DeepSeek relance la course mondiale à l’intelligence artificielle
Entre les géants de l’IA et les nations qu’ils incarnent, la bataille fait rage. Les États-Unis, l’Europe et la Chine se livrent une guerre froide numérique où chaque ligne de code devient un drapeau. Au centre du ring : DeepSeek, cette IA chinoise qui a rebattu les cartes du pouvoir technologique mondial. Car derrière la prouesse technique se cache un projet politique : faire de la Chine non plus une suiveuse, mais une puissance fondatrice de l’intelligence artificielle du XXIᵉ siècle.

En bref
- Les actions technologiques chinoises bondissent, dopées par l’innovation et l’enthousiasme des investisseurs.
- La fracture mondiale de l’IA s’accentue entre le Nord riche et le Sud connecté.
- Pékin renforce sa souveraineté numérique en alliant puissance publique et recherche privée coordonnée.
Quand la Bourse s’électrise : la Chine propulsée par l’IA
Au tournant de 2026, l’économie chinoise retrouve un souffle inattendu. En janvier, les actions technologiques de Pékin flambent, dopées par l’essor de l’intelligence artificielle et de la robotique. Un indice équivalent au Nasdaq gagne près de 13 %, preuve que la confiance renaît. Ce regain d’énergie n’est pas un hasard : il suit le succès planétaire de DeepSeek, le modèle d’IA open source qui a défié la Silicon Valley.
Les investisseurs voient dans ce réveil une revanche géopolitique. Mark Mobius, gérant du Mobius Emerging Opportunities Fund, déclarait :
Le marché boursier indique que ce que la Chine entreprend dans le secteur technologique sera très enthousiasmant à l’avenir. Il faut se rappeler que l’objectif de la Chine est désormais de dépasser les États-Unis dans la technologie, les puces de haut niveau et les différentes formes d’intelligence artificielle. C’est pourquoi les investissements se dirigent dans cette direction.
Ce frisson boursier reflète autre chose qu’une bulle : il traduit l’ambition d’un pays prêt à bâtir sa souveraineté technologique.
DeepSeek, la machine chinoise qui défie le monde
Créée en 2023, DeepSeek a conquis la planète en un temps record. Son modèle DeepSeek-R1, lancé le 27 janvier 2025, affiche des performances à la hauteur de ChatGPT… pour un coût vingt fois inférieur. L’application est devenue numéro 1 dans 156 pays, cumulant 96,88 millions d’utilisateurs mensuels et plus de 22 millions d’utilisateurs quotidiens. En Chine, en Inde ou en Indonésie, l’outil est devenu un réflexe quotidien.

Mais DeepSeek n’est pas qu’une réussite technique : c’est un symbole national. À sa tête, Liang Wenfeng, ingénieur du Guangdong, est devenu un héros discret. Son fonds High-Flyer a enregistré +56 % de rendement en 2025. Son objectif ? Démocratiser une IA « made in China » accessible, en s’appuyant sur des modèles ouverts et peu coûteux.
Les retombées ne se limitent pas aux bureaux de recherche. Les robots chinois courent des marathons, boxent, dansent dans des festivals populaires, et l’industrie fabrique désormais des taxis volants. Derrière ces exploits se dessine une promesse : celle d’une intelligence artificielle intégrée à l’économie réelle, capable de transformer chaque usine, chaque école, chaque ville.
L’IA à deux vitesses : la fracture que DeepSeek ne comble pas
Le rapport Microsoft AI Diffusion 2026 révèle une réalité troublante : la révolution IA ne profite pas à tous. Un adulte sur six utilise désormais un outil d’IA, mais l’écart entre Nord et Sud s’élargit : 10,6 points de différence dans les taux d’adoption. Les Émirats arabes unis et Singapour dominent (plus de 60 % d’utilisateurs), tandis que l’Afrique reste à la traîne.
Pourtant, la Chine avance selon ses propres règles. Son approche planifiée, fondée sur la collecte massive de données et la coordination public-privé, lui donne une longueur d’avance stratégique. DeepSeek profite de ce modèle pour s’imposer là où les plateformes occidentales sont absentes : Russie, Iran, Afrique. Dans ces zones, son usage est 2 à 4 fois supérieur à celui de ChatGPT (Capacity Global).
Cette domination soulève des questions : l’IA chinoise étend-elle vraiment le savoir ou redessine-t-elle le rapport de force ? Car l’intelligence artificielle, loin de niveler le monde, creuse aussi des sillons nouveaux entre innovation et dépendance.
Chiffres clés de l’empire DeepSeek et de l’IA chinoise
- +13 % : hausse des valeurs tech chinoises en janvier 2026 ;
- 96,88 millions : utilisateurs mensuels de DeepSeek dans le monde ;
- #1 : app téléchargée dans 156 pays ;
- 56 % : rendement annuel du fonds High-Flyer de Liang Wenfeng ;
- 2 à 4 x : usage supérieur de DeepSeek par rapport à ChatGPT en Afrique.
L’autre paramètre, souvent oublié, c’est la capacité de ces intelligences artificielles à influencer les sociétés humaines. Certaines études montrent que l’IA peut déjà manipuler les électeurs et infléchir des opinions politiques. La course effrénée à l’innovation n’a donc pas que des vertus : elle redéfinit aussi la frontière fragile entre progrès et contrôle.
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