Tokeniser la Joconde pour 50 milliards : la meilleure idée depuis Bitcoin ?

La crypto-économie a ceci de magique qu’elle ne se contente pas de présenter de véritables potentiels dans tout un tas de secteurs économiques mais elle conserve encore aujourd’hui une part de rêve voire d’irrationalité douce, pour peu que vous soyez un peu créatif. On rappellera au passage que l’émergence de Bitcoin fut le fruit d’une convergence technologique et d’une créativité hors-norme.

Et de créativité, l’initiative du jour n’en manque pas ! Imaginez un peu qu’il devienne possible de vendre la Joconde, et que par la magie de la tokenisation du réel,  l’œuvre-phare de Leonardo – pas la tortue, l’autre -, incarnation artistique probablement la plus connue au monde, soit encodée sur la blockchain et répartie en une multitude de jetons, chacun incarnant une parcelle du génie italien. Outre une procédure technologique dont De Vinci lui même n’aurait peut-être pas renié l’audace, ce joyau qui devrait foncièrement faire partie du patrimoine commun de l’humanité, pourrait ainsi êtres déposé entre une multitude de mains.

Alors ? Tokeniser le tableau le plus célèbre au monde, projet sérieux ou rêverie éveillée ?

Créer et distribuer art et objets uniques par l’alchimie de la blockchain : les tokens NFT

Avant d’aller plus avant, il convient d’éclaircir un peu plus le domaine du possible s’agissant de ce qu’on peux faire – et ne pas faire – avec un token/jeton évoluant sur une blockchain.

Le token classique est dit « fongible ». Autrement dit, que 10 ou 10 millions de tokens existent, il sera impossible de les discriminer entre-eux (autrement que par leurs déplacements dans le cadre des transactions et des échanges sur la blockchain, et encore de manière très imparfaite et approximative).

C’est la norme de la plupart des tokens évoluant sur la blockchain Ethereum : le célèbre standard ERC-20. C’est également le cas de Bitcoin et sauf erreur, de l’ensemble des cryptomonnaies existantes à l’heure actuelle.

Assez tôt, c’est ainsi imposé le besoin de disposer d’un standard de jeton permettant de différencier les tokens entre-eux, permettant de disposer d’unités avec des caractéristiques uniques : le concept de Token Non Fongible (NFT) était né. Ces tokens se révèlent particulièrement adaptés à tout les sujets touchant au « collectibles » et d’une manière générale à tous contextes où la  notion d’indivisibilité revêt de l’importance.

Notamment popularisés par les fameux CryptoKitties, Les NFT sont particulièrement bien adaptés à ce qu’il convient d’appeler la tokenisation de l’art, ce qui n’a pas échappé à certains créateurs et artistes avant-gardistes.

On pensera notamment au street-artist Pascal Boyart dont les fresques urbaines (assorties d’un QR Code permettant les dotations, ré-inventant au passage cet usage également) ont été tokenisées par bloc et proposées à la vente publique sous cette forme. Merci au passage de vous ruer sur son site officiel pour soutenir l’artiste

Delacroix vs BCE de Pascal Boyart
Delacroix vs BCE de Pascal Boyart

Le secteur des NFT est en pleine expansion et pourrait bien constituer un des principaux bassins de croissance de l’écosystème dans les années à venir. L’exchange Gemini vient d’ailleurs de lancer une place de marché dédiée à ces actifs en particulier.

Vous pourrez également découvrir une des manières de profiter au mieux des caractéristiques des NFT avec les cartes de foot à collectionner que propose Sorare dont nous parlions tout récemment.

Après ce rapide tour d’horizon qui vous permet d’appréhender les bases techniques de l’exercice, il est temps de s’interroger en chœur : qui pour tokeniser Mona Lisa ?

Une idée pas si folle

Le sujet est évoqué sur Linkedin par Albert Dessaint, qui reprend en l’enrichissant une idée initiale de Stéphane Distinguin, fondateur de Fabernovel

Ce dernier, sous couvert d’une réflexion volontairement un peu outrancière se demandait si vendre la Joconde de Leonard (au même titre que le Salvador Mundi du même artiste a été vendu et décore actuellement la salle de bain d’un yacht de Luxe), ne pourrait pas être une idée intéressante pour renflouer les caisses de la culture française. A la clef, une potentielle manne de 50 milliards d’euros, valeur à laquelle il évalue l’oeuvre (je le crois, même si en ce qui me concerne mon tableau “galets empilés” de chez IKEA m’apparaît d’un coup très sous-coté).

Le Salvador Mundi de Leonard de Vinci
Salvador Mundi is watching you

Et si on vendait la Joconde ?

Déroulant cette interrogation provocante, Albert Dessaint, consultant et analyste chez Blockchain Partner, s’interroge sur le fil de discussion Linkedin sur la pertinence de la proposition, mais surtout sur le fait que celle-ci prendrait plus de sens si cette vente était assortie d’une tokenisation de l’oeuvre

« C’est typiquement le genre d’idée qui pourrait bénéficier de la tokenisation – procédé permettant de représenter sous la forme de jetons numériques sur la blockchain des parts d’un actif. L’idée ici serait de fractionner la propriété du tableau en plusieurs parts, sous la forme de jetons, qui pourraient être achetés par des investisseurs »

Le consultant poursuit en rappelant qu’au-delà de la fantaisie, la procédure pourrait être financièrement pertinente :

« Bien entendu, ces jetons pourront être aussi revendus sur un marché secondaire Le fractionnement serait un moyen de récolter de l’argent SANS perdre le contrôle (tant que les investisseurs n’ont pas la majorité des droits de vote) »

Tokeniser la Joconde, l'idée de la décennie ?
Mon bloc-note quand je m’ennuie au téléphone

Un débat riche de sens

L’idée était lancée, et au-delà de la gymnastique intellectuelle, il n’a pas fallu longtemps pour que les débats abordent des points très concrets.

D’un côté, ceux qui comme Bilal El Alamy (qui décidément apparaît beaucoup dans nos colonnes ces temps-ci avec sa société Equisafe) considèrent l’opération vaine, voire carrément impossible, en vertu de la réglementation française interdisant au musée de vendre leurs oeuvres (article L. 451-5 du code du Patrimoine et visa de l’article 11 de la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France). L’intéressé reconnait cependant que l’opération pourrait représenter un véritable avantage fiscal pour ses souscripteurs. Par ailleurs, certains commentateurs s’interrogent sur l’absence totale de liquidité et de second marché pour de tels actifs, voire lèvent les yeux au ciel face à cette volonté de chercher à tokeniser tout et surtout n’importe quoi…

De l’autre, ceux qui sont séduit par un concept certes nouveau mais qui aurait le mérite de proposer un nouveau modèle économique, peut-être applicable au Marché de l’Art, au-delà des trésors nationaux.

C’est donc le débat de la semaine dans la communauté, à cheval entre la techno, l’économie et l’Art. Et vous, quel camps choisirez-vous ?

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( Rédacteur )

Crypto-enthousiaste de la deuxième heure, rien n’a plus d’importance à mes yeux que d’accompagner l’adoption globale et la démocratisation des trésors que nous propose la blockchain.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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