Polymarket, Kalshi : Une étude révèle l’ampleur des pertes sur les marchés prédictifs
Les marchés prédictifs vendent une promesse simple. Miser sur le futur, lire la foule, gagner grâce à une meilleure intuition que les autres. Mais les dernières données sur Polymarket racontent une histoire beaucoup moins flatteuse, au moment même où Kalshi et l’ensemble du secteur attirent plus d’attention politique et institutionnelle.

En bref
- Polymarket montre surtout une réalité sèche : la masse perd, une minorité gagne
- Kalshi et le reste du secteur entrent dans une zone de pression réglementaire
- Et malgré cela, les capitaux institutionnels continuent d’affluer
Beaucoup de volume, très peu de gagnants
Sur Polymarket, la majorité perd. L’analyse publiée le 6 avril 2026 par Andrey Sergeenkov estime que 84,1 % des traders sont dans le rouge. Autrement dit, moins d’un utilisateur sur six affiche un profit positif.
Le plus frappant n’est pas seulement ce ratio. C’est surtout la faiblesse des gains réellement conséquents. Sur 2,5 millions d’adresses étudiées, à peine 2 % ont dépassé 1 000 dollars de profit cumulé. Ce constat n’a rien d’étonnant dans un écosystème parfois tiré par des paris choquants, comme ceux portant sur la mort d’un pilote américain. Seules 0,32 % des adresses ont franchi 10 000 dollars. Et 840 adresses seulement, soit 0,033 %, ont dépassé 100 000 dollars, d’après Sergeenkov.
L’idée d’un revenu régulier grâce à ces plateformes ressemble donc plus à une vitrine qu’à une réalité. Sergeenkov montre que 0,98 % seulement des traders ont gagné plus de 5 000 dollars sur un mois. Et 0,26 % seulement affichent un profit mensuel moyen supérieur à ce seuil. Même chez les meilleurs, la durée reste courte.
Pourquoi l’écart se creuse sur Polymarket
Le décrochage ne tombe pas du ciel. L’étude relie cette dégradation à l’explosion du nombre d’utilisateurs après l’élection américaine de novembre 2024. Plus de bruit, plus de nouveaux entrants, plus de prises de position impulsives. Dans ce type de marché, cela suffit pour renforcer l’avantage des profils déjà rodés.
Les travaux académiques vont dans le même sens. Une étude mise en ligne sur SSRN fin 2025 estimait déjà qu’environ 30 % seulement des traders réalisaient un profit positif sur Polymarket. Un autre préprint daté de janvier 2026 montre, lui, une concentration extrême des gains : le top 1 % capte 84 % de l’ensemble des profits. Le marché peut donc être informatif, tout en restant brutal pour les participants les moins expérimentés.
Il faut tout de même lire ces chiffres correctement. L’étude de Sergeenkov raisonne en adresses, pas forcément en personnes. Elle ne mesure aussi que les profits réalisés, ce qui peut temporairement classer comme pertes des positions encore ouvertes. Mais même avec ces limites, la tendance reste nette : la promesse d’un terrain de jeu équilibré paraît très exagérée.
Ce constat tombe au pire moment pour le secteur. À Washington, plusieurs élus veulent désormais serrer la vis sur les marchés prédictifs liés à la guerre, au terrorisme, aux assassinats ou aux décisions publiques sensibles.
Le BETS OFF Act, présenté en mars 2026, cible précisément ce type de contrats. Le DEATH BETS Act suit la même logique en voulant interdire plus explicitement les paris sur la mort et la guerre. En parallèle, le débat réglementaire américain ne se limite pas à ces dérives : du côté crypto, le CLARITY Act reste l’autre grand dossier, avec l’ambition d’imposer un cadre fédéral plus lisible aux actifs numériques. Ce contraste est révélateur. Washington cherche à la fois à mieux encadrer l’innovation financière et à fermer la porte aux produits jugés les plus toxiques.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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