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Chainalysis classe l'Ukraine au 3e rang mondial pour l'adoption du bitcoin

mer 21 Sep 2022 ▪ 13h00 ▪ 6 min de lecture - par Nicolas Teterel

La firme d’analyse de blockchain Chainalysis a publié son TOP 20 annuel des pays où l’adoption du bitcoin est la plus forte. Le Vietnam caracole et la Chine fait son retour dans le top 10.

La méthode de classement de Chainalysis

Il serait facile de classer les pays en fonction du volume de transactions en bitcoin et puis c’est tout. Chainalysis va plus loin en pondérant ces volumes en fonction de la parité de pouvoir d’achat (PPA).

La raison étant qu’il est évident que les volumes des pays riches seront toujours supérieurs à ceux d’un pays pauvre. Mais cela ne dit pas tout, notamment en ce qui concerne son adoption. Il est plus intéressant de rapporter ces volumes à la richesse totale du pays.

Chainalysis compare donc les volumes en parité de pouvoir d’achat par habitant. C’est-à-dire en utilisant un taux de change qui égalise le coût de la vie d’un pays à l’autre.

En effet, une coupe de cheveux coûte beaucoup moins cher en Chine qu’à New York si l’on prend le taux de change officiel en compte. Mais pourquoi devrions-nous valoriser différemment un même service ? Cette déformation de la réalité se gomme grâce à la parité de pouvoir d’achat.

Dit autrement, 0.01 BTC acheté par un Vietnamien pèse davantage que 0.01 BTC acheté par un Français. Si deux pays ont reçu la même quantité de BTC, le pays dont la PPA par habitant est la plus faible se classerait en tête.

L’indice global d’adoption des crypto-monnaies de chainalysis est un classement de 146 pays en fonction de cinq types de volumes :

  • Retail sur les exhanges
  • Retail sur la DeFi
  • Institutionnels sur les exchanges
  • Institutionnels sur la DeFi
  • Volumes des échanges de cryptomonnaies en P2P (en fonction la PPA, mais également en fonction du nombre d’utilisateurs internet)

Les deux sous-indices retail regroupent les transactions en BTC d’une valeur inférieure à 10 000 dollars. Tous les sous-indices sont pondérés en fonction de la PPA.

« Si l’activité institutionnelle est importante, nous souhaitons également mettre en évidence les pays où les investisseurs individuels [retail] sont les plus nombreux », peut-on lire dans le rapport.

Une moyenne de ces cinq sous-indices est ensuite normalisée en une échelle de 0 à 1. Plus le score final du pays est proche de 1 et mieux c’est :

Principaux enseignements de l’indice d’adoption des crypto-monnaies 2022

Malgré le bear market, Chainalysis estime que « l’adoption mondiale s’est stabilisée au cours de l’année dernière après une constante augmentation depuis la mi-2019 ». « Néanmoins, l’adoption mondiale reste bien supérieure à ce qui prévalait avant le bull market de 2019. »

Il apparaît aussi que ce sont les marchés émergents qui dominent le haut du classement. Sur les 20 premiers pays classés :

  • Huit sont des pays à revenus un peu supérieurs à la moyenne mondiale : Brésil, Thaïlande, Russie, Chine, Turquie, Argentine, Colombie et Équateur.
  • Dix sont des pays à revenus un peu inférieurs à la moyenne mondiale : Vietnam, Philippines, Ukraine, Inde, Pakistan, Nigeria, Maroc, Népal, Kenya et Indonésie.
  • Deux sont à hauts revenus : les États-Unis et le Royaume-Uni.
  • Aucun pays à revenus faibles

[À noter l’absence du Salvador du top 20. Probablement que le pourquoi du comment se trouve dans le rapport intégral qui sera publié dans quelque temps. Trouvez ici notre article sur le classement de 2021]

Chainalysis explique que les cryptomonnaies servent à envoyer de petites sommes à l’étranger (remittances), protéger son épargne de l’inflation, mais aussi des variations de taux de change.

Ces pays ont également davantage tendance à s’appuyer sur le bitcoin et les stablecoins que les pays riches. Les occidentaux préfèrent spéculer sur les shitcoins. La raison étant que l’inflation où l’impossibilité d’envoyer des fonds à l’étranger ne sont pas un problème pour eux.

Cela dit, l’inflation commence à se faire sentir même sur le vieux continent. À ce titre, soulignons que la moyenne du taux d’inflation des 20 premiers pays du classement est de 17 %. Soit beaucoup plus que la moyenne mondiale qui est de 5 %.

À noter aussi que la Chine fait son retour dans le top 10. Ce qui est raccord avec le fait que 20 % du mining de BTC se réalise toujours en Chine malgré le « ban ». Chainalysis juge cela « particulièrement intéressant compte tenu de […] l’interdiction du trading de cryptomonnaies annoncée en septembre 2021 ». « Nos données suggèrent que cette interdiction a été soit inefficace, soit peu appliquée. »

La troisième position de l’Ukraine est moins surprenante. Les banques limitent les retraits journaliers Il est également impossible de convertir ses hryvnias contre des monnaies étrangères. Dit autrement, les cartes bancaires ukrainiennes ne fonctionnent pas à l’étranger. D’où l’attrait pour le BTC dans ce pays où l’inflation atteint par ailleurs 24 % par an…

Il est affligeant de voir que l’Europe est à la traîne. Néanmoins, les Européens, qui pensaient que l’inflation n’arrive qu’aux autres, pourraient bien s’intéresser davantage au bitcoin dès cet hiver…

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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