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Bitcoin : MARA accusée d'avoir caché son projet de minage en France

17h00 ▪ 7 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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L’acquisition d’Exaion par MARA continue de susciter des interrogations plusieurs mois après sa finalisation. Une plainte déposée aux États-Unis remet désormais en cause la présentation de cette opération auprès des autorités françaises. Selon ce document judiciaire, le développement du minage de Bitcoin aurait fait partie du projet dès son origine, alors que les communications publiques mettaient surtout en avant l’intelligence artificielle et le calcul haute performance. Cette nouvelle procédure ouvre ainsi un débat à la fois juridique et politique.

Illustration représentant Bitcoin et MARA au cœur d'une controverse en France autour d'un projet de minage lié au rachat d'Exaion.

En bref

  • Une plainte affirme que MARA aurait caché son projet de minage de Bitcoin.
  • Le mandat signé en 2025 évoquait déjà des data centers dédiés au Bitcoin.
  • L’IA et le HPC auraient servi de principal argument auprès des autorités françaises.
  • Les plaignants réclament 11,32 millions d’euros d’honoraires à MARA.
  • L’État français pourrait devoir clarifier sa connaissance du projet initial.

Le projet de MARA aurait inclus le minage de Bitcoin dès les premières négociations

Le 20 février 2026, MARA a finalisé l’acquisition de 64 % d’Exaion, ancienne filiale d’EDF spécialisée dans le cloud sécurisé, l’intelligence artificielle et le calcul haute performance. L’opération représente un investissement total de 148 millions d’euros. Cette somme comprend 115 millions d’euros injectés dans de nouvelles actions et 33 millions d’euros consacrés au rachat de titres existants.

Toutefois, une plainte déposée le 22 juillet devant le tribunal fédéral du district sud de New York apporte une lecture différente de cette transaction. François Garcin et plusieurs sociétés qui lui sont liées, dont Athanor, LLC, Argenthal Global Holdings Ltd (Malte), Argenthal Sansovino SAS (France), réclament le paiement d’honoraires liés au développement de l’entreprise en France.

Première page de la plainte déposée à New York contre MARA, dans laquelle les plaignants affirment que le projet de minage de Bitcoin faisait partie de la stratégie liée au rachat d'Exaion dès 2025.
Extrait de la plainte déposée contre MARA devant le tribunal fédéral de New York concernant le projet de minage de Bitcoin lié au rachat d’Exaion. Source : JUSTIA Dockets & Filings.

Selon ce document, le mandat signé en juin 2025 ne concernait pas uniquement le rachat d’Exaion et les partenariats énergétiques. Il prévoyait également la création de data centers destinés au minage de Bitcoin, un objectif qui n’aurait pas été mis en avant lors des échanges avec EDF et les autorités françaises.

Le document affirme aussi que François Garcin, fondateur et PDG d’Argenthal, aurait organisé des discussions avec EDF, TotalEnergies, Engie, RTE ainsi que d’autres acteurs majeurs du secteur énergétique. Son contrat prévoyait une rémunération de 2,4 millions d’euros répartie sur douze mensualités de 200 000 euros. Il devait également percevoir une commission équivalente à 4 % des investissements réalisés par MARA dans Exaion. Les plaignants réclament aujourd’hui 11,32 millions d’euros, dont une partie dépendrait d’un nouvel investissement envisagé pour 2027.

Une stratégie de communication centrée sur l’IA plutôt que sur le Bitcoin

Les communications officielles publiées par EDF et MARA lors du rachat présentaient Exaion comme un acteur européen du cloud sécurisé, de l’intelligence artificielle et du calcul haute performance. Ces activités existent bien au sein de l’entreprise. Cependant, la plainte soutient que cette présentation aurait également permis de rendre l’opération plus acceptable sur le plan politique en laissant volontairement de côté le minage de Bitcoin.

Selon les déclarations de François Garcin, sa mission consistait notamment à convaincre Emmanuel Macron et plusieurs responsables français que l’arrivée de MARA représentait un avantage stratégique pour le pays. Ses démarches auraient concerné l’Élysée, Matignon, Bercy, le Trésor ainsi que les services chargés du contrôle des investissements étrangers en France.

La plainte indique également que « Fred Thiel aurait demandé à François Garcin de convaincre les autorités françaises que l’entreprise américaine ne constituait pas un « cheval de Troie ». Elle précise aussi que « le dirigeant souhaitait empêcher d’autres entreprises concurrentes de développer des partenariats similaires avec les acteurs français ».

Des investissements présentés autour des infrastructures énergétiques

Le dossier judiciaire décrit aussi plusieurs échanges portant sur de futurs investissements en France. Gérard Mestrallet, ancien PDG d’Engie devenu conseiller de MARA en août 2025, aurait évoqué auprès d’un haut responsable français un programme pouvant atteindre 4 milliards d’euros sur trois ans, puis jusqu’à 10 milliards d’euros sur une période comprise entre cinq et sept ans.

Le document mentionne également un projet de lettre destiné à EDF. Ce document présentait la stratégie du groupe comme un partenariat allant des infrastructures électriques jusqu’à la « Token Economics ». Selon les plaignants, cette formulation établissait directement un lien entre l’électricité produite en France et les futurs usages liés au Bitcoin.

Toujours selon la plainte, François Garcin aurait rédigé les principaux éléments de cette lettre diplomatique afin de souligner le caractère stratégique du partenariat avec EDF. Il aurait aussi coordonné la stratégie liée à la candidature auprès d’Exaion et recommandé que la lettre d’intention soit signée par les dirigeants de MARA France. Après plusieurs réunions organisées à Paris, Fred Thiel l’aurait ensuite félicité pour la progression des discussions avant de l’encourager à renforcer ces relations.

Quelle pourrait être la réaction de l’État français ?

Dans une déclaration accordée à Cryptoast, Bastien Desteuque, président de l’Institut national du Bitcoin (INBi), estime que les conséquences dépendront principalement de l’ampleur prise par cette affaire dans le débat public. Selon lui, une polémique ne suffit pas à remettre automatiquement en cause une opération déjà finalisée. L’attention politique et médiatique jouera donc un rôle important dans la suite du dossier.

Vont-ils juste ignorer l’affaire ? Cela dépendra de l’écho. Lorsque toute la classe politique s’est mobilisée contre le rachat, notamment avec la clause de non-concurrence, […] le gouvernement a fait retirer cette clause en disant que c’était grâce à son action.

Bastien Desteuque, président de l’Institut national du Bitcoin (INBi). Source : Cryptoast.

À ce stade, aucun élément ne permet d’affirmer que les conditions ayant autorisé le rachat d’Exaion ont été violées. En revanche, si les accusations selon lesquelles MARA aurait volontairement minimisé la place du minage de Bitcoin se confirmaient, la question dépasserait le simple cadre contractuel. Le gouvernement français devrait alors préciser s’il connaissait cette stratégie au moment de l’autorisation et s’il considère toujours que l’opération reposait sur des informations suffisamment complètes.

Les prochaines étapes dépendront désormais de l’évolution de la procédure engagée à New York ainsi que des éventuelles réactions des autorités françaises. Si les éléments avancés par les plaignants sont examinés plus en profondeur, le dossier pourrait évoluer au-delà du contentieux financier et alimenter un débat sur les conditions dans lesquelles les investissements étrangers liés au BTC sont présentés et évalués en France.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.