Pourquoi le monde a besoin du bitcoin (BTC) et d’autres cryptos : Une perspective africaine

mer 29 Déc 2021 ▪ 22h00 ▪ 7 min de lecture - par Salomé Guerin

L’utilisation croissante des cryptomonnaies en Afrique au cours des dernières années a non seulement montré que les monnaies numériques sont désormais un moyen essentiel de transférer des fonds au-delà des frontières et entre les personnes, mais qu’elles sont également un moyen important d’accéder aux marchés mondiaux pour les exclus financiers.

La crypto est une nécessité essentielle

Malgré les efforts continus des régulateurs visant à réduire l’utilisation ou le trading des cryptomonnaies, le nombre d’utilisateurs de ces actifs numériques continue de croître. Comme certaines études l’ont montré à plusieurs reprises, les cryptomonnaies telles que le bitcoin qui sont utilisées en tant que réserve de valeur alternative sont devenues une nécessité.

Malgré leur volatilité, les cryptomonnaies offrent aux utilisateurs ou aux détenteurs une aptitude à contrôler leur richesse, ce qui semble presque impossible avec les monnaies fiduciaires. En effet, dans les pays ravagés par l’inflation ou ceux dont les monnaies nationales sont instables, les cryptomonnaies offrent une voie de sortie qui ne leur était pas accessible avant la crise financière mondiale de 2008.

Comme l’a montré l’exemple récent de la Turquie qui se noie dans une crise profonde, lorsqu’une monnaie se déprécie rapidement dans un environnement où la propriété ou l’accès à d’autres réserves de valeur comme l’or est restreint, les résidents se tournent vers les cryptomonnaies.

Un nombre infini de personnes pensent que l’utilisation de cryptomonnaies ou les transferts d’argent en cryptoactifs au-delà des frontières nationales se sont avérés être le cas d’utilisation le plus important et probablement le meilleur au sein de l’économie instable. Très peu d’opposants aux monnaies numériques privées seront en désaccord avec cette évaluation. En effet, l’envoi de fonds à l’étranger est plus efficace lorsque vous utilisez des cryptos comme XRP, Stellar ou bien Bitcoin Cash que d’utiliser des canaux traditionnels formels et informels.

Comme l’a démontré la situation au Nigéria avant le blocus des entités crypto de l’écosystème bancaire, les envois de fonds basés sur la cryptomonnaie ont le potentiel de dépasser les canaux habituels d’envoi d’argent. Outre sa rapidité, l’envoi d’argent en crypto a permis aux migrants nigérians de contourner de nombreux intermédiaires traditionnellement impliqués dans les transactions transfrontalières.

Pour les expéditeurs, cela signifiait un frais beaucoup moins important pour envoyer des fonds à leurs proches. En même temps, vu que les cryptomonnaies sont difficiles à contrôler ou censurer, les destinataires nigérians ont eu la possibilité de convertir ces fonds en monnaie locale en profitant des taux de change plus élevés par rapport à ceux proposés par le gouvernement. En fait, c’est essentiellement la raison qui a incité la Banque centrale du Nigéria (CBN) à prendre enfin des mesures contre les entités crypto le 5 février 2021.

Bien sûr, cet acte et les mesures ultérieures de la CBN n’ont pas mis fin à la popularité des cryptomonnaies au Nigéria comme les autorités l’espéraient. Au contraire, les restrictions n’ont jusqu’à présent réussi qu’à promouvoir le trading peer-to-peer de bitcoins, comme le suggèrent les données de Useful Tulips au cours des neuf derniers mois. Cet échec de l’action réglementaire entreprise par la CBN, ainsi que celle de nombreux autres régulateurs à travers le monde prouve une fois de plus qu’une innovation utile ne peut être stoppée par la réglementation.

Accès aux marchés financiers mondiaux

Le cas d’utilisation des cryptomonnaies dont on parle le moins, mais qui est tout aussi important, est l’opportunité d’échange et l’accès qu’elles offrent aux habitants des pays en développement. En effet, dans pas mal de ces régions, l’accès à certains produits financiers est limité par des facteurs allant de la taille du système financier d’un pays à son PIB.

Dans certains cas, l’accès aux services financiers dépend en fait de la relation entre un pays moins développé et ses homologues plus développés.

Si les relations sont froides, il y a de fortes chances que l’accès au système financier mondial et aux services associés soit fortement limité. Par exemple, un ressortissant zimbabwéen souhaitant négocier des actions à la Bourse de New York ou acheter des marchandises sur Amazon peut être empêché de le faire directement en raison des sanctions de l’OFAC (littéralement traduit par « Bureau du contrôle des avoirs étrangers »), un organe se soumet directement aux ordres du Trésor américain.

Toutefois, en utilisant des plateformes d’échange de cryptomonnaies, le même ressortissant zimbabwéen peut effectivement acheter des actions mondiales en vogue comme Tesla, Amazon, Microsoft, etc. En d’autres termes, grâce aux cryptomonnaies, les traders africains ont accès aux marchés les plus liquides et aux actions les plus rentables au monde.

En plus d’utiliser des cryptomonnaies pour échanger des actions fiduciaires, les traders du continent africain peuvent effectuer des échanges en cryptomonnaies 24 heures sur 24 par le biais de nombreuses plateformes crypto. Ils se sont en effet engagés dans de nombreuses autres formes de trading, y compris le jalonnement, les contrats à terme risqués et le trading sur marge. Tout cela est possible car les cryptomonnaies peuvent être détenues par n’importe qui, y compris les personnes non bancarisées.

Lutter contre la cryptomonnaie : un exercice futile

Ainsi, même si les organismes de réglementation ont pour but d’arrêter ou de limiter l’utilisation des cryptomonnaies, la réalité est que la crypto a ouvert la porte à de nombreuses opportunités. L’idée d’interdire le trading de la cryptomonnaie sans proposer une meilleure variante ou rendre le système financier actuel bénéfique à tous, risque d’être un exercice futile.

Ce fait devrait être clair pour les pays africains qui ont jusqu’à présent copié toutes les mesures prises par leurs homologues occidentaux pour réprimer ou limiter l’utilisation des cryptomonnaies. Il devrait également être évident pour les banques centrales et les régulateurs africains que le lancement d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) ne suffira pas à rétablir la confiance dans une monnaie nationale.

Une fois qu’une monnaie chute, il faut bien plus que lui donner un autre nom afin que bon nombre de personnes y croient à nouveau. Par conséquent, au lieu d’essayer d’empêcher l’utilisation des cryptomonnaies, un régulateur intelligent devrait considérer la popularité des cryptoactifs comme une manifestation de méfiance à l’égard du système financier. Par contre, des efforts visant à comprendre et enfin profiter de la notoriété des cryptomonnaies devraient aider les banques centrales africaines à élaborer la réponse réglementaire appropriée.

Source : Bitcoin.com

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Salomé Guerin

Si les cryptomonnaies sont synonymes de liberté financière, alors elles doivent jouer un rôle clé dans l'émancipation financière des femmes. Avec l'éducation adéquate, la crypto peut constituer un outil puissant pour mener la bataille contre les inégalités de genre.

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