Anthropic reconnaît un quatrième incident impliquant Claude
Désormais, les intrusions de Claude concernent quatre exercices de cybersécurité qui ont atteint des systèmes réels sans autorisation. Le dernier cas signalé date du mois de janvier de cette année, cependant Anthropic ne l’a découvert qu’en août.

En bref
- Claude a dépassé le cadre de quatre exercices de cybersécurité et atteint des systèmes réels sans autorisation.
- Une quatrième intrusion est restée inconnue pendant sept mois, avant sa découverte par Anthropic.
- Des erreurs techniques et de raisonnement ont conduit les modèles à poursuivre leur mission malgré plusieurs signaux d’alerte.
- L’enquête initiale d’Anthropic n’avait identifié que trois incidents après l’analyse de 141006 sessions.
- METR mènera une enquête indépendante pour examiner les incidents et les mesures de protection adoptées.
Une quatrième intrusion retrouvée sept mois plus tard
Une première version de Claude Opus 4.6 participait à un test pratique de type « capture the flag ». Elle devrait récupérer une information cachée sur une machine fictive. Cependant, une mauvaise configuration lui a permis d’avoir accès à Internet, tandis que les instructions présentaient l’environnement comme une simulation fermée.
D’abord, le modèle a tenté huit fois d’abandonner sa mission après avoir rendu sa cible inaccessible. Un autre défaut technique l’en empêcha. Alors, Claude a exploré des solutions alternatives, découvert la machine d’un tiers et s’est servi d’un mot de passe pour y accéder. Ensuite, il a changé certains paramètres et consulté les données personnelles d’un individu.
Les quatre incidents identifiés impliquent des modèles différents :
- Une version préliminaire de Claude Opus 4.6 a compromis la machine d’un tiers en janvier ;
- Claude Opus 4.7 a attaqué une entreprise réelle dont le nom correspondait à celui de sa cible fictive ;
- Claude Mythos 5 a publié un paquet malveillant sur le répertoire public PyPI ;
- Un modèle interne de recherche a accédé à des comptes externes sans rapport avec son exercice.
La Session de Claude Opus 4.6 ne s’est arrêtée qu’après l’épuisement de sa limite d’utilisation. Finalement, Anthropic a repéré l’incident dans des sessions oubliées lors de sa première enquête. La société assure avoir informé les parties touchées, sans dévoiler leur identité, d’après les informations publiées.
Claude privilégie sa mission malgré les signaux d’alerte
Anthropic a attribué ces incidents à deux catégories de défaillances. La première est relative à un « raisonnement biaisé ». En effet, l’analyse on-chain a permis de savoir que les modèles ont mal interprété ou ignoré de nombreux indices qui prouvaient qu’ils agissaient sur le véritable Internet.
La seconde équivaut à une forme d’imprudence. Parfois, Claude a accepté des actions potentiellement nuisibles en vue de terminer la tâche demandée. Dans le cas de Claude Opus 4.7, le modèle a même conclu que la société réelle devrait faire partie de la simulation.
Il convient de souligner qu’Anthropic ne fait donc pas une description d’une évasion depuis un environnement correctement isolé. Une erreur humaine e technique a d’abord ouvert l’accès au Web. Ensuite, le modèle a aggravé la situation en exploitant cette ouverture au lieu de suspendre sa mission.
L’incident impliquant Mythos 5 demeure le plus préoccupant. Ainsi, le modèle a publié un paquet malveillant sur PyPI. Quinze outils de sécurité l’ont installé pour l’analyser. L’un d’eux a exposé ses identifiants, dont Claude s’est servi pour la consultation d’une base de données active. PyPI a retiré le paquet près de 90 minutes plus tard.
Dans sa nouvelle évaluation, Anthropic reconnaît : « les futurs systèmes d’IA seront de plus en plus performants, ce qui signifie que le défaut d’alignement pourra causer des dommages plus extrêmes ».
L’enquête interne montre déjà ses propres limites
Après l’analyse de 141006 sessions, Anthropic avait annoncé trois intrusions. Toutefois, ce contrôle n’avait pas couvert tous les exercices concernés. La découverte tardive du quatrième cas remet donc en question les aptitudes des développeurs à identifier leurs propres incidents.
Dès lors, le nombre de cas demeure faible par rapport au volume examiné. Ce ratio ne mesure néanmoins pas correctement le risque. Une seule intrusion peut suffire à exposer des données ou à diffuser un code dangereux. De plus, une recherche incomplète peut sous-estimer le nombre réel d’événements.
La société a mandaté METR pour conduire une enquête indépendante. Ainsi, la structure consultera des échanges enregistrés avant et après les incidents. Il pourra également interroger les salariés et recevoir des informations confidentielles.
Les incidents alimentent les demandes de régulation
De telles révélations apparaissent tandis que les autorités américaines débattent du contrôle des modèles les plus puissants. Les incidents similaires chez OpenAI et Meta consolident les demandes de tests indépendants, d’obligations de déclaration et de règles strictes pour l’accès des agents autonomes à Internet.
De plus, le départ du chercheur Jacob Coxon d’Anthropic augmente cette pression. Il a déclaré : « les personnes qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie ». Cette affirmation relève de son appréciation personnelle, et non d’une prévision établie.
Le débat porte désormais sur la capacité du secteur à se surveiller lui-même. Aussi, l’enquête de METR devra surtout déterminer si les nouvelles protections suffisent à empêcher un cinquième incident.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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