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Le bitcoin (BTC) et le cash : seuls garants de nos libertés ? Le cas de la Chine, un avant-goût des restrictions européennes

mar 21 Juin 2022 ▪ 8h00 ▪ 10 min de lecture - par Mary Batshwok

Découvrir un jour qu’on ne peut plus accéder à ses fonds que l’on croyait bien gardés à la banque ? Un cauchemar réel pour des citoyens chinois, libanais, grecs… Et si cela nous arrivait aussi ? Et si le bitcoin (BTC), monnaie décentralisée par excellence, ne serait pas une excellente alternative à cette dépendance aux banques centrales ? Dans le cas de la Chine, on peut constater, sans verser dans le « complotisme », que le QR-code utilisé pour lutter contre la pandémie serait devenu un moyen pratique et efficace de faire taire les mécontents… Et pour couronner le tout, la Chine est très hostile aux cryptomonnaies, pas vraiment étonnant dans ce contexte.

Bank run

Fonds bloqués dans des banques de la province du Henan (Chine)

Ce n’est pas la première fois que des citoyens chinois n’ont plus accès à leurs fonds. L’année dernière, l’effondrement de China Evergrande avait donné lieu à quelques manifestations publiques dans cet État autoritaire peu propice aux manifestations de mécontentement. Cette fois, les fonds des épargnants ont été gelés dans six banques depuis la mi-avril, la plupart dans la province du Henan.

Yuzhou Xinminsheng Village Bank (située dans la ville de Xuchang, province du Henan)
Zhecheng Huanghuai Bank (ville de Shangqui, province du Henan)
Shangcai Huimin Rural Bank (Ville de Zhumadian, Province du Henan)
New Oriental Village Bank (Ville de Kaifeng, Province du Henan)
Huaihe River Village Bank (Ville de Bengbu, Province de Anhui)
Yixian County Village Bank (Ville de Huangshan, Province d’Anhui)


Les succursales de ces banques ont indiqué qu’elles allaient suspendre les services de banque en ligne et de banque mobile en raison d’une « mise à niveau du système. » Et c’est ce qu’elles ont fait comme l’ont signalé les clients sur les réseaux sociaux, notamment WeChat. Ils se sont alors précipités dans les agences bancaires locales, pour s’entendre dire qu’ils rentreraient « bredouilles »… En voulant se rendre au siège, les QR-codes des clients lésés ont viré au rouge…

Fin mai, des images émergeaient sur les médias sociaux chinois, on y voit des manifestations devant de nombreuses agences bancaires. Les protestations, rarement mentionnées dans la presse chinoise, sont peu relayées par la presse internationale.

Les clients chinois mécontents ont un QR-code rouge

Dans un article de CNN daté du 15 juin, on apprend que les clients chinois, qui luttent en vain pour récupérer leurs avoirs dans les banques de la région du Hunan, voient bizarrement leur QR code contre le COVID devenir rouge dès lors qu’ils viennent demander des comptes…

Or, en Chine, toute personne ayant un QR-code rouge devient immédiatement persona non grata : bannie de tous les lieux publics et des transports, elle est soumise à une quarantaine plus ou moins longue : en interdisant ainsi les déplacements, l’État chinois limite les manifestations de mécontentement.

L’affaire porte sur des milliards de dollars. Fin mai, des centaines de clients venus de toute la Chine se sont rendus à Zhengzhou, la capitale de la province du Henan, pour manifester devant les bureaux de l’autorité de régulation bancaire du Henan et exiger le remboursement de leur argent, en vain.

Les clients mécontents (c’est peu de le dire) ont accusé les autorités de Zhengzhou d’avoir trafiqué le système pour les empêcher de retourner dans la ville, et ainsi de contrecarrer leurs plans pour faire valoir leurs droits.

Surveillance numérique, dictature et blocage de fonds

« Maintenant (les autorités) peuvent vous empêcher de faire des pétitions en vous mettant directement des chaînes numériques, c’est-à-dire en vous donnant des codes rouges », peut-on lire sur Weibo, la plateforme chinoise de type Twitter.

« Si une localité tente d’empêcher le déplacement de certaines personnes en contrôlant ses codes sanitaires à d’autres fins, il s’agit non seulement d’une violation manifeste des lois et règlements de prévention du Covid, mais cela mettra également en péril la crédibilité des codes sanitaires et le soutien du public à la prévention des épidémies », a déclaré Hu Xijin, l’ancien rédacteur en chef du Global Timesi.

Le réseau de surveillance et de suivi Covid, omniprésent en Chine, semble être utilisé par les autorités pour cibler des personnes et des groupes : faire taire les contestataires pour des raisons politiques ou économiques en un clic. En novembre dernier, Xie Yang, avocat spécialisé dans les droits de l’homme, a déclaré sur Twitter que son code de santé était devenu rouge le matin où il s’apprêtait à prendre un vol pour Shanghai afin de rendre visite à la mère de Zhang Zhan, un journaliste citoyen emprisonné pour avoir fait un reportage sur la première épidémie de coronavirus en Chine à Wuhan.

L’interdiction des cryptomonnaies en Chine

La Chine ne veut rien savoir des cryptomonnaies et dans le même temps instaure un QR-code qui semble s’adapter curieusement non pas au risque de contagion de coronavirus, mais plutôt au risque de contestation sociale… Curieux hasard tout de même. Les autorités chinoises n’hésitent pas non plus à fermer les entreprises cryptos. La Chine se montre en revanche très enthousiaste pour instaurer le Yuan numérique, même si celui-ci se heurte au désaveu des citoyens. La monnaie numérique, autrement appelée CBDC (central bank digital currency), est en effet l’outil de contrôle idéal des citoyens, même l’Europe en rêve en voulant instaurer l’Euro numérique. Soumettre un citoyen « non conforme » ou dissident en un petit clic en le privant de ressources n’est-il pas du pain béni pour tous les États dictatoriaux ou « borderline » ?

Comptes bancaires et cagnottes solidaires bloqués en France

Si vous croyez que les clients français sont exempts du blocage de compte bancaire, vous vous trompez malheureusement. Pour le moment, pas de blocage de compte bancaire à cause d’un QR-code rouge, mais plutôt pour d’obscures raisons. Des cagnottes solidaires sont également bloquées, comme pour la cagnotte leetchi de Christophe Dettinger ou, au Canada, pour la cagnotte du convoi de la liberté, elle aussi bloquée.

En avril de cette année, N26, neobanque allemande, a été assignée en justice par des clients floués qui se sont regroupés sur un groupe facebook. ING n’est pas en reste d’ailleurs et a finalement décidé de quitter la France.

En mars, c’est RT France qui accuse la société générale d’avoir bloqué les compte des employés russes. La société générale, qui bloquerait également des comptes de simples citoyens d’origine russe (pétition des clients lésés), voire même celui d’Anne-Laure Bonnel, journaliste.

On voit désormais des Crowdfunding en bitcoins (BTC) pour contourner les interdictions aléatoires.

La liberté passe par le cash et une monnaie décentralisée comme le bitcoin (BTC)

Comme on l’a vu, bloquer les fonds d’un particulier ou d’une entreprise, c’est une manière de le priver de sa liberté et de faire pression. C’est ainsi que ces dernières années ont vu la disparition programmée du cash : carte bancaire sans contact (avec plafonds de plus en plus élevés). a contrario, plafonds de plus en plus bas pour retirer du cash aux guichets automatiques, volonté des États d’instaurer une monnaie numérique (CBDC) et un contrôle de plus en plus drastique des fonds des citoyens sous couvert de lutte contre la fraude. On ne compte plus les clients qui ne peuvent même pas acheter de bitcoins (BTC) sur une plateforme légale, car leur banque bloque les virements purement et simplement.

Le cash est et restera également une manière de se libérer d’une tutelle bancaire devenue étouffante, voire même infantilisante. Baptiste Coulmont, sociologue et professeur à l’École normale supérieure Paris-Saclay, ou encore l’ethnologue italien Fabio Mugnaini (Messages sur billets de banque : la monnaie comme mode d’échange et de communication) parlent de l’importance des billets de banque pour faire passer des messages dissidents quand les autres moyens de communication ne le permettent plus.

Les dernières années ont vu une volonté étatique de plus en plus forte de contrôle des citoyens, et pas seulement en Chine. Avec la suppression progressive du cash, les citoyens ne se rendent pas toujours compte en quoi leur liberté est peu à peu grignotée. Avec la disparition progressive des guichets automatiques et, cerise sur le gâteau, l’instauration de l’Euro numérique, les citoyens européens risquent fort de se réveiller avec une sacrée migraine. La volonté d’interdire le bitcoin (BTC) et sa diabolisation est loin d’être anecdotique…

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Mary Batshwok

Subprimes, crises financières, inflation galopante, paradis fiscaux... Le bitcoin a été conçu pour plus de transparence et peut-être enfin changer la donne. J'essaie de comprendre ce nouvel environnement et tente de l'expliquer à mon tour. La route est sans doute longue, mais elle en vaut la peine.

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