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Crypto : Vitalik Buterin critique l’adoption forcée du Bitcoin et la culture du tout est permis

20h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Lydie M.
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Vitalik Buterin vient de rappeler un truc que l’industrie crypto oublie trop vite : être open ne veut pas dire dire oui à tout. Dans une interview assez large, le fondateur d’Ethereum pose une limite nette. Une communauté qui applaudit tout ce qui fait monter le prix finit par se tirer une balle dans le pied. Pas tout de suite. Mais sûrement.

Vitalik Buterin lève la main face à une foule casquée pro-Bitcoin, dénonçant l’imposition forcée du BTC.

En bref

  • Vitalik Buterin rappelle que l’ouverture en crypto ne doit pas devenir un réflexe de validation automatique, au risque d’abîmer l’écosystème.
  • Il estime qu’Ethereum a développé une culture qui filtre certains excès, et prévient qu’une communauté trop “friendly” attire aussi des acteurs toxiques.
  • Il critique enfin le maximalisme Bitcoin qui applaudit l’adoption forcée, jugeant les approches top down fragiles et intenables quand le marché se retourne.

Ethereum, un système ouvert mais pas neutre

Buterin commence par souligner que la plateforme Luna n’a pas été construit sur Ethereum par accident. Pour lui, l’effondrement de Terra Luna n’est pas juste une histoire de code ou de marché. C’est aussi une histoire de culture. Ethereum est ouvert, oui, mais il existe une forme de filtre naturel : des standards, une exigence, une façon de voir le risque.

Il insiste sur un point souvent mal compris : dans un système ouvert, tu ne peux pas empêcher toutes les mauvaises actions. Par contre, tu peux éviter de les encourager. Ça paraît évident jusqu’au moment où un projet promet 20% sans risque et que tout le monde retweet.

Buterin décrit la crypto comme un espace à haute variance. On y trouve des gens brillants, exigeants, obsédés par l’élégance technique et, à l’inverse, des opportunistes très rapides, parfois dangereux. Le problème n’est pas qu’ils existent. Le problème, c’est quand une communauté devient connue pour les accueillir sans poser de questions.

Parce qu’à ce moment là, la réputation s’effondre. Et dans la crypto, la réputation, c’est un actif invisible mais vital. Quand tu la perds, tu n’attires plus les bâtisseurs. Tu attires ceux qui viennent farmer la confiance des autres. Buterin résume ça sans détour :

si tu es trop friendly, tu n’attires pas seulement les builders, tu attires aussi les pires profils.

Le cas Do Kwon reste dans toutes les têtes. Pas parce qu’il est le seul. Mais parce qu’il symbolise un scénario qui se répète : hype, aveuglement, effondrement, puis tout le secteur paye la facture en crédibilité.

Bitcoin, maximalisme et adoption par la force

Là où Buterin devient vraiment incisif, c’est quand il vise certains cercles Bitcoin. Il dénonce un réflexe trop courant : célébrer automatiquement toute personne riche ou puissante dès qu’elle affiche son soutien au Bitcoin, sans jamais questionner ses méthodes ni l’usage de cette influence.

Pour lui, cette complaisance finit par fragiliser l’écosystème, parce qu’elle confond promotion et légitimité, exactement comme lorsqu’on prend une hausse d’activité on chain pour un signe “sain” alors qu’elle peut aussi être alimentée par des comportements opportunistes, comme l’illustre l’explosion d’activité sur Ethereum liée à des attaques de dusting.

Son exemple : Nayib Bukele et l’adoption du Bitcoin au Salvador par décision venue d’en haut. Pour Buterin, une partie des maximalistes a fermé les yeux sur les questions de libertés publiques et de démocratie, parce qu’une seule chose comptait : un pays adopte Bitcoin. Peu importe la méthode.

Et c’est précisément ce qu’il dénonce : l’adoption forcée est fragile par nature. Tant que le prix monte, ça tient. Dès que le prix baisse, et que la contrainte reste, ça craque. Il le dit clairement : quand le prix chute et que l’adoption est imposée, l’ensemble devient insoutenable.

Buterin ne rejette pas l’idée d’adoption massive. Il rejette la manière. Pour lui, la crypto fonctionne quand les gens sont convaincus, pas quand ils sont obligés. Dans le cas du Salvador, il estime que l’usage réel n’a pas décollé comme prévu parce que la logique était inversée : on a voulu imposer avant de persuader. Et quand la volatilité a fait son travail, comme toujours, l’adhésion a fondu. Normal : tu ne construis pas une confiance durable avec une obligation administrative.

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Lydie M.

Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.