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Durov s’oppose aux vérifications d’âge en Espagne, alertant sur la vie privée et l’anonymat en ligne

19h12 ▪ 5 min de lecture ▪ par James G.
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Le débat sur la vérification de l’âge en ligne s’est intensifié cette semaine après que le cofondateur de Telegram, Pavel Durov, a critiqué la proposition de l’Espagne visant à restreindre l’accès aux réseaux sociaux aux utilisateurs de moins de 16 ans. Les responsables espagnols affirment que cette mesure vise à protéger les enfants en ligne, mais les détracteurs soutiennent qu’elle pourrait étendre la surveillance gouvernementale et éroder la confidentialité numérique. Le plan a suscité une inquiétude particulière de la part du public, qui met en garde contre des conséquences plus larges pour la communication anonyme en ligne.

Au premier plan, Pavel Durov tient un masque blanc vierge, devant des silhouettes sans visage et une explosion orange qui évoque la surveillance étatique en Espagne.

En bref

  • Durov affirme que la vérification d’âge menée par le gouvernement risque de mener à la censure, à la collecte de données et à la perte d’anonymat en ligne.
  • L’Espagne soutient que des barrières d’âge strictes sont nécessaires pour protéger les mineurs après l’échec de l’autorégulation des plateformes.
  • Les défenseurs de la crypto et de la confidentialité avertissent que les contrôles d’âge centralisés pourraient permettre la surveillance et un usage politique abusif.
  • L’Espagne rejoint l’Australie, la France et le Royaume-Uni, alors que les gouvernements envisagent des limites d’âge plus strictes sur les réseaux sociaux.

Le débat sur la vérification de l’âge s’intensifie après que Durov a critiqué le plan de l’Espagne

Durov a publiquement contesté la proposition mercredi, avertissant que les contrôles d’âge dirigés par le gouvernement pourraient mener à la censure et à une surveillance intrusive. Il a soutenu que les systèmes de vérification obligatoires risquent de priver les utilisateurs d’anonymat et de permettre la collecte massive de données. Présentées comme une protection de l’enfance, a-t-il dit, ces politiques pourraient au contraire doter les autorités d’outils pour suivre le comportement en ligne et influencer la parole.

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Les plans de l’Espagne ont été présentés un jour plus tôt par le Premier ministre Pedro Sánchez, qui a déclaré que le pays entend suivre des modèles déjà discutés ou testés ailleurs en Europe. S’exprimant au Sommet mondial des gouvernements à Dubaï, Sánchez a affirmé que les entreprises de réseaux sociaux ont échoué à s’autoréguler, laissant aux gouvernements aucun autre choix que d’intervenir. 

Il a décrit les plateformes en ligne comme des environnements dangereux pour les mineurs, soulignant l’exposition à des contenus nocifs et à la manipulation.

L’opposition est rapidement apparue de tous les secteurs de la technologie et de la confidentialité. Les détracteurs soutiennent que la vérification de l’âge concentre le pouvoir entre les mains des gouvernements et des grandes plateformes, créant des opportunités d’abus politiques et de suppression de contenu. 

Le commentateur en ligne Campari a accusé les autorités espagnoles de cibler les critiques, tandis qu’Elon Musk s’est publiquement moqué de la proposition. La journaliste Taylor Lorenz a également pris position, arguant que ces lois privilégient le contrôle au détriment d’une véritable sécurité pour les enfants.

Les préoccupations se sont également étendues dans le domaine de la blockchain et de la cryptographie. Boris Bohrer-Bilowitzki, responsable de la blockchain de couche 1 Concordium, a déclaré que protéger les mineurs est un objectif légitime mais a averti que les méthodes d’application actuelles se retournent souvent contre elles-mêmes. 

Les systèmes de vérification stricts, a-t-il noté, incitent souvent les utilisateurs à recourir à des contournements tels que les VPN, qui cachent la localisation en routant le trafic via des serveurs étrangers. En alternative, il a proposé une « preuve cryptographique de la personnalité », qui pourrait vérifier l’âge sans exposer l’identité personnelle.

Les contrôles d’âge centralisés perçus comme une menace pour la confidentialité, selon les défenseurs de la crypto

Les détracteurs identifient plusieurs risques associés aux règles proposées de vérification d’âge :

  • Les contrôles d’identité obligatoires pourraient éliminer l’anonymat en ligne et lier l’activité numérique aux identités réelles.
  • Les systèmes de données centralisés augmentent la probabilité de violations ou d’abus par les autorités.
  • Les contrôles rigides encouragent souvent les contournements via VPN, comptes partagés ou fausses identités.
  • La responsabilité élargie des plateformes peut inciter à une censure excessive pour éviter les sanctions légales.

Selon la proposition espagnole, les plateformes de réseaux sociaux seraient tenues d’instaurer des barrières d’âge strictes plutôt que de se fier aux cases à cocher d’auto-déclaration d’âge. Sánchez a cité des cas où des enfants ont contourné les dispositifs existants en utilisant des photos d’adultes, arguant qu’un renforcement est nécessaire. Le plan pourrait également tenir les dirigeants d’entreprises personnellement responsables des contenus illégaux ou nuisibles hébergés sur leurs services.

L’Espagne n’est pas seule à envisager de telles mesures. L’Australie a adopté l’an dernier la première interdiction nationale de l’usage des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, une décision désormais contestée en justice par Reddit. 

La France, le Danemark et l’Autriche explorent des restrictions similaires, tandis que le Royaume-Uni a lancé une consultation publique sur une éventuelle interdiction, signalant que le débat sur la vérification d’âge et la liberté en ligne devient un point chaud politique global.

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James G.

James Godstime is a crypto journalist and market analyst with over three years of experience in crypto, Web3, and finance. He simplifies complex and technical ideas to engage readers. Outside of work, he enjoys football and tennis, which he follows passionately.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.