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Bitcoin : La puissance de calcul remonte malgré le virage des mineurs vers l'IA

9h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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La puissance de calcul du réseau Bitcoin a retrouvé le seuil de 1 zettahash par seconde, son niveau le plus élevé depuis près de sept mois. Ce rebond renforce la sécurité du protocole, mais il annonce aussi une nouvelle hausse de la difficulté qui pourrait réduire les revenus des sociétés de mining les moins compétitives.

La scène illustre la remontée de la puissance de calcul du réseau Bitcoin malgré la diversification des mineurs vers l’intelligence artificielle. À gauche, un mineur déterminé travaille devant des machines spécialisées, symbolisant la résilience du minage Bitcoin. La gigantesque pièce lumineuse et la flèche ascendante représentent l’augmentation du hashrate. À droite, un robot futuriste domine un centre de données où des techniciens installent des serveurs destinés à l’IA. Le contraste entre orange et bleu souligne deux activités technologiques distinctes. L’ensemble montre que l’essor de l’IA n’empêche pas nécessairement le réseau Bitcoin de renforcer sa puissance de calcul.

En bref

  • Le hashrate du Bitcoin dépasse 1 zettahash par seconde, son plus haut niveau depuis près de sept mois.
  • Cette hausse renforce la sécurité du réseau, mais accentue la concurrence entre les entreprises de mining.
  • La difficulté du mining a augmenté de 5,92 % et pourrait encore progresser de 5 à 6 % fin octobre.
  • Malgré la reconversion de certaines entreprises vers l’IA, la puissance de calcul du réseau continue de croître.
  • Les machines plus performantes et l’électricité à bas coût favorisent les sociétés de mining les plus compétitives.

Le hashrate du Bitcoin retrouve 1 zettahash par seconde

La moyenne sur sept jours du hashrate du Bitcoin a dépassé 1000 exahashs par seconde, soit 1 zettahash par seconde. Cette puissance de calcul n’avait plus été observée depuis le 3 mars, selon les données citées par BlocksBridge Consulting.

Le hashrate mesure le nombre de calculs que les machines consacrent chaque seconde au mining. Sa hausse complique une attaque contre le réseau, car un acteur malveillant devrait mobiliser une puissance encore plus importante pour tenter de modifier l’historique des transactions.

Les principaux indicateurs montrent l’ampleur du rebond :

  • Le hashrate moyen sur sept jours dépasse 1000 EH/s ;
  • La difficulté a progressé de 5,92 % le 16 octobre ;
  • Elle atteint désormais 140,58 trillions ;
  • Une nouvelle hausse comprise entre 5 % et 6 % reste possible fin octobre ;
  • Le hashprice évolue autour de 37 dollars par PH/s et par jour ;
  • Les blocs sont produits plus rapidement que l’objectif de dix minutes.

Le Bitcoin ajuste automatiquement sa difficulté tous les 2016 blocs, soit environ toutes les deux semaines. Lorsque davantage de machines rejoignent le réseau, les blocs sont trouvés plus rapidement. Le protocole augmente alors la difficulté afin de ramener leur intervalle moyen vers dix minutes.

Les estimations du prochain ajustement restent provisoires. Elles évoluent selon la vitesse de production des derniers blocs. Si la hausse attendue se confirme, la difficulté pourrait gagner environ 11 % sur deux périodes consécutives.

BlocksBridge constate :

C’est loin d’être le répit que les mineurs restants pouvaient espérer de la migration vers l’IA.

Chaque opérateur devra partager les mêmes récompenses avec une puissance de calcul globale plus élevée.

Le virage vers l’intelligence artificielle ne réduit pas la concurrence

Plusieurs entreprises de mining cotées ont commencé à convertir une partie de leurs infrastructures en centres de données pour l’intelligence artificielle et le calcul haute performance. Ces activités peuvent offrir des contrats plus prévisibles que le mining, dont les revenus dépendent du cours du BTC, des frais de transaction et de la difficulté.

Ce déplacement n’a pourtant pas provoqué une baisse durable du hashrate. Des entreprises privées, des fabricants de machines ou des opérateurs situés dans des régions où l’électricité coûte moins cher semblent avoir absorbé la capacité abandonnée par certains groupes cotés.

L’amélioration des ASIC contribue aussi au mouvement. Les nouvelles machines produisent davantage de calculs pour une consommation électrique comparable. Le hashrate peut donc progresser sans exiger une hausse proportionnelle de la quantité d’énergie consommée.

Ki Young Ju, fondateur de CryptoQuant, estime que « les mineurs tournent à pleine capacité ». Selon lui, l’industrie quitte progressivement un modèle proche du capital-risque pour devenir une activité lourde dominée par de grandes entreprises et des investisseurs institutionnels.

Les sociétés cotées aux États-Unis contrôleraient désormais entre 35 % et 40 % de la puissance mondiale. Ce chiffre doit toutefois être traité avec prudence, car l’origine exacte du hashrate reste difficile à déterminer derrière les pools de mining.

Une sécurité renforcée, mais des marges toujours fragiles

Une hausse du hashrate améliore les défenses du Bitcoin, mais elle ne garantit pas la rentabilité des mineurs. Lorsque la difficulté augmente, une machine qui conserve la même puissance obtient une part plus faible des récompenses.

Le hashprice, qui mesure le revenu quotidien attendu pour une unité de calcul, reste proche de 37 dollars par petahash. À ce niveau, les équipements anciens ou alimentés par une électricité coûteuse peuvent devenir déficitaires.

Les modèles récents, dont l’efficacité se situe autour de 9 à 12 joules par térahash, disposent d’une meilleure marge. Les opérateurs doivent aussi obtenir des tarifs électriques compétitifs. Le prix exact qui permet de rester rentable dépend du matériel, des frais financiers, du refroidissement et du cours du bitcoin.

Le retour du hashrate ne signifie donc pas que tous les mineurs se portent mieux. Il montre surtout que la puissance disponible trouve de nouveaux propriétaires ou que les acteurs les plus efficaces augmentent leur production. La prochaine hausse de difficulté permettra de confirmer cette tendance, mais elle pourrait aussi accélérer la sortie des exploitants les plus fragiles.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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