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SuperRare, l’étoile montante des NFT et de l’art

Au cours de ces derniers mois, les NFT ont été sous les projecteurs. La DeFi s’essouffle lentement et le monde commence a réalisé que nous pouvons nous en servir pour autre chose que des chats virtuels. Sans surprise les premiers à avoir pris conscience de leur impact sont les collectionneurs et les artistes. Pour cette nouvelle rubrique interview internationale, nous accueillons John Crain, le fondateur et PDG de SuperRare la plus grande marketplace de NFT appliquée au monde de l’art.

Bonjour John, pouvez-vous vous présenter ? 

John Crain, PDG de SuperRare

Bonjour, je m’appelle John Crain et je suis le fondateur et PDG de SuperRare. Je me suis passionné il y a une dizaine d’année pour l’art numérique et les outils qui permettent de lui donner vie.  Il y a environ 5 ans je commence a entendre parler de la Blockchain et je tombe amoureux de la technologie. Il y a deux ans j’ai eu une prise de conscience : pourquoi ne pas fusionner mes deux passions ?

Vous considérez vous comme un artiste ou comme un amateur d’art ? 

Comme un passionné qui aime utiliser des outils informatiques pour générer plusieurs milliers de figures géométriques d’un coup. Lorsque j’étais à Brooklyn, mes amis et moi prenions plaisir à utiliser ces outils pour donner vie à des univers.

SuperRare est né d’une révélation ou d’une longue réflexion ?

À vrai dire, un peu des deux, durant mes années dans la Blockchain j’ai pu voir différents projets. Je me suis également fait la réflexion qu’avec la modernisation de notre société, nous assistons de plus en plus à de l’art expérimental à base de projection ou d’éléments informatiques. Collectionneur dans l’âme, il était pour moi logique de pouvoir à termes collecter cette nouvelle forme d’arts. Si de prime abord je suis resté concentré sur l’utilisation de la blockchain pour garantir l’authenticité, tout a changé à la suite du projet Cryptopunk.

Cryptopunk est le projet Ethereum qui a lancé qui a lancé le cryptoart en générant des petits dessins. Les gens se sont lancés dessus et l’esprit de collection était de retour. Quand Dapper Labs a aidé à la mise en place du standard ERC721 et que les wallets l’ont adopté, je me suis dit que nous entrions dans une nouvelle ère. Et un jour l’idée de SuperRare m’est venue. 

De manière simple, qu’est-ce que SuperRare ? 

SuperRare est une plateforme que nous avons lancé en avril 2018. Celle-ci a pour but de mettre en relation artiste et collectionneur afin qu’ils puissent, vendre, collectionner et surtout apprécier l’art digital !

Le succès a-t-il été immédiat ? 

Ahah, non bien au contraire. L’euphorie que nous vivons actuellement n’était à l’époque qu’un loin souvenir. Les gens étaient majoritairement pessimistes et nombreuses sont les personnes à nous avoir dit que Bitcoin et la blockchain allait disparaitre. La blockchain est déjà un secteur de niche, alors imaginez un peu celui des NFT appliqué à l’art à l’époque ! Néanmoins nous avons rapidement attiré un groupe d’artiste passionnée et de collectionneur qui nous ont permis de survivre et en 2020, tout s’est accéléré.

Comment avez-vous fait pour survivre durant ce bear market ?

Nous exercions à côté en tant que consultant dans la blockchain et lors de notre temps libre nous étions concentrés sur SuperRare. Depuis 2020 nous avons la chance d’être à 100 % sur le projet et nous sommes aujourd’hui une équipe d’une dizaine de personnes dont 30 % sont des femmes

Avez-vous votre propre token ? 

Pas à ce jour. Nous restons pour l’instant concentré sur notre rôle d’entremetteur.

Quel est la plus grosse vente que vous ayez enregistrée ? 

La plus grosse vente était un NFT vendu contre 160 Ethers, ce qui à l’époque représenté près de 86 000 $.

Quel est votre business modèle ? 

Sur le marché principal, nous exposons les oeuvres des artistes et prenons 15 % de frais sur la vente. Sur le marché secondaire, les frais sont de 3 % et sont payés par le vendeur. 10 % du montant de la vente est ensuite redistribué à l’artiste sous forme de royalties.

Quel est le pays achetant le plus de NFT ?

Il y a une bonne répartition en soit au niveau des artistes mais les pays les plus intéressés par les NFT sont l’argentine, le Mexique, les USA, Singapour et le Japon. Il faut quand même noter que les Etats-Unis représentent environ 30 % du trafic internet de SuperRare.

Il est déjà difficile d’évaluer une “véritable” œuvre d’art, comment fait-on pour un NFT ? 

C’est une bonne question, mais prenons le problème à l’envers. L’art moderne est pour beaucoup abstrait. Il reste néanmoins soumis à certains paramètres que l’on retrouve de manière générale dans l’art : 

  • la première œuvre d’un artiste connu, se vendra généralement plus cher
  • lorsque plusieurs artistes collaborent, la valeur de l’oeuvre augmente
  • l’histoire autour de l’oeuvre
  • l’histoire autour de l’artiste.

Les NFT sont soumis aux mêmes paramètres, ensuite chacun reste seul juge de la véritable valeur associé à un NFT.

Expliquez la Blockchain à son entourage est déjà compliqué … Comment vous en sortez-vous avec la NFT ?

C’est assez particulier en effet ! Les gens n’arrivent pas de prime abord à comprendre comment des éléments numériques peuvent s’échanger aussi cher ou pourquoi il s’agit d’art. Heureusement, l’être humain a toujours eu, au cours de l’histoire, cette propension à collectionner. Les plus curieux essayent et se rendent alors compte qu’il est bien plus facile d’avoir une connexion avec l’artiste. Ceux pour qui l’art revêt une composante sociale et permet une mise en avant de sa personne, assimilent que la transparence de la Blockchain accentue nettement cette mise en avant. Ceux qui désirent avoir des informations sur des ventes peuvent y avoir facilement accès là où il faudrait souscrire un abonnement pour l’art classique. En fin de compte, chacun y trouve son compte.

La soudaine croissance des NFT est-elle dûe à la covid ou s’agit-il d’une étape normale ? 

Pour moi c’est une étape normale car nous assistons à de plus en plus d’expositions utilisant la réalité virtuelle. Les NFT étaient et sont toujours une continuité logique de ce type d’exhibition, mais il est certain que la Covid a accéléré le mouvement. Je pense que nous avons à minima gagné un an.

Avez-vous signé des partenariats avec des musées ou des établissements d’art ? 

Actuellement nous n’avons aucun partenariat, hormis le musée “Contemporary Digital Art”: Home ” qui est spécialisé dans ce concept. Avec la Covid, de plus en plus de galeries traditionnelles s’intéressent à notre secteur et nous espérons signer quelques partenariats en 2021.

Nous avons vu le fonds Guggenheim investir dans les cryptos, cela va-t-il aider à démocratiser les NFT ?

Les NFT en profiteront, mais cela montre surtout que nous ne sommes plus dans les mêmes circonstances qu’en 2017. À l’époque la Blockchain faisait la une pour son côté spéculatif et dangereux, aujourd’hui elle est saluée par des investisseurs sérieux. C’est un signal très fort pour l’intégralité de notre industrie. 

Une fois la crise du Covid terminée, pensez-vous que nous assisterons à des enchères de NFT en présentiel ?

Oui je le pense. Les enchères sont un univers à part où l’on se rencontre à la fois en tant qu’investisseur mais également passionné. Il y a une véritable dimension sociale et les NFT sont eux aussi très sociaux. Avec la démocratisation des moyens de projections, nul doute que nous aurons des enchères pour des NFT. 

Ne penses-tu pas que l’immuabilité de la blockchain limite l’art ? On ne pourra pas détruire de l’art comme l’a fait Banksy par le passé.

Le standard des NFT reste plutôt flexible, on peut donc inclure dans les contrats certains éléments tels que des dates limites avant expiration. Il faudra être innovant mais je suis sûr que des artistes le seront.

On gardera ainsi l’aspect créatif de l’art tout en garantissant l’authenticité des œuvres grâce à la blockchain.

Pensez-vous que la tokenisation d’œuvres d’art physiques servira d’outils aux assurances ? 

Je pense en effet qu’à terme les NFT serviront en ce sens. Le standard évoluera et permettra une utilisation plus simple en fonction du cas d’usage.

Nous voyons les NFT arriver dans la DeFi. Pensez-vous que cette gamification restera ?

Pour moi c’est une initiative intéressante, mais qui n’aura aucun intérêt pour beaucoup de projets. Pour moi les NFT se suffisent à eux- mêmes, car l’art est déjà un secteur intéressant en soi.

Quel secteur sera le plus impacté par les NFT en dehors de l’art ?

Définitivement le secteur des jeux vidéo. Après je ne pense pas que nous ayons besoin d’un NFT pour représenter tous les assets. Néanmoins dans le cadre d’un métaverse, les NFT sont un excellent outil pour résoudre l’aspect de propriété.

Le domaine du luxe sera aussi impacté de par la mise en place de certificat d’authenticité sous la forme de NFT.

Est-ce difficile de créer son propre NFT ? 

Non, de nombreuses plateformes existent pour en créer facilement. Opensea, la marketplace la plus connue, propose ce type d’outils.

Quelles autres normes existent ils au delà des ERC721 et ERC1155

Ces deux standards sont en effet les deux plus populaires, mais je me souviens du ERC998. Celui-ci permettait la composabilité, c’est-à dire la fusion de plusieurs NFT. Ainsi une voiture pouvait être sous divisée en  NFT représentant chaque pièces de celle-ci. 

Le concept est très intéressant mais il y a un véritable challenge technique à résoudre. De plus, les frais actuels sont plutôt en défaveur d’un tel procédé. 

Actuellement, SuperRare n’est compatible qu’avec Ethereum, d’autres blockchain sont à venir ?

Nous attendons de voir les blockchain où les NFT se démocratiseront et nous prendrons celles-ci en charge. 

En dehors d’une réduction des frais, que va vous apportez ETH2.0

Rien de particulier, néanmoins cela nous amènera de nouveaux clients et de nouvelles œuvres d’art. Le prix moyen d’un NFT est aux alentours de 1 000 $ et s’adresse donc à un public assez aisé. Lorsque les frais baisseront, nous aurons peut-être des œuvres plus accessibles, qui aujourd’hui coûteraient moins cher que les frais à payer pour les obtenir.

 SuperRare en 3 mots ? 

  • Global
  • Art
  • Accessible

Quels sont tes deux projets préférés ? 

Audius une plateforme décentralisée en rapport avec la musique, bien focus sur l’UX et Boardroom qui ressemble un peu au projet Aragon mais qui en est une simplification.

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( Responsable Éditorial )

Président et Cofondateur de MinedHack et fervent défenseur de la Blockchain depuis 2017, je suis conscient que sans explications et vision de l’industrie son adoption n’aura jamais lieu. J’ose espérer en tant que Reporter et Rédacteur de CoinTribune aider à cette mission.

DISCLAIMER
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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