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Crypto : Binance porte plainte pour diffamation contre le Wall Street Journal

20h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
S'informer Centralized Exchange (CEX)
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Binance passe à l’offensive judiciaire. La première plateforme crypto mondiale a déposé, le 11 mars 2026, une plainte en diffamation contre Dow Jones, éditeur du Wall Street Journal, après la publication d’un article sensible évoquant de possibles flux liés à l’Iran et la gestion interne de cette affaire. Cette procédure marque un tournant, car l’exchange ne se contente plus de démentir publiquement, mais il demande désormais à la justice américaine de trancher un différend aux lourds enjeux réputationnels et réglementaires.

Dans une salle d’audience, sombre et monumentale, deux forces opposées sont mises en tension. D’un côté, une figure institutionnelle moderne représentant l’univers crypto (Binance), sobre, déterminée, ancrée. De l’autre, une figure plus classique, liée à l’univers de la presse (Wall Street Journal), tout aussi calme et solide. Au-dessus ou entre elles flotte une forme abstraite fissurée évoquant une information contestée, une réputation attaquée ou une version des faits mise en cause.

En bref

  • Binance engage une action en justice contre l’éditeur du Wall Street Journal pour diffamation après un article publié le 23 février 2026.
  • Une plainte déposée à New York visant des affirmations jugées fausses et portant atteinte à la réputation de la plateforme.
  • Des accusations fermement contestées, notamment sur la gestion interne d’une enquête et le traitement d’employés conformité.
  • Une riposte judiciaire assumée, avec demande de procès avec jury, dommages-intérêts et remboursement des frais de justice.

Binance attaque le Wall Street Journal sur le terrain de la diffamation

Binance a ouvert un front judiciaire direct contre le Wall Street Journal en déposant, ce 11 mars 2026, une plainte devant la United States District Court for the Southern District of New York contre Dow Jones & Company, Inc. d/b/a The Wall Street Journal.

La procédure vise un article publié le 23 février 2026, que la plateforme accuse de contenir des affirmations fausses et diffamatoires. Ce passage du terrain médiatique à celui judiciaire donne immédiatement une autre portée à l’affaire. Binance ne conteste plus seulement le récit publié, mais la plateforme demande désormais à un tribunal d’en apprécier la légalité.

Dans son argumentaire, l’exchange affirme avoir transmis des corrections factuelles avant publication, tout en soutenant qu’elles n’ont pas été prises en compte. La plainte cible notamment le titre de l’article contesté, reproduit dans le document judiciaire : « Binance a licencié des employés qui avaient signalé un milliard de dollars de transactions liées à des entités iraniennes sous sanctions ». Binance réfute cette présentation, conteste plusieurs éléments liés à son dispositif de conformité et réclame un procès avec jury, des dommages-intérêts ainsi que le remboursement de ses frais de justice.

  • Binance a déposé plainte le 11 mars 2026 devant la United States District Court for the Southern District of New York contre Dow Jones & Company, Inc. d/b/a The Wall Street Journal ;
  • La société vise un article publié le 23 février 2026, qu’elle accuse de contenir des affirmations diffamatoires ;
  • Binance affirme avoir envoyé au journal des corrections factuelles avant publication, corrections qui auraient été ignorées ;
  • Binance réfute l’idée selon laquelle des salariés auraient été licenciés pour avoir signalé ces flux.

Une procédure qui vise aussi l’impact politique et réglementaire du récit médiatique

La seconde dimension du dossier dépasse la contestation de l’article visé. Dans sa communication officielle publiée le 11 mars, Binance explique avoir agi pour « protéger notre réputation, rétablir les faits dans l’espace public et empêcher que la désinformation n’alimente une confusion et des distractions inutiles dans l’écosystème ».

La société lie directement cette action aux conséquences concrètes qu’elle attribue au papier contesté, en affirmant que celui-ci a contribué à déclencher des demandes d’information publiques et des interrogations politiques. Dans la plainte, Binance écrit même que ces déclarations auraient été reprises par « plusieurs membres du Congrès américain » pour justifier de nouvelles démarches officielles.

Pour appuyer cette ligne de défense, Binance met en avant l’ampleur de son dispositif de conformité. Son billet officiel affirme que plus de 1 500 personnes, soit près d’un quart des effectifs mondiaux, travaillent sur les fonctions de conformité, d’enquête et de gestion du risque.

La société ajoute que l’exposition liée aux sanctions a reculé de 96,8 % entre janvier 2024 et juillet 2025, tandis que l’exposition directe aux quatre principales plateformes crypto iraniennes aurait chuté de 97,3 %, passant de 4,19 millions de dollars en janvier 2024 à 110 000 dollars en janvier 2026.

La plainte mentionne aussi plus de 71 000 demandes des forces de l’ordre traitées en 2025 et plus de 131 millions de dollars de fonds liés à des activités illicites confisqués avec l’appui des autorités. Ici, l’idée n’est plus de discuter seulement le contenu de l’article, mais Binance cherche à opposer à ce récit un bilan chiffré et un argument de transformation structurelle.

Cette procédure ouvre un nouvel épisode dans les tensions entre grandes plateformes crypto et médias financiers. Binance choisit le terrain judiciaire pour défendre sa version des faits, dans un climat déjà sensible pour le secteur, alors que des milliards $ en crypto quittent la plateforme et que chaque controverse pèse désormais sur la confiance des marchés.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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