Arbitrum, Optimism et Base réagissent aux critiques de Buterin sur les L2
Ces derniers mois, Vitalik Buterin ne cesse de revenir sur un sujet qui le hante : les Layer 2 (L2). Malgré les récents succès techniques d’Ethereum et ses mises à jour convaincantes, le cofondateur du réseau estime que la mission des L2 doit évoluer. Pour lui, la simple idée de « scaling » n’est plus suffisante. Il appelle désormais à une refonte profonde : faire des L2 des environnements spécialisés, et non des copies bon marché d’Ethereum.

En bref
- Vitalik Buterin estime que les L2 doivent dépasser le rôle de simple moteur de scalabilité.
- Karl Floersch critique les délais d’une semaine pour les retraits depuis Ethereum vers les L2.
- Steven Goldfeder défend Arbitrum comme moteur de transactions dépassant 1 000 tps contre 40 sur Ethereum.
- Jesse Pollak affirme que Base veut innover tout en renforçant l’écosystème global d’Ethereum.
Vitalik Buterin sonne la fin du « tout-scaling »
Vitalik Buterin a surpris la communauté crypto avec une série de posts publiés sur X. Il y déclare que la vision initiale des L2 ne tient plus. Selon lui, la scalabilité du réseau principal d’Ethereum progresse rapidement : hausse du gas limit, baisse des frais, et intégration future des ZK-EVM proofs.
Les L2, conçues comme moteurs de performance, peinent à suivre : dépendance aux ponts multisignatures, lenteur vers le Stage 2, et sécurité incomplète. Buterin appelle donc à la spécialisation : les rollups devraient explorer d’autres voies — IA, confidentialité, finance institutionnelle, ou jeux blockchain.
Dans un message clair, Jesse Pollak résume :
À l’avenir, les L2 ne peuvent plus se contenter d’être des “Ethereum à moindre coût”. C’est pourquoi, depuis le lancement de Base, nous nous engageons chaque jour à accueillir de nouveaux utilisateurs, développeurs et applications, à faire progresser la technologie, et à le faire de manière symbiotique, pour faire croître l’ensemble de l’écosystème.
Ce changement de ton révèle une transition : Ethereum ne cherche plus à tout absorber, mais à devenir un écosystème fédérateur, où chaque L2 assume une identité propre tout en renforçant la cohérence du réseau.
Optimism, Arbitrum et Base : réactions en chaîne dans la crypto-sphère
La publication de Buterin a déclenché une avalanche de réponses parmi les acteurs majeurs du marché crypto.
Chez Optimism Foundation, Karl Floersch s’est montré enthousiaste, mais lucide :
Le délai de retrait par défaut depuis Ethereum est d’une semaine ! C’est insensé et doit devenir une priorité. Il faut qu’on le ramène à une heure… ou même dix minutes !
De son côté, Steven Goldfeder, cofondateur d’Offchain Labs, a publié un thread dense : pour lui, le scaling reste essentiel. Il rappelle qu’Arbitrum et Base ont déjà dépassé les 1 000 transactions par seconde quand Ethereum plafonnait à 40.
Goldfeder prévient : si Ethereum se montre « hostile » aux L2, certaines entreprises pourraient choisir de créer leurs propres Layer 1 indépendantes. Un scénario qui ferait perdre à Ethereum son statut de colonne vertébrale du web 3.
Enfin, Jesse Pollak (Base) salue une évolution « gagnant-gagnant » : plus de puissance pour Ethereum, plus d’espace d’innovation pour les L2.
Ethereum : entre unité et divergence dans la course crypto
Au-delà des échanges techniques, c’est la philosophie d’Ethereum qui se redessine. La Layer 1 gagne en puissance, tandis que les L2 deviennent des laboratoires d’innovation.
Vitalik veut instaurer un nouveau lien de confiance via le futur « native rollup precompile », une fonctionnalité censée rendre les vérifications de preuves ZK-EVM plus sûres et automatisées.
Mais le débat révèle une tension : comment préserver l’unité de l’écosystème tout en favorisant la diversité ? Goldfeder résume : Arbitrum n’est pas Ethereum, mais son allié le plus proche.
Pour les investisseurs crypto, cette phase ressemble à un test de maturité. Si les L2 s’émancipent sans se couper du réseau principal, Ethereum pourrait devenir le système le plus modulaire du secteur.
Sinon, la fragmentation menace. Le risque : voir émerger des blocs concurrents, chacun jouant sa propre partition du web 3.
Quelques repères clés sur Ethereum et ses L2
- Prix actuel de l’ETH : 2 080 $ sur les marchés crypto ;
- Transactions récentes : jusqu’à 1 000 tps sur Arbitrum et Base, contre 40 tps sur L1 ;
- Défi technique : Stage 2 proofs encore non sécurisées pour les ponts majeurs ;
- Perspective : hausse du gas limit prévue d’ici fin 2026 ;
- Tendance crypto : les L2 captent près de 60 % du trafic d’applications décentralisées.
Vitalik Buterin regarde déjà plus loin. Alors que la question des L2 agite la communauté, il alerte désormais sur une autre menace : l’informatique quantique. Selon lui, cette technologie pourrait mettre en péril les clés cryptographiques d’Ethereum avant 2028. Une nouvelle bataille s’annonce, bien plus radicale que celle du « scaling ».
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