle de son outil mais doit posséder des connaissances en trading
  • ceux utilisant une stratégie mise en place pour autrui. Il suffit alors de faire quelques réglages simples puis de le lancer et de le laisser travailler.

Dans tous les cas, ceux 2 types de robots fonctionneront via une API sur l’exchange sur lequel vous le branchez. Par mesure de sécurité, ne donnez jamais les droits de retirer vos cryptos à ceux-ci.

Fréderic Bonelli : Comme vous pouvez vous en douter, le trading n’est pas mon activité principale, bien que je gère un fond. TheCoinTribune me prend beaucoup de temps surtout au vu de la V2 qui nous attend. Peu importe que vous vous lanciez dans le trading classique ou de cryptos, vous devez toujours clairement définir vos objectifs. Ce principe ne s’applique d’ailleurs pas qu’au trading et à mon sens et peu importe le domaine, le travail reste le plus important. Lisez, réfléchissez et expérimentez par vous même. Si vous voulez vous former spécifiquement sur l’univers crypto, j’ai écrit un livre à ce sujet, Le crypto MBA. Je vous laisse y jeter un coup d’œil.  

Et le mot de la fin revient à Fréderic Bonelli et Stéphane Ifrah qui sont d’accord sur un point : trader c’est avant tout une expérience de vie où l’expérience acquise ne s’arrête pas uniquement à l’aspect financier. Et si vous souhaitez aller plus loin, nous avons une Tribune du Trading qui vous guidera pas à pas !

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Gaétan Lajeune

Président et Cofondateur de MinedHack et fervent défenseur de la Blockchain depuis 2017, je suis conscient que sans explications et vision de l’industrie son adoption n’aura jamais lieu. J’ose espérer en tant que Reporter et Rédacteur de CoinTribune aider à cette mission.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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