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Les Nigérians rejettent leur CBDC eNaira : enfin une bonne nouvelle !

dim 06 Nov 2022 ▪ 7h00 ▪ 4 min de lecture - par Mary Batshwok

Au bout d’un an, les Nigérians boudent toujours leur CBDC, d’après Bloomberg. Début 2021, les autorités ont interdit le bitcoin (BTC) et les cryptomonnaies pour finalement lancer leur CBDC en octobre de la même année. Le rejet de l’eNaira est une excellente nouvelle alors que tous les États s’apprêtent à imposer leur CBDC, monnaie centrale numérique, afin de contrôler leurs citoyens.

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C’est souvent la censure et les interdictions qui incitent les peuples à trouver des solutions alternatives, et ainsi à innover. Comme dans d’autres pays qui ont voulu couper les vivres à ses opposants, les Nigérians qui manifestaient contre les brutalités policières en octobre 2020 se sont tournés encore plus massivement vers le bitcoin (BTC), et ils n’ont aucune envie d’y renoncer.

L’interdiction du bitcoin : un effet limité voir nul

Avec le bitcoin (BTC), le gouvernement n’a plus de prise sur ses opposants. Son interdiction n’a pourtant pas eu l’effet escompté, puisque les utilisateurs utilisent des exchanges Peer-to-Peer. L’introduction du eNaira n’a visiblement pas d’impact non plus. Le Nigeria est, d’après Paxful, le deuxième pays au monde en termes de transactions en BTC Peer-to-peer. Selon les données de Coin Dance, les Nigérians ont négocié 60 215 BTC entre 2015 et 2020. Cela pour une valeur de plus de 566 millions de dollars, un chiffre que seuls les États-Unis ont dépassé. Le volume le plus élevé (20 504,50) a été échangé en 2020. Entre janvier et septembre 2020, Paxful a signalé une augmentation de 137 % de nouveaux inscrits sur sa plateforme. Cette activité va au-delà des plateformes P2P classiques : de nombreux Nigérians échangent également des cryptomonnaies directement entre eux. Chainalysis décrit la croissance exponentielle de l’utilisation des cryptos comme inéluctable en Afrique : envoi de fonds depuis et vers l’étranger, achat de marchandises, etc.

La CBDC nigériane boudée

Après avoir dénigré et interdit les cryptomonnaies, les Nigérians ne comprennent pas pourquoi ils devraient adopter la CBDC. Avec une moyenne d’âge de 20 ans, la population se méfie des propositions du gouvernement. Pour donner un coup de fouet à l’eNaira, un bonus de 5 % est accordée aux conducteurs et aux passagers des rickshaws motorisés qui l’utilisent. En vain : d’après les statistiques officielles, seule une personne sur 200 aurait déjà utilisé cette CBDC.

Lorsque le Nigéria (environ 211 millions d’habitants) est devenu la première nation africaine à lancer une monnaie numérique centralisée, il visait les près de 40 millions de personnes non bancarisées dans le pays. Non bancarisées, certes, mais on compte quand même un taux de pénétration des téléphones mobiles de 81 %. On le sait (presque) tous désormais, les CBDC n’ont rien d’altruiste. Le gouverneur de la banque centrale, Godwin Emefiele, a même dit : « La destination, en ce qui me concerne, est d’atteindre une économie sans cash à 100 % au Nigéria ».

La plus grande économie d’Afrique a dévalué sa monnaie, le naira, environ six fois depuis 2015. L’économiste Tatonga Rusike prévoit de nouvelles dévaluations à venir. Avec une inflation galopante, des frais bancaires élevés et des interdictions diverses, les Nigérians préfèrent le bitcoin (BTC) à toute autre monnaie. Ils n’ont pas eu besoin de grands discours sur l’économie pour adopter LA monnaie pratique, avec peu de frais de transaction, non censurable. Ils sont en train de distancer sérieusement les Européens endormis qui ne semblent toujours pas comprendre ce qui est en train de se passer avec les CBDC.

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Mary Batshwok

Subprimes, crises financières, inflation galopante, paradis fiscaux... Le bitcoin a été conçu pour plus de transparence et peut-être enfin changer la donne. J'essaie de comprendre ce nouvel environnement et tente de l'expliquer à mon tour. La route est sans doute longue, mais elle en vaut la peine.

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