Les nœuds Bitcoin exécutant le protocole BIP-110 dépasse désormais les 2 % !
Dans un réseau où chaque ligne de code peut devenir un manifeste, le moindre signal technique prend des allures de déclaration politique. Le BIP 110, soutenu par une fraction croissante des nœuds Bitcoin, illustre ce tiraillement interne. Derrière cette proposition en apparence mineure se cache une volonté claire : resserrer le contrôle sur l’insertion de données dans la blockchain et défendre une vision plus rigoureuse du protocole.

En bref
- Le BIP 110 franchit le seuil symbolique des 2,38 % de signalement sur le réseau Bitcoin.
- Cette proposition de soft fork vise à limiter la taille des données incluses dans les transactions.
- Le soutien provient principalement de nœuds utilisant le client alternatif Bitcoin Knots
- Le débat révèle des fractures idéologiques profondes sur l’avenir du protocole Bitcoin.
Le signalement du BIP‑110 : une dynamique technique s’organise
Tandis que Bitcoin Core a encaissé un audit indépendant sans la moindre égratignure, 2,38 % des nœuds Bitcoin signalent actuellement leur soutien au BIP‑110, soit 583 nœuds sur un total de 24 481, selon les données publiées par le développeur Luke Dashjr.
Bien que ce pourcentage reste minoritaire, il s’insère dans une progression constante. Le BIP‑110 est une proposition de soft fork qui vise à restreindre la taille et la portée des données arbitraires intégrées dans les transactions Bitcoin. Son objectif est de limiter les abus pouvant nuire à la performance et à la décentralisation du réseau.
Voici les principales caractéristiques techniques de cette proposition :
- Une limite stricte des données OP_RETURN à 83 octets ;
- La réduction de la taille maximale des sorties de transaction à 34 octets ;
- Une période d’application fixée à un an, avec réévaluation possible après expiration ;
- La compatibilité assurée via un soft fork, sans rupture de consensus ;
- Le signalement pris en charge par Bitcoin Knots, une alternative à Bitcoin Core ;
- Un mécanisme utilisable dans le cadre d’un Node-Activated Soft Fork (NASF).
Cette montée du signalement à travers le réseau traduit un mouvement coordonné et délibéré. Le choix du soft fork permet aux nœuds de manifester leur désaccord sans créer de rupture, tout en pesant indirectement sur le débat technique et politique autour des orientations de Bitcoin Core.
Les fractures idéologiques autour des données sur la blockchain
La montée du BIP‑110 ne peut être comprise sans revenir à la décision récente des mainteneurs de Bitcoin Core. La version 30 du client principal a supprimé la limite imposée aux données OP_RETURN, ouvrant la voie à des usages potentiellement plus lourds en termes de ressources.
Pour certains, cette suppression représente une dérive. Luke Dashjr, instigateur du BIP‑110, critique ouvertement cette décision et défend une vision plus minimaliste du réseau Bitcoin : « le stockage de données inutiles nuit à la décentralisation et augmente les coûts pour les opérateurs de nœuds ». Cette approche trouve un écho chez les partisans d’un Bitcoin strictement monétaire, soucieux de préserver la légèreté du protocole.
À l’opposé, plusieurs contributeurs de la communauté estiment que cette inquiétude est exagérée. Jameson Lopp, figure bien connue de l’écosystème, affirme que « limiter OP_RETURN ne résout pas les problèmes de spam » et que « les spammeurs peuvent toujours utiliser d’autres moyens pour insérer des données ».
Il remet également en cause l’efficacité des filtres tels que ceux introduits dans Bitcoin Knots, considérant qu’ils ne constituent pas une réponse structurelle au problème. Ce désaccord souligne une tension ancienne : faut-il brider la liberté d’utilisation de la blockchain pour préserver sa scalabilité, ou encourager l’expérimentation au risque de saturer le réseau ?
Alors que le BIP‑110 continue de gagner du terrain, un autre signal d’alerte agite le réseau : plus de 2 500 nœuds seraient vulnérables à un bug critique. Entre tensions sur la gouvernance et fragilités techniques, la blockchain traverse une zone de turbulences où chaque ligne de code devient un enjeu stratégique.
Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.
Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.