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Bitcoin : Google franchit une étape vers des ordinateurs quantiques fiables

9h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Google a démontré sur son processeur Willow une méthode qui réduit fortement les erreurs lors de la création d’un composant essentiel au calcul quantique universel. Cette avancée rapproche la recherche d’ordinateurs quantiques utiles, mais elle ne permet pas encore de casser les signatures qui sécurisent les bitcoins.

La scène illustre les avancées de Google vers des ordinateurs quantiques plus fiables et leurs implications potentielles pour Bitcoin. Au centre, une gigantesque machine quantique rayonnante symbolise les progrès technologiques réalisés par Google. Les scientifiques, fascinés et stupéfaits, observent cette innovation susceptible de transformer l’informatique. À droite, une immense pièce Bitcoin représente les cryptos dont la sécurité cryptographique pourrait, à terme, être confrontée aux capacités quantiques. Les faisceaux lumineux reliant les deux éléments évoquent cette interaction future. L’ensemble traduit une révolution technologique prometteuse, mais aussi une interrogation majeure sur la résistance du Bitcoin face aux ordinateurs quantiques.

En bref

  • Google franchit une étape majeure dans le calcul quantique grâce à Willow, avec une réduction des erreurs d’environ 40 fois.
  • Le Bitcoin reste hors de portée des ordinateurs quantiques actuels, malgré les progrès réalisés par Google.
  • Le Q-Day représente une menace à long terme pour les signatures cryptographiques qui sécurisent les bitcoins.
  • Certains bitcoins sont plus exposés que d’autres, notamment ceux dont les clés publiques sont déjà visibles.
  • La transition vers une cryptographie post-quantique devient essentielle pour protéger Bitcoin avant l’arrivée de machines suffisamment puissantes.

Google réduit de 40 fois une erreur quantique majeure

Tandis que l’informatique quantique vise le bitcoin, l’équipe Google Quantum AI a annoncé le 15 octobre avoir testé avec succès la « culture d’états magiques » sur du matériel réel. Cette technique vise à produire des états quantiques très fiables, nécessaires à l’exécution de certaines opérations complexes sur un ordinateur quantique corrigé des erreurs.

Les résultats présentent plusieurs avancées précises :

  • Le taux d’erreur a été divisé par environ 40 par rapport aux états non traités ;
  • Les chercheurs ont obtenu une fidélité logique de 99,99 % ;
  • L’expérience a été réalisée sur Willow, le processeur quantique de Google ;
  • Seuls 8 % des essais ont été conservés après la détection des erreurs ;
  • La méthode doit encore fonctionner à une échelle beaucoup plus importante.

Les états magiques permettent d’effectuer des opérations indispensables au calcul quantique universel. Leur production représente toutefois un coût considérable. Selon certaines estimations, elle pourrait mobiliser jusqu’à 95 % des capacités d’une machine quantique, au détriment des calculs eux-mêmes.

La technique de Google agit comme un filtre. Elle place d’abord un état imparfait dans une petite zone du processeur, puis réalise plusieurs mesures coordonnées afin d’écarter les essais défectueux. Les états retenus sont ensuite transférés vers un code de correction plus large.

Google présente cette expérience comme la première démonstration matérielle d’une solution pratique à ce goulet d’étranglement. L’entreprise, tout en reconnaissant que de nombreux obstacles techniques subsistent, explique :

Cette réussite transforme une idée théorique majeure en une réalité démontrée expérimentalement.

Le BTC reste hors de portée des machines actuelles

L’annonce ne signifie pas que Willow peut retrouver les clés privées des portefeuilles Bitcoin. Elle améliore la qualité d’une ressource nécessaire aux futurs calculs quantiques, mais ne fournit ni le nombre de qubits ni la stabilité requis pour exécuter une attaque cryptographique complète.

Le bitcoin utilise notamment l’algorithme de signature ECDSA sur la courbe secp256k1. Un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait appliquer l’algorithme de Shor afin de calculer une clé privée à partir d’une clé publique. Il pourrait alors produire une signature valide et transférer les fonds sans l’autorisation de leur propriétaire.

Dans une étude publiée en 2026, des chercheurs de Google ont estimé qu’une attaque contre cette cryptographie pourrait nécessiter au maximum 1450 qubits logiques et environ 70 millions d’opérations de type Toffoli. Avec certaines hypothèses sur le matériel et la correction des erreurs, moins de 500000 qubits physiques pourraient suffire pour accomplir le calcul en quelques minutes.

Ces estimations restent très éloignées des capacités actuelles. Les qubits logiques corrigés exigent de nombreux qubits physiques, car les systèmes quantiques restent sensibles au bruit et perdent rapidement l’information qu’ils manipulent. La démonstration de Google porte sur un élément de cette architecture future, pas sur une machine cryptographiquement opérationnelle.

La fidélité de 99,99 % ne correspond pas non plus à la précision générale du processeur. Elle mesure la qualité d’un état magique produit au cours de l’expérience. Présenter ce chiffre comme la preuve qu’un ordinateur quantique serait presque prêt à attaquer le Bitcoin serait donc trompeur.

Le Q-Day impose néanmoins de préparer le Bitcoin

Le « Q-Day » désigne le moment où un ordinateur quantique pourra compromettre les systèmes cryptographiques actuels. Aucune date fiable ne permet de prévoir cet événement, mais une migration du bitcoin demanderait plusieurs années de recherche, de développement et de coordination.

Tous les bitcoins ne présentent pas exactement la même exposition. Les fonds placés à des adresses dont la clé publique n’a jamais été révélée bénéficient d’une protection supplémentaire grâce au hachage. Les anciennes adresses réutilisées, les sorties de type pay-to-public-key et les transactions diffusées dans la mempool exposent davantage leur clé publique.

Une machine assez rapide pourrait théoriquement calculer une clé privée entre la diffusion d’une transaction et sa confirmation. Les bitcoins anciens attribués à Satoshi Nakamoto ou perdus depuis longtemps soulèvent un autre problème : leurs propriétaires ne peuvent peut-être plus migrer leurs fonds vers un système post-quantique.

La réponse passe par de nouvelles signatures résistantes au calcul quantique. Leur intégration exigerait cependant une mise à niveau du protocole, de nouveaux formats d’adresse et une méthode de transfert des fonds existants. La communauté devrait aussi décider du sort des pièces qui ne migreraient jamais.

L’avancée de Google ne déclenche donc pas le Q-Day. Elle confirme plutôt que plusieurs obstacles autrefois théoriques commencent à recevoir des solutions expérimentales. Pour le Bitcoin, l’urgence n’est pas de céder à la peur, mais de préparer une transition avant que la menace devienne concrète.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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