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Bitcoin - Semaine 49

mar 06 Déc 2022 ▪ 20h00 ▪ 7 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le Bitcoin est l’antidote contre la société sans cash et l’inflation. Une inflation qui devrait encore se durcir face à l’embargo sur le pétrole russe.

15 % d’inflation sur deux ans

L’inflation s’est établie à 10 % au moins de novembre dans la zone euro. Elle était déjà de 5 % au cours de la même période il y a un an. Dit autrement, les prix ont augmenté de 15.5 % sur deux ans.

Résultats sur un an pour un panier de produits alimentaires français selon NielsenIQ:

  • Viandes surgelées: +29 %
  • Papier toilette: +20 %
  • Pâtes: +20 %
  • Huile: +20 %
  • Beurre: +17 %
  • Œufs: +16 %
  • Conserves de légumes: +15 %
  • Alimentation pour animaux: +14 %
  • Riz: +14 %

Au rythme de 10 % par an, les prix augmenteront de 100 % d’ici à six ans. Nous achèterons alors deux fois moins de choses pour la même quantité d’euros. Dit autrement, la baisse du pouvoir d’achat sera de 50 % si les salaires stagnent entre temps.

Le Ministre de l’Économie Bruno Le Maire nous promet depuis six mois que l’inflation se tassera « d’ici quelques semaines ou quelques mois ». Nous sommes loin du compte. Et il y a de fortes chances que le pire soit à venir.

La raison étant que le G7 et l’UE viennent de déclarer un embargo sur le pétrole russe vendu au-dessus du prix de 60 dollars par baril.

Sans grand succès pour l’instant puisque le pétrole russe acheminé via le port extrême-oriental de Kozmino se vendait pour 79 dollars le baril en Asie ce lundi. Soit près d’un tiers de plus que le prix plafond.

La stratégie de l’occident est de tenter est de sevrer la Russie des tankers nécessaires au transport de son pétrole. Les pays du G7 obligent leurs compagnies d’assurance à ne plus assurer les armateurs transportant le pétrole russe tant que ce dernier sera vendu plus cher que 60 dollars le baril.

D’où la récente décision de Moscou d’acheter plus d’une centaine de tankers pour contourner le dispositif du G7.

Embargo sur le plus grand exportateur de pétrole au monde

Difficile de dire si cette flotte suffira. En attendant, un embouteillage de tankers s’est formé dans les eaux turques. Le FT rapporte qu’une vingtaine de tankers étaient déjà bloqués devant le détroit du Bosphore ce lundi.

La Turquie, membre de l’OTAN, a demandé à tous les pétroliers de fournir des lettres de l’International Group of P&I Clubs, qui représente 13 assureurs couvrant près de 90 % de la navigation mondiale. Le P&I club a déclaré lundi que les demandes turques allaient « bien au-delà » des informations générales normalement requises.

Livraisons hebdomadaires de pétrole russe (bleu : pétrole arrivé à destination en Asie et en Europe / vert : pétrole en transit dans des tankers)

En somme, nous nous dirigeons peut-être vers une nouvelle perturbation de la chaine d’approvisionnement mondiale. Et cette fois-ci, c’est le sang de l’économie qui est concerné : le pétrole dont dépend 95 % du transport mondial. Allons-nous bientôt connaitre des pénuries dans les stations essence ?

La Russie est en effet le troisième plus grand producteur de pétrole au monde, derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite. En janvier 2022, la Russie produisait 11,3 millions de barils par jour, dont 10 millions de barils de pétrole brut.

De manière plus cruciale, la Russie est le premier exportateur d’essence et le second exportateur de pétrole brut derrière l’Arabie saoudite. D’après l’AIE, les Russes exportaient 7,8 mb/j en décembre 2021. Soit près de 9 % de la production mondiale.

Avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, 34% des importations de pétrole de l’UE provenaient de Russie. Autant de pétrole que le vieux continent devra aller acheter autre part, plus cher.

Le plafond de 60 dollars vise à limiter les revenus de la Russie tout en veillant à ce que Moscou continue à approvisionner le marché mondial. Cependant, la Russie n’a pas l’intention de jouer le jeu.

Niet

« L’économie russe peut répondre pleinement aux besoins et aux exigences de l’opération militaire spéciale », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. « La Russie ne vendra pas son pétrole aux pays qui imposent ce plafond », a-t-il ajouté.

Pour résumer, nous voilà en présence d’une crise électrique faute d’avoir investi dans les réacteurs nucléaires de troisième et de quatrième génération. Merci François Hollande. Merci Macron.

Nous sommes également en prise avec une une crise gazière. En sachant que le Qatar ne sera pas en mesure de fournir une seule goutte de GNL à l’Allemagne avant la fin de l’année 2026.

Et enfin d’une crise pétrolière. En sachant que l’OPEP s’est rangée derrière la Russie en refusant de pomper davantage. Sans parler du fait que la production de pétrole conventionnel ne cesse de baisser depuis 2007…

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont résisté aux pressions américaines les incitant à « choisir leur camp ». L’Oncle Sam voudrait que Ryiad ne fasse pas le jeu de la Chine et de la Russie. Sauf que l’Empire du Milieu est le premier est le premier importateur de pétrole saoudien et que la Russie fait partie du cartel OPEP+…

L’Arabie saoudite recevra d’ailleurs le président chinois Xi Jinping du 7 au 9 décembre. Des dizaines d’accords devraient être signés avec les pays du Golfe concernant. Énergie, sécurité et de multiples investissements seront sur la table.

Les jours à venir s’annoncent mouvementés pour le marché du pétrole. Les plaques tectoniques géopolitiques sont en mouvement et les chaines d’approvisionnement qui existaient depuis des décennies seront bouleversées.

L’énergie étant au cœur de la productivité, son surenchérissement se traduira par une nouvelle poussée généralisée de l’inflation. En Turquie, l’inflation atteint déjà 84 % sur l’année passée…

Combien de temps avons-nous avant que le Great Reset hyperinflationniste touche aussi l’Europe ?

Les prochaines années s’annoncent douloureuses. Ceux qui acquièrent du bitcoin aujourd’hui ne se remercieront jamais assez. Les petites adresses (<0.1BTC) n’ont jamais autant accumulé que ce dernier mois. Bravo !

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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