Le G7 sonne l’alarme sur la sécurité de l’ère post-quantique
Le G7 presse États et entreprises de basculer dès maintenant vers une cryptographie résistante au quantique. Son rapport du 3 septembre 2026 ne cite ni le bitcoin, ni les exchanges, ni la blockchain, mais vise la brique dont dépend chaque portefeuille : la signature à clé publique, qu’un ordinateur quantique assez puissant peut casser.

En bref
- Le G7 publie « Preparing for the Post-Quantum Era » le 3 septembre 2026.
- L’UE veut des transitions nationales engagées fin 2026, les systèmes à haut risque migrés fin 2030.
- Bitcoin et Ethereum suivent des trajectoires distinctes, sans date d’activation côté Bitcoin.
Un rapport de huit pages qui ne parle jamais de crypto
Le document compte huit pages et ne contient aucune occurrence de « cryptocurrency », « bitcoin » ou « blockchain ». Ce silence ne signifie pas que le secteur est à l’écart. Neuf acteurs, dont BlackRock, Coinbase et Strategy, ont déjà rejoint le Bitcoin Security Consortium pour travailler sur le sujet.
« Bien que le calendrier exact soit incertain, plusieurs avancées récentes laissent anticiper le développement d’ordinateurs quantiques capables de casser les mécanismes de cryptographie à clé publique largement utilisés et de menacer la sécurité des infrastructures numériques », écrivent les auteurs, pilotés par l’ANSSI pour la présidence française du G7.
Le G7 s’intéresse surtout à une menace bien connue des spécialistes : « collecter maintenant, déchiffrer plus tard ». Des données chiffrées peuvent être conservées aujourd’hui, puis déchiffrées lorsque les capacités de calcul le permettront.
Dans le cas des cryptos, le problème est un peu différent. Les clés publiques et l’historique des transactions sont exposés sur la blockchain. Une signature vulnérable ne peut donc pas simplement être remplacée après coup. La question est de savoir combien de temps une clé restera sûre.
Bruxelles et Washington ont déjà posé des dates
Le G7 n’impose rien, les calendriers existants si. La feuille de route européenne de juin 2025, adoptée par le groupe de coopération NIS, demande aux États membres d’avoir engagé leurs « premières étapes » avant le 31 décembre 2026 et migré les cas à haut risque « au plus tard fin 2030 ».
Côté américain, le projet NIST IR 8547 propose d’interdire les algorithmes d’au moins 128 bits après 2035, et ceux à 112 bits dès 2030. La CISA, corédactrice de l’appel, pousse la même logique. Or la courbe secp256k1 de Bitcoin offre environ 128 bits et relève de la seconde échéance, pas de la première.
La contrainte viendra des appels d’offres et de la conformité : le G7 recommande d’intégrer la cryptographie post-quantique aux exigences de cybersécurité et aux marchés publics.
Bitcoin et Ethereum n’ont pas le même calendrier
Côté Bitcoin, le BIP-360, dit Pay-to-Merkle-Root, crée un type de sortie qui supprime la dépense par clé Taproot, le chemin exposé au quantique. Première étape assumée : les attaques rapides sur les transactions en attente exigeraient des signatures post-quantiques, sans date d’activation fixée.
Ethereum vise plus large. Publiée en février 2026, la feuille de route de Vitalik Buterin identifie quatre briques à remplacer, des signatures de validateurs aux engagements KZG, pour une infrastructure visée en 2029, comme l’avait détaillé notre suivi des choix cryptographiques d’Ethereum.
Le coût explique ces prudences. Une signature ECDSA occupe environ 64 octets, contre près de 4 627 pour ML-DSA-87, profil standardisé par le NIST : un facteur 72 par transaction. Google Quantum AI a réduit en mars ses estimations pour casser ECDLP-256, sous 500 000 qubits physiques et quelques minutes de calcul.
L’enjeu des prochains mois n’est pas le Q-Day mais la gouvernance : adoption du BIP-360, feuilles de route nationales attendues avant fin 2026, premières clauses post-quantiques dans les marchés publics. Pour juger ces signaux, comprendre le bitcoin et la protection de ses clés reste utile.
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Passionné par le Bitcoin, j'aime explorer les méandres de la blockchain et des cryptos et je partage mes découvertes avec la communauté. Mon rêve est de vivre dans un monde où la vie privée et la liberté financière sont garanties pour tous, et je crois fermement que Bitcoin est l'outil qui peut rendre cela possible.
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