Boris Johnson s'attaque au bitcoin et déclenche une vague de réactions
Le bitcoin a l’habitude de se faire traiter de tous les noms par les personnalités les plus diverses. Banquiers centraux, prix Nobel d’économie, chefs d’État : chacun y est allé de sa petite phrase assassine. Cette fois, c’est un ancien locataire du 10 Downing Street qui monte au créneau. Boris Johnson sort sa plume pour étriller la reine des cryptos. Mais l’attaque pourrait bien se retourner contre son auteur.

En bref
- Boris Johnson a qualifié le bitcoin de système de Ponzi dans une chronique du Daily Mail partagée sur X.
- L’ancien Premier ministre s’appuie sur l’histoire d’un ami ayant perdu 20 000 livres dans une arnaque crypto.
- Michael Saylor a répondu que le bitcoin n’a ni émetteur, ni promoteur, ni rendement garanti contrairement aux Ponzi.
- L’administration Johnson a pourtant posé les bases de la régulation crypto britannique entre 2019 et 2022.
L’attaque de BoJo : un ami, un pub et 20 000 livres évaporées
L’actualité Bitcoin : tout commence dans un village anglais, précisément près de l’église que fréquente l’ancien Premier ministre. Un ami retraité, ancien businessman visiblement naïf, croise un inconnu dans un pub un soir ordinaire. L’homme rencontré lui promet alors monts et merveilles avec une assurance déconcertante. Il affirme pouvoir doubler son argent rapidement grâce au bitcoin, sans aucun risque.
La victime potentielle crache d’abord 500 livres, séduite par la perspective alléchante. Puis elle paie des frais supplémentaires pendant trois longues années et demie. Au bout du compte, 20 000 livres s’évaporent dans la nature, laissant un goût amer.
Johnson raconte cette histoire édifiante dans le Daily Mail, puis la balance sur X :
J’ai longtemps soupçonné que Bitcoin est un vaste système de Ponzi et maintenant j’entends des histoires tragiques qui me font craindre d’avoir raison.
Pour enfoncer le clou, l’ancien locataire de Downing Street compare l’actif numérique à des cartes Pokémon. Ces petits monstres japonais ont trente ans d’histoire et un attrait culturel bien tangible, explique-t-il. Bitcoin ? « Juste une chaîne de chiffres stockée dans une série d’ordinateurs ».
La provoc est lancée, et elle va faire réagir toute une industrie.
La riposte unie de l’industrie crypto face aux accusations de l’ancien Premier ministre
Michael Saylor ne laisse pas passer cette attaque sans réagir avec la plus grande fermeté possible. Le patron de Strategy, plus gros détenteur corporate de bitcoin, répond point par point dans un tweet cinglant.
Bitcoin n’est pas un système de Ponzi. Un Ponzi nécessite un opérateur central promettant des rendements et payant les premiers investisseurs avec les fonds des suivants. Bitcoin n’a ni émetteur, ni promoteur, ni rendement garanti – juste un réseau monétaire ouvert et décentralisé, piloté par le code et la demande du marché.
Michael Saylor
La définition est claire, technique et parfaitement imparable pour les défenseurs du bitcoin. D’autres voix s’élèvent rapidement pour contredire l’ancien locataire du 10 Downing Street.
Pierre Rochard, de The Bitcoin Bond Company, retourne l’argument avec une élégante provocation. Le Royaume-Uni est un système de Ponzi géant financé par la dette, lance-t-il sans hésitation.
Kwasi Kwarteng, ancien Chancelier de Johnson, compare le bitcoin à l’internet avec une pertinence certaine. Personne n’appelle le web une pyramide, rappelle-t-il avec justesse dans sa réponse.
Paolo Ardoino met en avant les community notes de X, qui expliquent clairement pourquoi le bitcoin n’est pas un Ponzi. Adam Back, légende du secteur, répond simplement par le surnom affectueux « Bozza » sur le réseau social.
Le paradoxe Johnson : celui qui critique le bitcoin est celui qui a ouvert la porte
Revenons quelques années en arrière pour mesurer toute l’ironie de la situation présente. Entre 2019 et 2022, Boris Johnson occupe le poste de Premier ministre du Royaume-Uni avec une majorité confortable. Son Chancelier de l’Échiquier s’appelle Rishi Sunak, et ce dernier affiche une ambition clairement affichée. Il veut faire de Londres un hub crypto mondial, une place forte pour cette industrie naissante.
C’est sous Johnson que la FCA commence à structurer la régulation des actifs numériques avec méthode. C’est sous lui que les stablecoins sont reconnus comme moyens de paiement potentiels par le gouvernement. Le gouvernement Johnson pose les fondations que ses successeurs construiront patiemment année après année.
Aujourd’hui, les ETF bitcoin sont approuvés à Londres, et la régulation progresse régulièrement. Kwasi Kwarteng, son ancien collaborateur devenu défenseur du bitcoin, lui lance un pont amical : « Nous parlerons de cela autour d’un déjeuner la semaine prochaine et je vous aurai converti en un rien de temps ».
La contradiction est énorme, presque risible pour les observateurs avertis du secteur. Johnson a contribué à créer le cadre qui protège les investisseurs britanniques aujourd’hui.
La tempête médiatique BoJo en chiffres clés
- 20 000 livres : la somme que l’ami de Johnson aurait perdue dans une arnaque crypto ;
- 71 656 dollars : le prix du BTC au moment de la rédaction de cet article ;
- 3,5 années : la durée pendant laquelle la victime a payé des frais sans récupérer ses fonds ;
- 30 ans : l’ancienneté des cartes Pokémon, selon l’argumentation de Johnson ;
- 0 émetteur : le nombre d’autorités centrales derrière le protocole bitcoin, selon Michael Saylor.
Chez BoJo, c’est peut-être un système de Ponzi qu’il faut chercher sérieusement plutôt que dans le bitcoin décentralisé. Mais pour les millions d’investisseurs, institutions comme particuliers, aucun retour en arrière n’est désormais concevable. Les ETF bitcoin au comptant viennent d’enregistrer cinq jours d’entrées consécutives, signe que le marché avance inexorablement.
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