IA : Le Minnesota accuse Grok de faciliter les violences sexuelles numériques
Le Minnesota s’attaque directement à Grok. L’État américain accuse l’IA de xAI de faciliter la création d’images sexuelles réalistes à partir de photos de personnes identifiables. Une nouvelle loi interdit désormais ce type d’outil dans l’État. xAI veut la faire suspendre. Le conflit se joue maintenant devant la justice.

En bref
- Le Minnesota applique depuis le 1er août une loi contre les outils d’IA utilisés pour créer de fausses images sexuelles.
- xAI conteste le texte au nom du Premier amendement.
- Grok faisait déjà l’objet d’enquêtes et de plaintes pour des deepfakes sexuels impliquant notamment des mineurs.
L’IA Grok directement visée par le Minnesota
La nouvelle loi vise les plateformes et logiciels capables de générer des images sexuelles réalistes d’une personne identifiable à partir d’une photo existante. Grok se retrouve en première ligne. En France, la justice enquête déjà sur X et Grok après des signalements concernant des deepfakes sexuels et des images d’enfants.
Le texte porte le numéro HF-1606. Il a été adopté au printemps avec 132 voix contre une à la Chambre du Minnesota. Le Sénat l’a approuvé à l’unanimité, 65 voix contre zéro.
Depuis le 1er août, les entreprises concernées risquent jusqu’à 500 000 dollars par image en cas de violation. Les élus avaient notamment entendu l’histoire d’un homme ayant utilisé des photos publiées sur les réseaux sociaux pour fabriquer de fausses images sexuelles de plus de 80 femmes qu’il connaissait. Le Minnesota veut maintenant couper l’accès aux outils qui permettent ce genre de manipulation. xAI n’est pas d’accord.
xAI invoque la liberté d’expression
L’entreprise d’Elon Musk a saisi la justice en juillet pour empêcher l’application de la loi. Son argument principal repose sur le Premier amendement de la Constitution américaine. xAI estime que le texte du Minnesota couvre un champ beaucoup trop large et pourrait toucher des images pourtant protégées par la liberté d’expression.
L’entreprise cite notamment les photos de personnes torse nu, les nageurs ou encore certaines formes de satire politique. Elle critique également l’absence d’exception pour les développeurs qui tentent de limiter les abus. Même une image créée avec le consentement de la personne concernée pourrait tomber sous le coup de la loi.
Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, défend exactement l’inverse. Pour lui, le texte réglemente surtout un outil permettant de produire des images sexuelles sans consentement. Il accuse Grok Imagine d’avoir considérablement facilité ce type de pratique.
Le bras de fer ressemble déjà à celui engagé avec d’autres autorités. En mai,Elon Musk s’en était pris publiquement aux magistrats français qui enquêtent sur X et Grok. Cette fois, xAI tente directement de faire tomber la loi.
Grok traîne déjà plusieurs affaires derrière lui
Le Minnesota n’arrive pas sur un terrain vide. En janvier, une organisation de surveillance estimait que Grok avait généré plus de 23 000 images sexualisées d’enfants en seulement onze jours. Plusieurs pays ont ensuite ouvert des enquêtes. En mars, trois mineurs en Californie ont rejoint une procédure contre xAI. Ils accusent Grok d’avoir servi à transformer leurs photos en contenus pédocriminels générés par IA.
xAI affirme avoir réagi. L’entreprise dit avoir suspendu plus de 50 000 comptes en 2026 et transmis plus de 70 000 signalements au National Center for Missing and Exploited Children.
Grok avait déjà accumulé d’autres controverses. En 2025, xAI avait reconnu une erreur après la diffusion de contenus haineux par son IA. Le dossier du Minnesota va plus loin. Il ne demande plus seulement à xAI de corriger Grok après un incident. Il cherche à imposer des limites directement dans la loi. La justice devra maintenant décider si le Minnesota réglemente un outil dangereux ou s’il empiète sur la liberté d’expression protégée par la Constitution. Grok reste disponible. La loi aussi.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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