Accusée de contourner les sanctions, Binance contre-attaque
Binance paie encore les pots cassés de son passé. Après l’amende record de 2023, après la prison pour CZ, le géant devait se faire tout propre. Mais voilà que de nouvelles accusations refont surface. Un milliard de dollars aurait transité vers l’Iran via ses caisses. Pire : des enquêteurs internes auraient été remerciés. L’image de l’exchange crypto en prend un coup. Mais Richard Teng, le patron, ne compte pas se laisser faire.

En bref
- Fortune a révélé que Binance aurait laissé transiter plus d’un milliard de dollars vers l’Iran.
- Cinq enquêteurs internes auraient été licenciés après avoir donné l’alerte à leur hiérarchie.
- Richard Teng dément formellement et exige des corrections du magazine Fortune.
- Toutes les transactions suspectes ont utilisé l’USDT sur le réseau Tron.
Un milliard sous sanctions : l’enquête qui fait trembler Binance
L’Iran a enregistré 7,8 milliards de dollars d’activité crypto en 2025. Dans ce flux colossal, une partie aurait emprunté un chemin bien spécifique. Le 13 février, Fortune balance une enquête explosive. Des sources internes, des documents à l’appui : des enquêteurs de Binance auraient découvert plus d’un milliard de dollars de transactions liées à l’Iran.
Entre mars 2024 et août 2025, des flux massifs d’USDT ont transité sur le réseau Tron. Le problème ? Cette période se situe après l’accord historique avec la justice américaine, après la promesse de « maturité réglementaire » solennellement faite aux autorités.
Autre révélation qui fâche : au moins cinq enquêteurs auraient été licenciés après avoir remonté l’information. Trois d’entre eux venaient des forces de l’ordre, des pointures du renseignement financier. Quatre cadres de la conformité auraient également quitté le navire ces derniers mois. Robert Appleton, ancien du département de la Justice, résume le malaise :
C’est plutôt choquant que cela se soit produit sous monitorship avec des enquêteurs internes.
Le passé de Binance, décidément, colle à ses basques.
Richard Teng vide son chargeur dans la crypto-sphère
Richard Teng ne laisse pas passer. Le 16 février, le patron de Binance poste sur X un message qui claque :
Le dossier doit être clair. Aucune violation de sanctions n’a été trouvée, aucun enquêteur n’a été licencié pour avoir soulevé des inquiétudes, et Binance continue de respecter ses engagements réglementaires.
Il demande des corrections à Fortune. Il explique que l’exchange a mené sa propre enquête avec des avocats externes, et que le résultat est sans appel : zéro violation. Pour appuyer ses dires, il sort l’artillerie lourde : 1 300 employés dédiés à la conformité, des partenariats avec Chainalysis et Elliptic, le respect des lois de 21 juridictions.
L’émetteur du BNB ne se contente plus de démentir. Il contre-attaque sur toute la ligne. Mais une question demeure : pourquoi tant de départs dans l’équipe conformité si tout roule ?
Tether et Tron, le tandem maudit qui colle aux basques de Binance
Dernier détail et pas des moindres : toutes les transactions litigieuses ont utilisé le même binôme technique. De l’USDT sur le réseau Tron. Ce n’est pas un hasard si ce couple revient si souvent. Tron, rapide et économique, est aussi nettement moins traçable qu’Ethereum.
Les contournements de sanctions l’ont parfaitement compris. L’OFAC vient d’ailleurs de sanctionner deux exchanges britanniques pour exactement les mêmes motifs, avec les mêmes méthodes.
La Banque centrale d’Iran a elle-même acheté pour 500 millions d’USDT récemment, histoire de garder une réserve de dollars hors du système bancaire traditionnel. Binance, en tant que plus gros exchange crypto de la planète, devient malgré elle le réceptacle naturel de ces flux douteux.
Qu’elle le veuille ou non, elle les attire comme un aimant. Coupable ou pas ? Le débat reste ouvert. Mais les patterns, eux, s’accumulent de manière troublante.
Ce qu’il faut retenir de l’affaire iranienne
- 1 milliard de dollars : le montant des transactions suspectes selon l’enquête de Fortune ;
- 5 enquêteurs : le nombre de compliance officers qui auraient été licenciés après avoir alerté ;
- 4,3 milliards : l’amende historique que Binance devait faire oublier ;
- 610 dollars : le prix du BNB, imperturbable malgré la tempête médiatique ;
- 500 millions : les achats d’USDT par la Banque centrale d’Iran pour contourner les sanctions.
Alors, Binance dit-il vrai ou des choses échappent-elles à son contrôle ? Ce qui reste sous son contrôle, pourtant, alarme aussi. Des observateurs se demandent si le géant crypto a aggravé le krach d’octobre. Ses serveurs avaient ramé, des traders étaient restés bloqués. La question mérite d’être posée.
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