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Bitcoin (BTC) : L'inflation n'est pas près de s'arrêter

sam 28 Mai 2022 ▪ 12h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

L’inflation galope partout dans le monde. Face à l’hyperinflation et l’éclatement de la bulle boursière sur fond de tensions géopolitiques et énergétiques, l’arche de Noé se nomme Bitcoin.

L’inflation au plus haut depuis 38 ans

D’après le Fonds monétaire international, l’inflation est en route pour atteindre près de 6 % au sein des économies avancées cette année. Ce sera pire dans l’ensemble des pays en développement, à près de 9 %.

Le FMI explique ces tensions inflationnistes par les hausses des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, exacerbées par la guerre en Ukraine. Sont également pointés du doigt les lockdowns en Chine qui perturbent la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Il ne fait d’ailleurs aucun doute que la Chine prend part à une guerre commerciale intense lorsqu’elle décide de fermer le port de Shanghai (le plus grand port du monde) sous prétexte sanitaire. Il en découle des pénuries de composants essentiels qui ralentissent les cadences de production partout dans le monde. Cette réduction de l’offre provoque de l’inflation.

Voici une animation montrant la carte mondiale de l’inflation :

« Quels sont les facteurs qui déterminent les perspectives d’inflation dans le monde ? »

Plusieurs pays font déjà face à l’hyperinflation, comme par exemple le Venezuela, l’Argentine, la Turquie, l’Iran, le Soudan, l’Éthiopie, la Syrie, le Liban le Yémen, le Suriname ou encore le Zimbabwe.

En tout, pas moins de 57 pays souffrent d’une inflation supérieure à 10 % par an. Certains depuis plus longtemps que d’autres.

Une inflation de 10 % par an signifie que les prix doublent au bout de cinq ans…

Une inflation de 70 % par an comme en Turquie (pays membre du G20), signifie que les prix triplent en deux petites années. Le pouvoir d’achat est divisé par trois ! La Turquie est déjà en l’hyperinflation !

Il est vrai que la définition « officielle » de l’hyperinflation voudrait que l’on en parle seulement à partir de 50 % par mois. Vaste plaisanterie… La norme comptable de l’Union européenne (IASB no 29) parle d’ailleurs plutôt de 100 % en l’espace de trois ans. De nombreux pays sont déjà dans ce cas.

D’autres suivront si le bras de fer continue entre l’Occident, la Russie et la Chine. Malheureusement, c’est exactement ce qui risque de se passer si l’on en croit les déclarations des puissants cette semaine à Davos.

Dialogue de sourd au téléphone rouge

Il y a peu de chance que l’inflation se tasse au vu de ce qu’il s’est dit lors du World Economic Forum. À la question de savoir si, « à long terme, la Russie pourrait retrouver sa place en Europe », posée par Klaus Schwab, la présidente de la Commission Européenne a répondu oui, mais…

« Oui, c’est ma réponse. Si la Russie retrouve son chemin vers la démocratie, l’État de droit et respecte le droit international, alors clairement oui. La Russie est notre voisin et cela changera jamais. Nous partageons une longue histoire. Nous partageons une culture. Ceci est certainement un rêve, un espoir distant. Nous nous levons contre cette invasion brutale, mais aussi contre les dirigeants russes (Poutine). Ce sont les Russes qui décident du futur de leur pays. La balle est dans leur camp. »

L’hôpital se moque ouvertement de la charité… Pour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, les choses sont claires : « L’Occident a déclaré une guerre totale contre nous, contre le monde russe ».

M. Lavrov a prévenu que la culture du bannissement de la Russie est partie pour durer :

« La culture du bannissement de la Russie et tout ce qui est lié à notre pays atteint un point d’absurdité. Des interdictions ont été imposées sur des classiques tels que Tchaïkovski, Dostoïevski, Tolstoï et Pouchkine. Des persécutions sont en cours contre la culture et les travailleurs artistiques russes. De manière générale, on peut être certain que cette situation va durer. »

Ce dialogue de sourds ne pointe pas vers une subite réconciliation qui permettrait de mettre fin à la spirale inflationniste. Et encore moins le discours du milliardaire Georges Soros qui a lancé sans ambages que « l’invasion de l’Ukraine a peut-être marqué le début de la troisième guerre mondiale », et que « notre civilisation pourrait ne pas y survivre »…

Le pape de la politique étrangère américaine, Henry Kissinger, s’est lui montré moins belliqueux. S’exprimant également à Davos, le boucher du Cambodge et architecte du pétrodollar a dit du bout des lèvres qu’il était temps de trouver une issue diplomatique pour mettre fin à la guerre.

« Idéalement, la ligne de démarcation devrait revenir là où elle était avant le conflit », a-t-il déclaré, suggérant par là que Kiev devrait faire son deuil de la péninsule de Crimée et de la région du Donbas. « À présent, poursuivre la guerre ne signifie plus se battre pour la liberté de l’Ukraine, mais déclencher une nouvelle guerre contre la Russie elle-même. »

Quelques heures après le discours de M. Kissinger, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quant à lui réitéré qu’il n’y aura pas de pourparlers de paix tant que Moscou n’aura pas évacué chaque centimètre carré du territoire ukrainien, y compris en Crimée.

L’administration Biden vient, elle, de débloquer 40 milliards pour soutenir l’armée ukrainienne qui pourrait bientôt recevoir des batteries de missiles américaines de type MLRS pouvant frapper des cibles jusqu’à 300 kilomètres…

Nous assistons à un grand chamboulement géopolitique. Une rupture des relations commerciales entre l’Occident, la Russie et l’Asie aura tôt fait de doubler voire tripler le taux d’inflation dans le monde développé.

N’écoutez pas le FMI et les banquiers centraux. Ils se trompent toujours (à dessein…) :

HIPC and ECB staff projection
Courbe bleue : Taux d’inflation réel
Autres courbes : L’inflation qui avait été prévue par la BCE

Sans parler du fait que l’Iran pourrait facilement fermer le détroit d’Ormuz avec quelques centaines de mines sous-marines si le ton devait monter encore d’un cran. Environ 1/3 des exportations de pétrole mondiales transitent par ce détroit…

Nour News, un média affilié à l’État iranien, a déclaré ce vendredi sur Twitter :

« Suite à la saisie d’un pétrolier iranien par le gouvernement grec et le transfert de son pétrole aux Américains, l’Iran a décidé de prendre des mesures punitives contre la Grèce. »

L’Iran a saisi deux tankers battant pavillon grec dans la foulée…

Des temps durs arrivent et le bitcoin, même si volatil, est véritablement la seule échappatoire pour protéger son épargne sur le long terme. JP Morgan vient de déclarer que « la valeur du bitcoin et de l’or pourraient s’égaliser »…

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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