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Amazon obtient le blocage judiciaire de l’agent IA de Perplexity

11h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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L’affrontement entre Amazon et Perplexity marque un tournant pour le commerce dopé à l’IA. En obtenant le blocage judiciaire de Comet, le géant américain ne vise pas seulement un agent d’achat automatisé, mais il défend son contrôle sur l’accès à sa plateforme et aux données de ses utilisateurs. Derrière cette décision rendue à San Francisco, une question plus large émerge : jusqu’où les agents IA peuvent-ils agir au nom des internautes sans empiéter sur la souveraineté des grandes plateformes ?

Une entité IA semi-humaine, abstraite et lumineuse, avance dans un corridor numérique ou un espace technologique stylisé. Son élan est stoppé net par une barrière géométrique monumentale évoquant une décision judiciaire. Le point de contact entre l’agent IA et cette barrière doit concentrer toute la tension visuelle. Derrière cette séparation, une masse sombre et institutionnelle suggère la puissance juridique et corporative, sans référence textuelle.

En bref

  • Amazon a obtenu une injonction préliminaire contre Perplexity, empêchant pour l’instant son navigateur IA Comet d’effectuer des achats sur sa plateforme au nom des utilisateurs.
  • La justice américaine ne tranche pas encore le fond du dossier, mais elle valide à ce stade l’argument d’Amazon selon lequel l’accord d’un utilisateur ne suffit pas à autoriser un agent IA à accéder à ses services.
  • Le conflit s’intègre dans une confrontation plus ancienne entre les deux groupes, Amazon affirmant avoir multiplié les avertissements avant de saisir la justice.
  • Cette décision pourrait faire jurisprudence, en définissant plus clairement jusqu’où un agent IA peut agir au nom d’un utilisateur sur une grande plateforme.

Amazon obtient un premier coup d’arrêt contre Comet

Amazon a décroché une première victoire judiciaire face à Perplexity dans un dossier qui touche directement à l’essor du commerce agentique, alors que la firme vient de renforcer ses liens dans le domaine de l’IA. En effet, la juge fédérale Maxine Chesney a accordé une injonction préliminaire empêchant, à ce stade, le navigateur Comet d’effectuer des achats sur Amazon au nom des utilisateurs.

La décision ne règle pas encore le fond du litige, mais elle acte déjà un point central. Pour le tribunal, l’autorisation donnée par un utilisateur à un agent IA ne vaut pas automatiquement autorisation donnée par la plateforme elle-même.

Cette séquence s’insère dans un affrontement plus ancien entre les deux groupes. Amazon soutient avoir multiplié les avertissements avant de saisir la justice et affirme que Perplexity a poursuivi ses opérations malgré des mesures techniques de blocage. L’enjeu immédiat n’est donc pas seulement commercial. Il porte aussi sur la capacité d’une plateforme à contrôler les accès automatisés à ses services, surtout lorsqu’ils passent par des comptes clients protégés.

  • La juge fédérale Maxine Chesney a accordé une injonction préliminaire contre Perplexity, une mesure provisoire et non un jugement définitif ;
  • Selon la décision, Amazon a présenté des éléments qualifiés « des éléments de preuve globalement non contestés » pour soutenir que Perplexity accédait à des comptes Prime protégés par mot de passe avec l’accord des utilisateurs, mais sans l’autorisation d’Amazon ;
  • Amazon affirme avoir demandé à Perplexity d’arrêter au moins cinq fois depuis novembre 2024 ;
  • Après un blocage technique mis en place en août 2025, Perplexity aurait déployé une mise à jour en 24 heures pour contourner l’obstacle ;
  • L’ordonnance impose à Perplexity de cesser cet accès et de détruire les copies de données clients Amazon collectées via Comet. Son application a été suspendue pendant sept jours afin de permettre un appel.

Une affaire qui met à nu les fragilités du commerce agentique

La seconde lecture du dossier est plus large. Elle concerne la place que les plateformes sont prêtes à laisser à des agents capables d’acheter, de naviguer et d’arbitrer à la place du client. Perplexity a inscrit sa défense sur le terrain des droits de l’utilisateur.

L’entreprise dit vouloir « continuer à défendre le droit des internautes à choisir l’IA qu’ils veulent utiliser ». Dans un billet de blog publié en novembre grâce aux données on-chain, elle avait déjà qualifié l’offensive d’Amazon d’intimidation, tout en soutenant que le commerce agentique pouvait générer davantage de transactions pour le géant de Seattle.

Cette ligne entre en résonance avec une déclaration antérieure d’Andy Jassy, CEO d’Amazon, selon laquelle le commerce agentique « pourrait être très bénéfique pour le e-commerce », tout en restant, selon lui, insuffisamment fiable sur la personnalisation et les prix. Amazon ne conteste pas l’idée d’un commerce piloté par l’IA en soi, mais le fait qu’un tiers s’installe entre sa marketplace et ses utilisateurs sans son feu vert.

L’autre versant de l’affaire concerne la sécurité et l’économie du modèle. Amazon s’est appuyé sur des travaux de Brave publiés le 21 octobre 2025, selon lesquels Comet présentait des vulnérabilités de prompt injection via des captures d’écran et des contenus web malveillants.

Brave écrit que ces attaques montrent que les hypothèses classiques de sécurité du Web « ne tiennent plus lorsque des agents IA agissent au nom des utilisateurs » et que ce type d’assistant peut être manipulé par du contenu non fiable exécuté avec les privilèges authentifiés de l’utilisateur.

En parallèle, Amazon défend aussi un enjeu économique massif. Le groupe a généré 68,6 milliards de dollars de revenus publicitaires en 2025, et un agent qui saute directement de la requête au paiement efface au passage les emplacements sponsorisés qui structurent une partie de la monétisation de la plateforme. Le contexte industriel ajoute une couche supplémentaire. AWS et OpenAI ont annoncé le 3 novembre 2025 un partenariat stratégique pluriannuel représentant 38 milliards de dollars, avec un déploiement de capacité ciblé avant fin 2026.

Au-delà du revers infligé à Perplexity, l’essor des agents IA se heurtera aux lignes rouges fixées par les plateformes. Reste à savoir si ce cadre se durcira encore avec de nouvelles initiatives réglementaires ou politiques, à l’image du décret « Genesis Mission », désormais scruté comme un possible signal d’accélération.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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