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Christine Lagarde promet plus de QE, Bitcoin (BTC) apprécie

ven 13 Nov 2020 ▪ 17h00 ▪ 6 min de lecture - par Nicolas Teterel

La présidente de la BCE a donné mercredi le coup d’envoi du ECB Forum on Central Banking 2020. Il s’agit du pendant européen du symposium de Jackson Hole. Jerome Powell (FED) et Andrew Bailey étaient aussi de la partie.

« Nous étions là pour la première vague, nous serons là pour la seconde »

ecb forum on central banking christine lagarde
Retrouvez le replay du discours de Christine Lagarde ICI (en anglais)

Christine Lagarde a très clairement laissé entendre que des centaines de milliards d’euros sont dans les tuyaux pour le 09 décembre.

« Toutes les options sont sur la table » a-t-elle déclaré avant de préciser que « le LTRO et le PEPP ont prouvé leur efficacité » et qu’ils seront « par conséquent probablement les principaux outils d’ajustement de la politique monétaire. » Dit autrement, la BCE va déverser beaucoup d’argent dans les banques…

Au fait, qu’est ce que le PEPP et le LTRO exactement ?

  • Le Pandemic Emergency Purchase Program (PEPP) n’est rien d’autre que du « Quantitative Easing » à la sauce Covid. Il consiste à racheter les dettes des États membres de la Zone Euro ainsi que celles des multinationales. Rien de nouveau sous le soleil. Simplement, l’hystérie hygiéniste sert de prétexte pour imprimer quelques milliers de milliards en plus. La BCE a déjà injecté via ce QE déguisé plus de 640 milliards (sur les 1350 Mds promis).
  • Le LTRO permet quant à lui d’emprunter au guichet de la BCE au taux de -1 %. Ce qui signifie que les banques sont payées pour emprunter. Les banques remboursent chaque année 1 % de moins. Le montant du LTRO représente actuellement 1500 milliards.

Il se murmure que la BCE va annoncer 500 milliards supplémentaires (probablement un peu plus). Ce cadeau de Noël pour les banques impliquerait un prolongement du Quantitative Easing jusqu’à l’été 2022… Inutile de dire que cet océan d’argent, source d’inflation, est de bon augure pour le Bitcoin (BTC)

Inflation et conséquences

L’ancienne présidente du FMI a également déclaré dans son discours d’ouverture du Forum que « l’évolution du taux de change de l’Euro pourrait avoir un impact négatif sur l’inflation ».

Traduction : La hausse de l’Euro va peser sur l’inflation. Ce qui est logique car un euro fort permet d’acheter davantage de produits étrangers pour le même montant. Soit dit en passant, la BCE estime qu’une hausse de 1 % du taux de change de l’euro se traduit par une baisse de 0.3 % de l’inflation, toutes choses égales par ailleurs.

Cette déclaration suggère fortement que la BCE anticipe une baisse de l’euro face au dollar à moyen terme. Là encore, le Bitcoin ne pouvait guère demander mieux…

Toujours à propos de l’inflation, notons que le chef économiste de la Banque Centrale espagnole a récemment déclaré que la BCE devrait adopter la même stratégie que la FED en laissant l’inflation dépasser la limite de 2 %. De manière « temporaire » bien entendu… Des propos faisant échos à ceux de Christine Lagarde qui a aussi effleuré cette idée il y a peu.

Nous nous éloignons donc de plus en plus de l’unique mandat de la BCE confié par les traités européens, à savoir garantir la « stabilité » des prix. Ainsi, dans le monde orwellien de la BCE, stabilité des prix rime avec une inflation supérieure à 2 %… Pour rappel, 2 % d’inflation par an se traduit par un doublement des prix au bout de 35 ans.

Inflation zone euro
Courbe bleue : Inflation / Courbe jaune : Inflation (hors alimentation, produits énergétiques, alcool et tabac.) / Ligne verte : objectif d’inflation officiel de la BCE
En sachant qu’aucune de ces deux courbes ne prend en compte l’énorme inflation de l’immobilier

Les Banques Centrales ont besoin de l’inflation car elle est vitale pour la perpétuation Ponzi de la création monétaire à partir d’intérêts. Sans inflation, la dynamique exponentielle des taux d’intérêt rendrait les dettes publiques absolument insoutenables.

Vous avez dit vaccin ?

Autre information intéressante : l’allusion au vaccin. Christine Lagarde a appelé les gouvernements à creuser leurs déficits budgétaires pour combler le fossé « jusqu’à ce que la vaccination de la population soit bien avancée »…

Dans l’ensemble, les banquiers centraux occidentaux ont accueilli la nouvelle du vaccin de Pfizer avec prudence. Le ton employé par Christine Lagarde était également très précautionneux. Et quoi de plus normal quand on sait que le Covid et l’écroulement économique lié au confinement sont du pain béni permettant de faire tourner la planche à billets en toute impunité…

Covid = planche à billets = hausse du Bitcoin. D’où le recul de l’or et de la cryptomonnaie lors de l’annonce de Pfizer.

Mais que les bitcoiners se rassurent. La présidente de la BCE a déclaré que la reprise économique ne sera pas un long fleuve tranquille si des restrictions sont nécessaires pour freiner les multiples vagues du virus malgré la percée dans la course aux vaccins…

Covid ou pas, il est écrit que les Banques Centrales continueront inlassablement à dévaluer l’argent pour soutenir le château de cartes de la dette. Le contexte actuel très inflationniste se traduit par la hausse des valeurs refuges comme le Bitcoin.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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