Bitcoin : 490 millions misés sur un crash vers 40 000 dollars, faut-il s’alarmer ?
Le marché des options Bitcoin montre un signal clair : le put à 40 000 $ est devenu le deuxième plus gros pari avant l’échéance du 27 février, avec environ 490 millions de dollars de notionnel. Dit autrement, une partie des traders paie cher pour une assurance “catastrophe”. Est-ce une prophétie ? Pas forcément. C’est souvent un réflexe de couverture quand le marché vient de se faire secouer. Le bitcoin traîne aujourd’hui autour de 66 000–68 000 $, après une baisse marquée depuis les sommets d’octobre. Dans ce décor, les options ressemblent moins à un vote sur l’avenir qu’à une ceinture de sécurité bouclée au dernier moment.

En bref
- Un put Bitcoin à 40 000 $ grossit à 490 M$ : le marché achète de la protection avant le 27 février.
- Les calls restent dominants, signe que beaucoup gardent un biais rebond malgré la nervosité.
- Ce n’est pas une prédiction, c’est un thermomètre de stress.
Un put géant sur bitcoin n’est pas une prédiction, c’est une assurance
Quand une option de vente grossit autant, il faut d’abord regarder qui l’achète. Des fonds peuvent couvrir un portefeuille spot, des mineurs peuvent sécuriser leur trésorerie, et des desks peuvent structurer des stratégies plus complexes. Le chiffre de 490 millions impressionne, mais il parle surtout de demande de protection, pas d’une certitude que bitcoin ira à 40 000 $.
L’autre point qui trompe souvent, c’est la confusion entre “notionnel” et “risque réel”. Le notionnel est une façon de mesurer la taille d’un strike, pas la perte maximale. Une option peut être achetée pour se protéger d’un scénario extrême… qui ne se produit jamais. Et c’est justement le but d’une assurance : être content de l’avoir, et encore plus content de ne pas s’en servir.
Enfin, 40 000 $ pour bitcoin est un niveau psychologique. Il raconte une peur simple à comprendre et donc facile à trader. Dans les périodes de baisse, les marchés aiment les chiffres ronds. Ils servent de repères, parfois de pièges, souvent de titres.
Le “max pain” et l’échéance : la mécanique qui crée du bruit
On parle aussi d’un autre aimant : autour de 75 000 $, il y aurait environ 566 millions de dollars positionnés, un niveau souvent décrit comme le “max pain”. Cette idée est intuitive : c’est la zone où un maximum d’options expireraient sans valeur, ce qui “fait mal” aux acheteurs d’options, et arrange plutôt les vendeurs.
Il faut rester prudent avec cette notion. Le “max pain” n’est pas une loi de la physique. C’est une lecture de l’open interest, utile pour comprendre où se concentrent les intérêts, mais insuffisante pour expliquer un mouvement de prix à elle seule. Le spot peut l’ignorer complètement si une news, un flux macro, ou une liquidation de levier arrive au mauvais moment.
Ce qui compte surtout, c’est l’approche de l’échéance. Plus on s’en rapproche, plus les ajustements de couverture peuvent accélérer les mouvements, parfois dans un sens contre-intuitif. Un bitcoin qui baisse peut provoquer des hedges qui accentuent la baisse. Un marché qui rebondit peut forcer des rachats rapides. À l’écran, ça ressemble à une décision “émotionnelle”. En coulisse, c’est souvent de la plomberie.
Le ratio put/call dit : “on se protège”, pas “on capitule”
Malgré le put à 40 000 $ sur bitcoin, l’ensemble du marché options reste majoritairement orienté calls, avec davantage de contrats d’achat que de vente, et un ratio put/call autour de 0,72. C’est le détail que beaucoup oublient : les traders ne jouent pas uniquement la chute, ils essaient de garder une exposition au rebond tout en se couvrant.
Ce mix est logique après une grosse correction. D’un côté, tu as des investisseurs qui refusent de rater un retournement. De l’autre, tu as des acteurs qui ont appris à leurs dépens que bitcoin peut glisser plus loin que prévu. Les deux cohabitent dans le carnet d’options, et ça produit une carte du risque, pas une direction unique.
Faut-il s’alarmer ? Plutôt surveiller. Un gros put montre que le marché price davantage le scénario extrême qu’avant, surtout dans un contexte où certains analystes remettent sur la table l’idée d’une “crypto winter” et de niveaux bien plus bas. Mais alarme ne veut pas dire panique. La bonne lecture, c’est : la peur se monnaye plus cher, donc l’incertitude a monté d’un cran et le sentiment atteint un niveau critique.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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