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Bitcoin - Semaine 38

mar 20 Sep 2022 ▪ 20h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le Bitcoin frétille avant la FED. Guerre, inflation, récession, combien de temps avant que Jérôme Powell ressorte sa planche à billets ?

On fait le bilan

La banque centrale américaine devrait relever son taux directeur de 0.50 ou 0.75 % ce mercredi soir, à 20h. Le taux passera alors à 3.25 %. De manière plus cruciale, la réduction de son bilan devrait accélérer au rythme de 95 milliards par mois. Ce dernier pèse 8830 milliards, en baisse de 130 milliards depuis le mois d’avril.

En mai, la FED de New York prévoyait que le bilan serait ramené à 5 900 milliards de dollars en 2025. Ce qui signifie que les réserves des banques privées tomberaient à environ 8 % du PIB.

Pour Jonathan M. Wright de l’université Johns Hopkins (le sérail…), interrogé le 14 septembre par la brookings institution, « une telle baisse serait probablement trop importante ». « Lorsque les réserves des banques privées ont approché ce niveau pour la dernière fois (sept 2019), les turbulences du marché ont menacé la capacité de la Fed à contrôler les taux d’intérêt à court terme ».

Et perdre le contrôle des taux d’emprunt à court terme signifie un écroulement du système. En gros…

Wright s’attend donc à ce que le bilan de la Fed ne baisse qu’à environ 7 500 milliards de dollars d’ici la fin de 2023, avant de recommencer à croître. « Mon hypothèse est que l’argent du QE [Quantitative Easing] ne sera jamais ré-aspiré par la FED », a déclaré M. Wright.

Bilan de la FED /
« Un de mes graphiques préférés.
Ils ont crié dans le vide « nous réduisons notre bilan », pour ensuite le faire exploser à la hausse (en 2019).
La Fed ne peut pas réduire significativement son bilan très longtemps sans casser quelque chose et devenir l’acheteur en dernier ressort. »

Votre serviteur partage cet avis. Ce n’est qu’une question de temps avant que la FED ressorte sa planche à billets.

Les bourses resteront toutefois sous pression d’ici là, ce qui pourrait éventuellement peser sur le bitcoin. En effet, la corrélation entre le Bitcoin et le S&P500 ne cesse d’augmenter depuis la fin d’année dernière.

En sachant que Ray Dalio, qui gère l’un des plus grands fonds d’investissement au monde, estime qu’un taux directeur à 4.50 % provoquerait une nouvelle chute de 20 % du S&P500 (soit -40 % en tout).

Et au vu du taux d’inflation qui demeure au-dessus de 8 %, il y a de bonnes chances que le grand timonier de la FED continue de rehausser le loyer de l’argent.

D’autant plus que son homologue européenne a déjà laissé entendre qu’elle remontera le taux de la BCE à 5 %. La présidente de la BCE a même promis de monter les taux jusqu’à ce que l’inflation soit maîtrisée. Or nous sommes proches de 10 % et rien n’indique que les choses vont se tasser.

Au contraire, l’indice des prix à la production allemand, qui est un indicateur avancé de l’inflation, s’est affiché en hausse de 46 % au mois d’août ! La guerre par procuration que se livrent OTAN et Russie en Ukraine ne plaide pas non plus pour une baisse des prix de l’énergie.

Il se dit même que Vladimir Poutine va déclarer la guerre à l’Ukraine ce soir. Dit autrement, Moscou va retirer les gants. Ce n’est plus une « opération spéciale », mais une guerre.

Et la bise fut venue

Le pire est à venir cet hiver. La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Burbock a déclaré ce lundi : « Nous somme guerre ».

Le ministre de l’économie Robert Habeck a déclaré pour sa part que « les stocks de gaz ne suffiront pas si l’hiver est rude ». « Les petits commerces ne pourront pas survivre à l’augmentation des prix de l’énergie ».

Et pour ne rien arranger, le dollar continue de s’apprécier comme rarement auparavant. En d’autres termes, l’inflation va encore s’aggraver puisque le dollar reste la principale monnaie utilisée dans le commerce international.

Le dollar Index s’est envolé de 14 % en 2022, soit la plus forte hausse annuelle depuis le lancement de l’indice en 1985. Cette appréciation est alimentée par les hausses de taux d’intérêt agressives de la Fed qui encouragent les investisseurs mondiaux à retirer de l’argent d’autres marchés pour le placer aux États-Unis.

Les sombres perspectives économiques en Europe ainsi qu’en Chine stimulent également le billet vert. Le vieux continent doit se sevrer de l’énergie russe tandis que l’Empire du Milieu voit sa bulle immobilière exploser.

Pour les États-Unis, un dollar plus fort signifie des importations moins chères. Ce qui permet d’alléger les pressions inflationnistes. A contrario, le reste du monde subit de plein fouet les effets de la hausse du dollar.

Tout cela pour dire qu’il ne fait pas vraiment sens de vendre le bitcoin dans ce contexte hyperinflationniste. Mais c’est ainsi, les masses le considèrent encore comme un actif risqué. Nous verrons bien si cette perception évolue cet hiver, quand l’inflation atteindra trois chiffres…

Sans parler de la récession et des déficits publics qui vont forcément exploser. Ce qui suggère que les banques centrales bluffent et qu’elles devront bientôt imprimer. C’est aussi ce que pense Cynthia Lummis, sénatrice américaine Maxi :

« L’inflation est pernicieuse. Les dépenses publiques en sont le principal moteur. Les hausses de taux de la Fed ne peuvent pas suivre le penchant de cette administration pour la dette. »

En 2019, la FED s’était remise à imprimer neuf mois à peine après avoir entamé la réduction de son bilan qui se solda par un crash de 34 % à wall Street. Nous en sommes à 6 mois…

La BCE devra aussi passer à la caisse. Le taux d’emprunt à 10 ans italien atteint 4 %, au plus haut depuis la crise de la dette européenne de 2014. Probablement que le QE redémarrera après les élections de septembre. Pour Noël.

En attendant, il faut faire le dos rond et apprécier ces BTC peu chers. Pas d’analyse on-chain cette semaine. Glassnode a préféré se pencher sur Ethereum qui vient de désarmer face au Bitcoin dans la course au hashrate…

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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