Algorand devient quantum-proof et embauche un ancien PDG de Chainlink - +72% pour ALGO
Algorand (ALGO) valait environ 0,133 $ le 29 septembre 2026. C’est 16 % de plus que la veille, et 72 % de plus qu’il y a six semaines. Deux nouvelles expliquent cet intérêt soudain. Fin août, le réseau a activé une mise à jour qui protège les comptes de ses utilisateurs contre les futurs ordinateurs quantiques. Puis, le 31 août, un nouveau patron est arrivé : William Herkelrath, un vétéran de Chainlink, chargé de conquérir les banques et les gestionnaires d’actifs. L’utilisation est la suivante : 677 000 portefeuilles actifs en août, soit 29,6 % de plus qu’en juillet. Une question reste ouverte : le marché achète-t-il vraiment Algorand, ou profite-t-il simplement d’un vaste rallye crypto ?

En Bref
- Le 29 septembre 2026, ALGO s’est échangé à environ 0,133 $, en hausse de 16 % en 24 heures et de 72 % sur six semaines, avec un volume de transactions triplé, selon les données relayées par KuCoin.
- La mise à jour v5.0.0, activée fin août, permet à tout utilisateur de créer un compte protégé contre les ordinateurs quantiques ; 1 800 comptes de ce type ont déjà été créés et 1,24 million de transactions effectuées en trois semaines.
- William Herkelrath, ancien de Chainlink, dirige la Fondation Algorand aux États-Unis depuis le 31 août ; il remplace Staci Warden, en poste depuis près de cinq ans.
Qu’est-ce qu’un compte protégé contre les ordinateurs quantiques ?
Aujourd’hui, un compte crypto est protégé par une clé secrète que les ordinateurs actuels ne peuvent pas deviner. Le problème : les ordinateurs quantiques, encore expérimentaux, pourraient un jour casser cette protection. Algorand a donc ajouté à son réseau un type de compte qui utilise une nouvelle forme de signature, Falcon-1024, sélectionnée et validée par le NIST, l’organisme américain qui établit les normes de sécurité informatique. Un ordinateur quantique ne pourrait pas la casser.
C’est ce que délivre la version 5.0.0 du logiciel d’Algorand, publiée le 16 août et activée environ une semaine plus tard, après un vote d’approbation à 90 % par les validateurs du réseau. Le thème n’est pas nouveau pour Algorand : comme nous l’avions noté lors d’une phase d’accumulation précédente, le réseau met en avant sa sécurité depuis des années sans que le prix ne suive. Il utilise Falcon depuis 2022 pour sceller son histoire, et a réalisé une première transaction de ce type en 2025. La différence cette fois : n’importe qui peut créer un tel compte, sans outil compliqué.
L’équipe elle-même reste prudente :
« Algorand n’est pas encore totalement sécurisé contre le quantique, et nous en sommes à environ un tiers du chemin, » a déclaré John Woods, le directeur technique de la Fondation, à CCN dans une interview en avril 2025. La feuille de route publiée en juin 2026 prévoit d’autres étapes d’ici la fin de l’année, puis en 2027.
La mise à jour modifie aussi la façon dont les frais sont calculés : les transactions simples coûtent toujours le même prix, mais celles qui sollicitent davantage le réseau paient plus. Et elle double la taille maximale des contrats intelligents, les programmes qui tournent sur la blockchain, permettant aux développeurs de créer des applications plus complexes. Selon le rapport mensuel d’août de la Fondation, 1 800 comptes protégés contre le quantique avaient été créés et 1,24 million de transactions de ce type effectuées entre le 20 août et le 7 septembre.
Un nouveau patron venu de Chainlink pour conquérir les banques
Le 9 septembre, la Fondation Algorand U.S., l’organisation qui pilote le développement du réseau, a annoncé dans un communiqué de presse l’arrivée de William Herkelrath en tant que directeur général, poste qu’il occupe depuis le 31 août. Il remplace Staci Warden, qui dirigeait la Fondation depuis près de cinq ans ; le communiqué ne précise pas ce qu’elle fera ensuite.
Herkelrath apporte vingt ans d’expérience en intelligence artificielle, logiciel d’entreprise et finance. Il a travaillé chez Chainlink, l’un des projets crypto les plus utilisés par les grandes entreprises, et chez Curv, une société spécialisée dans la garde sécurisée d’actifs numériques. Il rejoint également le conseil d’administration, où deux membres, Rebecca Rettig et Michael Mosier, quittent leur poste. Sa mission tient en deux mots : institutions et sécurité.
« Algorand est un leader en cryptographie post-quantique décentralisée, le réseau a une opportunité unique de devenir un partenaire de confiance pour les institutions financières » dit-il dans le communiqué.
En d’autres termes, la protection quantique devient le principal argument de vente auprès des banques, un secteur où Algorand veut se démarquer d’Ethereum et Solana.
Le réseau est-il vraiment plus utilisé ?
Oui, si l’on regarde le nombre d’utilisateurs. Le rapport d’août de la Fondation compte 32,9 millions de transactions dans le mois et 677 000 portefeuilles actifs, soit 29,6 % de plus qu’en juillet, avec 534 000 nouveaux portefeuilles créés. Du côté du staking, c’est-à-dire les utilisateurs ALGO qui immobilisent des tokens pour sécuriser le réseau et recevoir des récompenses, 2,02 milliards de tokens sont bloqués, dont 80,6 % par la communauté. Les récompenses versées en août ont atteint 6,74 millions d’ALGO.
Non, si l’on regarde l’argent déposé. La valeur totale placée dans les applications du réseau, son TVL, atteint au maximum 67 millions de dollars. C’est très peu : en comparaison, les plus grands réseaux détiennent plusieurs dizaines de milliards. Les stablecoins, les cryptos indexées sur le dollar servant de monnaie courante, ne pèsent que 43 millions sur Algorand, en léger recul. Le réseau gagne des utilisateurs, pas encore du capital.
Une nouvelle utilisation attire l’attention : les paiements effectués par des agents IA, des programmes autonomes qui achètent des données ou des services sans intervention humaine, via un protocole nommé x402 que promeut Algorand. En août, 615 000 paiements de ce type ont eu lieu, pour un total de 174 000 $, soit 28 cents en moyenne. Beaucoup de petites transactions, ce qui correspond à l’usage prévu, mais des montants encore anecdotiques.
Une hausse portée autant par le marché que par Algorand
Ces 72 % doivent être remis en contexte. Depuis la mi-août, les cryptomonnaies alternatives dans leur ensemble, les « altcoins », ont gagné 33 %, selon les données relayées le 29 septembre par KuCoin News, et le Bitcoin a retrouvé ses plus hauts niveaux depuis janvier fin septembre. Une bonne partie de la hausse d’ALGO vient donc de la marée qui soulève tous les bateaux.
Les indicateurs des traders montrent aussi un actif qui a monté vite, peut-être trop vite : les volumes ont triplé en une seule journée, et le RSI, qui mesure la force d’un mouvement, signale une zone de surachat, où les replis sont fréquents. ALGO a aussi l’habitude de buter sur ses niveaux de résistance, les points de prix où les vendeurs reprennent le contrôle.
Un dernier élément est réglementaire. Le 26 septembre, la SEC, le régulateur américain des marchés, a précisé que maintenir et améliorer un réseau qui fonctionne déjà ne suffisait pas à faire de son token un titre financier. Plusieurs réseaux, dont Algorand, espèrent en bénéficier, et la clarification a nourri une narration du marché le 28 septembre autour des « tokens américains conformes. » Mais la SEC n’a pas nommé Algorand, et cela ne doit pas être lu comme une décision à son sujet.
Deux dates prochaines apporteront des précisions. Le rapport de septembre de la Fondation, attendu début octobre, montrera si les nouveaux utilisateurs restent après l’effet de lancement. Et les premières annonces du nouveau PDG montreront si la promesse institutionnelle se traduit par des contrats signés. D’ici là, un actif qui a gagné 72 % en six semaines peut aussi chuter aussi vite qu’il a monté.
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