Attestation blockchain : Signer n’est pas prouver
Une attestation blockchain prouve qui a signé une déclaration, pas que cette déclaration est vraie. Coinbase en a émis 723 690 sur le réseau Base pour certifier des comptes vérifiés. C’est le chiffre relevé le 19 octobre 2026 sur l’explorateur EASSCAN. Le W3C, qui fixe les standards du web, rappelle de son côté que vérifier un justificatif ne revient pas à valider son contenu.

En bref
- 723 690 : c’est le nombre d’attestations « compte vérifié » émises par Coinbase sur Base, selon EASSCAN au 19 octobre 2026.
- 2 smart contracts : l’Ethereum Attestation Service repose sur un registre de formats et sur un contrat qui émet les attestations.
- 0 frais de réseau : une attestation hors chaîne ne demande qu’une signature depuis votre wallet.
- 15 mai 2025 : le W3C a publié ce jour-là la version 2.0 de son modèle de justificatifs vérifiables.
Attestation blockchain : une signature sur une déclaration
Une attestation est la déclaration d’une entité sur une autre entité, comme une adresse, ou sur une donnée. L’identité décentralisée en fait l’une de ses briques. Sur Ethereum et ses réseaux de seconde couche, un protocole dédié s’appelle Ethereum Attestation Service, ou EAS. Ce protocole open source ne possède pas de token, et le protocole ne prélève aucun frais.
Sa documentation en donne une définition simple.
À la base, les attestations sont simplement des signatures numériques sur des informations structurées.
Ethereum Attestation Service, documentation officielle
Une attestation blockchain n’est donc pas un NFT. Selon la documentation d’EAS, les NFT servent mal de justificatifs. Ils se transfèrent d’un wallet à l’autre et manquent d’interopérabilité. Un diplôme revendu n’aurait en effet plus de sens. Notre guide pour débutants sur les NFT détaille ce modèle de jeton échangeable. EAS précise enfin qu’il n’est pas un fournisseur d’identité.
Deux contrats et une fiche pour chaque attestation
L’architecture tient en deux smart contracts. Le premier enregistre les schémas, c’est-à-dire les formats de déclaration. Par exemple, un schéma peut contenir un intitulé de cours et une date de réussite. Le second contrat émet les attestations fondées sur ces schémas.
Chaque attestation comporte ensuite une série de champs, publics lorsqu’elle est inscrite sur la blockchain. On y trouve un identifiant unique, le schéma utilisé, l’adresse de l’émetteur et, le cas échéant, celle du destinataire. S’y ajoutent la date de création et une éventuelle date d’expiration. Si l’émetteur l’a retirée, la date de révocation apparaît aussi. Une attestation ne se modifie pas. Son émetteur peut la révoquer si le schéma le permet, et cette révocation reste visible.
EAS fonctionne sur Ethereum et sur plusieurs réseaux de seconde couche, dont Optimism et Base. Sur ces deux réseaux, le contrat figure d’ailleurs à la même adresse.
Coinbase, un usage à grande échelle sur Base
Coinbase s’appuie sur EAS pour ses « Coinbase Verifications ». Selon sa documentation pour développeurs, l’exchange émet ces attestations sur Base, depuis le nom ENS verifications.coinbase.eth. Une application peut ainsi savoir si un wallet est relié à un compte Coinbase habilité à trader. Le schéma de vérification de compte ne contient qu’un champ : oui ou non.
L’explorateur EASSCAN permet de mesurer cet usage. Au 19 octobre 2026, le schéma « compte vérifié » de Coinbase, créé le 23 octobre 2023, comptait 723 690 attestations. Le schéma « pays vérifié » en comptait 306 815. Ce second schéma inscrit le pays de résidence en clair, lisible par tous. Coinbase présente pourtant ses attestations comme des preuves « sans révéler d’information privée ». Sa documentation précise aussi : « comme l’attestation peut être stockée sur la blockchain, n’importe qui peut collecter les données d’attestation d’EAS ».
Ces deux schémas pèsent lourd sur leur réseau. Le même jour, EASSCAN recensait 3 644 502 attestations sur Base, dont plus d’un million pour ces seuls schémas de Coinbase. Parmi les trois réseaux comparés, Optimism en comptait 1 319 168, et Ethereum seulement 14 957.
Attestation blockchain : publique ou hors chaîne
Toutes les attestations ne finissent pas sur la blockchain. Une attestation hors chaîne se crée par une simple signature depuis votre wallet, sans frais de réseau. Selon la documentation d’EAS, même le serveur de l’explorateur ignore alors son existence. Vous la conservez ensuite sous forme de fichier, de lien ou de QR code.
Cette discrétion a toutefois un prix. Une attestation hors chaîne ne porte pas d’horodatage fourni par le réseau. Pour prouver qu’elle existait à une date donnée, il suffit d’inscrire son identifiant sur la blockchain, pour un coût minime. Pour la rendre publique, on peut aussi la publier sur IPFS, un réseau de stockage décentralisé : elle devient alors visible sur l’explorateur.
Pour une école, le choix compte donc. Une attestation sur chaîne expose par défaut ses données à tous, comme le pays de résidence des clients de Coinbase. Une attestation hors chaîne reste entre l’émetteur et son détenteur, tant que personne ne la publie.
Attestation blockchain : ce que la preuve n’établit pas
Une signature valide prouve qu’une adresse a émis une déclaration, et que celle-ci n’a pas changé. En revanche, elle ne dit rien de la véracité du contenu. La recommandation du W3C le formule clairement : « la vérifiabilité d’un justificatif n’implique pas la vérité des affirmations qu’il contient ». Le vérificateur doit donc contrôler ces affirmations selon ses propres règles.
Une adresse ne prouve pas non plus une identité. Le protocole est ouvert à tous : n’importe qui peut donc créer un schéma « diplôme » et émettre des attestations. Avant de vous fier à une attestation, posez-vous ainsi cinq questions.
- Qui l’a émise ? Reliez l’adresse de l’émetteur à l’organisation annoncée, par un nom ENS ou par son site officiel.
- Que déclare-t-elle ? Lisez les champs du schéma plutôt que son intitulé.
- À qui s’applique-t-elle ? Vérifiez l’adresse du destinataire, quand elle figure.
- Est-elle encore valable ? Contrôlez sa date d’expiration et son éventuelle révocation.
- Pourquoi croire l’émetteur ? Cherchez la méthode qui fonde sa déclaration, comme un examen ou un contrôle d’identité.
Une certification sans blockchain reste possible
Le modèle du W3C repose sur trois acteurs principaux : l’émetteur, le détenteur et le vérificateur. Pour publier les identifiants nécessaires, le texte cite des bases de données de confiance ou des bases d’identité gouvernementales. Les registres distribués, comme une blockchain, n’y figurent que comme un exemple parmi d’autres.
L’attestation blockchain d’EAS constitue ainsi une solution parmi d’autres, propre à l’écosystème Ethereum. Sa propre documentation reconnaît qu’un contrat ne peut pas lire directement un justificatif au format du W3C, sans passerelle. Par ailleurs, aucune attestation ne vaut, à elle seule, un diplôme reconnu par un État.
Le 19 octobre 2026, EASSCAN recensait 3 644 502 attestations sur Base, contre 14 957 sur Ethereum. Chacune repose sur les deux contrats d’EAS, dont notre guide sur le fonctionnement des smart contracts explique la logique.
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Independent author, specialized in decentralized artificial intelligence and crypto ecosystems. I analyze projects by what they actually do, not by the noise around them. Openly a supporter of the Qubic project: my articles about Qubic and its direct competitors carry a disclosure.
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