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Bitcoin (BTC) et identité numérique totalitaire

mar 03 Mai 2022 ▪ 12h30 ▪ 11 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le bitcoin (BTC) est non seulement l’évolution ultime de la monnaie, mais surtout le dernier rempart face au totalitarisme que nous promettent la monnaie programmable et l’identité numérique.

Identité numérique ?

Internet fut créé sans système d’identification. Nous utilisons des identifiants et des mots de passe lorsque cela est nécessaire.

Certains utilisent des programmes de gestion de mots de passe alors que d’autres utilisent les boutons « Se connecter avec Facebook/Apple/Google ». Pratique, sauf que cliquer sur ces boutons revient à disperser ses données privées aux quatre vents.

La question de l’identité en ligne suscite toutefois un regain d’intérêt, ne serait-ce qu’en raison du « métaverse » de Facebook qui intègre fondamentalement les transferts économiques. Il est en effet possible d’acheter par exemple des paires de chaussures virtuelles dont le titre de propriété prend la forme d’un NFT (Non Fungible Token).

Ce monde virtuel est un genre de remake du jeu « Second Life », avec la réalité augmentée en plus. Mark Zuckerberg espère gagner des milliards en enfermant notre esprit dans un monde virtuel où l’identité numérique est appelée à jouer un grand rôle.

« La vérification de l’identité des alter ego virtuels va devenir essentielle », peut-on lire sur le blog Future Identity.

« Sans une solution d’identité adaptée, il sera impossible de s’assurer que les avatars sont vraiment ceux qu’ils prétendent être, ce qui pose évidemment problème pour les grandes entreprises et les célébrités. »

Certains promoteurs du métaverse et du Web3 clament justement vouloir mettre fin à ce siphonnage des données grâce à l’instauration d’identités numériques décentralisées (DID : Decentralized Digital Identity en anglais).

Néanmoins, ces vœux pieux ne pèsent pas lourd face à Google, Apple, Facebook et Mozilla qui se sont opposés à l’une des principales normes (World Wide Web Consortium DID) pour l’identité décentralisée. Celle-ci menace le pré carré des géants de l’internet dont le gagne-pain est de monétiser nos données.

Apple préfère de loin que nous utilisions une identité numérique créée par ses soins. Dans l’État américain de l’Arizona, le wallet Apple permet déjà de créer une identité numérique en intégrant son permis de conduire ou sa carte d’identité.

Dit autrement, Apple pourra savoir quel type de voiture les Arizoniens possèdent/louent, leur historique de déplacement, la vitesse à laquelle ils conduisent, etc. Ceci n’est qu’un exemple parmi des milliers. L’identité numérique universelle est une menace pour nos libertés dans le sens ou elle rend possible les dérives ségrégationnistes à l’œuvre en Chine.

Big Brother is watching you

L’identité numérique centralisée est la pierre angulaire d’un système de surveillance qui pourrait être in fine connecté à un crédit social.

Imaginez que l’identité numérique centralisée soit obligatoire pour se connecter à Facebook. Et qu’elle soit aussi nécessaire pour obtenir un prêt bancaire.

Maintenant, admettons que votre banque se trouve être un grand mécène de marchands d’armes. Eh bien, il se pourrait que vous n’obteniez pas de crédit parce que votre banque a découvert que vous étiez farouchement opposé à la guerre. En effet, Facebook nous catalogue et chaque « j’aime » ou « partage » permet d’affiner nos profils psychologiques, culturels, politiques, etc.

Pour ID2020, l’alliance créée par Bill Gates, l’identité numérique doit d’être « holistique et accompagner les individus tout au long de leur vie ». Peggy Johnson, ex-vice-présidente exécutive chez Microsoft (partenaire de l’alliance ID2020), a déclaré pour sa part qu’il est « passionnant d’imaginer un monde d’identités numériques sécurisées donnant à chacun tous les droits et opportunités qu’il mérite ».

Le « qu’il mérite » n’est pas anodin. Ce que vous méritez est certainement différent de ce que d’autres méritent…

Le World Economic Forum (WEF) est également un fervent défenseur de l’identité numérique. Les hommes de Davos ont d’ailleurs publié en février un rapport intitulé « Advancing Digital Agency : The Power of Data Intermediaries » qui ne laisse aucun doute quant à leurs ambitions totalitaires.

Le WEF y avance que l’identité numérique permettra de relier les historiques d’achats, de recherche internet, de consommation d’énergie. Sans parler des dossiers médicaux, les données biométriques, les numéros d’identité nationaux, des voyages, des comportements en ligne, etc.

WEF digital identity

Que feront-ils de toutes ces données ? Un crédit social ? Les possibilités sont infinies, surtout si la monnaie devient programmable et conditionnée comme cela risque d’être le cas avec la CBDC (Central Bank Digital Currency).

Un embryon de crédit social en Italie

Des applications récemment lancées en Belgique, en Bavière, en Autriche et dans la ville de Bologne présentent des similitudes frappantes avec le système chinois de crédit social.

L’application italienne s’appelle « Smart Citizen Wallet ». Elle récompense les citoyens pour différentes actions telles que le recyclage, l’utilisation des transports publics ou encore la bonne gestion de l’énergie (comprendre la faible consommation d’énergie).

« Les comportements dits “vertueux” permettront aux citoyens d’améliorer leur score et de gagner des points qu’ils pourront “dépenser” pour des activités culturelles gratuites » , peut-on lire dans le Corriere di Bologna. « Évidemment, personne ne sera obligé de participer ».

Accepter d’être surveillé en échange d’une place de cinéma revient à mettre le doigt dans l’engrenage de l’ingénierie sociale. Aujourd’hui des récompenses, mais demain ? En attendant, la Commission européenne propose déjà sa propre infrastructure d’identité numérique biométrique. Le « Digital Wallet ».

Voici ce que nous écrivions à son propos en juin 2021 :

« Cette application smartphone pourra contenir nos documents officiels comme le permis de conduire, mais aussi nos données de paiement. Elle permettra par exemple de payer ses factures d’électricité et d’eau. Il sera possible de s’y connecter via ses données biométriques. »

En France, deux jours après la réélection d’Emmanuel Macron, le ministère de l’Intérieur s’est lancé dans la création d’un moyen d’identification électronique baptisé « Service de garantie de l’identité numérique » (SGIN).

Combien de temps avant que cette identité numérique soit obligatoire pour se connecter à Twitter ?

Combien de temps avant qu’elle soit utilisée pour le ‘Digital Euro’ de la banque centrale européenne ?

Rabobank prend de l’avance sur la CBDC

Aux Pays-Bas, depuis le 22 avril, les clients de la Rabobank peuvent voir les émissions de CO2 associées à leurs habitudes de consommation :

« À partir d’aujourd’hui, 1 000 clients peuvent suivre l’impact de leurs achats sur le climat. Avec Carbon Insights, les clients peuvent suivre dans l’application Rabo les émissions de CO2 de chaque euro qu’ils dépensent. Rabobank est la première banque néerlandaise à fournir à ses clients un aperçu des émissions de CO2 causées par leurs dépenses. De cette manière, nous souhaitons sensibiliser les consommateurs au climat. Rabobank a l’ambition de mettre Carbon Insights à la disposition de tous ses clients d’ici à la fin de l’été. »

Cette initiative fait suite à celle de Mastercard. Le géant des paiements propose une carte de crédit qui bloque les dépenses lorsque les achats ont atteint la « limite carbone maximum ». Cette initiative a bien évidemment été saluée par le World Economic Forum.

Rabobank ne veut pas aller aussi loin que Mastercard et insiste sur le fait que ce nouvel outil est purement volontaire… pour l’instant. La PDG de la banque, Barbara Baarsma, a déclaré : « Le but n’est absolument pas de pointer du doigt ».

Voilà ce qui nous pend au nez avec l’identité numérique et la CBDC : surveillance de masse et rationnement…

Absolument tout est imaginable. Le prix des choses gourmandes en énergie pourrait par exemple aller crescendo. Le premier billet d’avion de l’année coûterait 200 euros, le deuxième 400 euros, le troisième 800 euros, etc.

Non pas que votre serviteur ne soit pas sensible à la catastrophe climatique en gestation. Mais il ne faudrait pas non plus que notre société sombre dans un marxisme technologique contrôlé par des tartufes milliardaires ne se privant de rien.

Bitcoin DID pour échapper au Great Reset numérique

Une DID (Decentralized ID) est une identité numérique cryptographiquement sécurisée que l’on crée, possède et contrôle soi-même. Tout le contraire d’une adresse e-mail Google et de toutes ces identités numériques qui visent à noyauter toutes nos données.

Elle prend la forme d’une clé publique reliée à des documents officiels chiffrés et ancrés sur la blockchain Bitcoin.

Nous écrivions dans cet article que :

« Les blockchains résistantes à la censure comme Bitcoin sont parfaites pour ancrer des documents DID. Bitcoin est un registre d’événements décentralisé, immuable et chronologique sur lequel l’ensemble de l’humanité peut s’accorder pour toujours. »

À ce titre, le rachat de Twitter par Elon Musk est potentiellement de bon augure puisque le CEO de Tesla est un défenseur de l’anonymat. Nous ne devrions donc jamais avoir à renseigner notre identité numérique pour user de notre liberté d’expression.

À moins que des gouvernements tyranniques ne s’en mêlent :

Ajoutons en passant que le Bitcoin et le Lightning Network sont également la solution pour en finir avec les bots et autres spams qui polluent les réseaux sociaux. Il suffira de déposer quelques satoshis pour être « vérifié ».

Les satoshis seront virés au moment de la connexion et renvoyés au moment de la déconnexion. Cet argent sera confisqué en cas de mauvaise conduite, ce qui rendra les bots et la profession de spammeur obsolètes.

Les globalistes voudraient nous marquer au fer numérique grâce à une identité numérique centralisant l’historique de nos moindres faits et gestes. Le bitcoin est une digue face à cette volonté orwellienne de conditionner notre existence, nos chances et nos libertés.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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